Description
Titre : PROTEINES VEGETALES TEXTUREES AYANT UNE FERMETE AMELIOREE
ETAT DE L’ART ANTERIEUR
[0001] La présente invention est relative à une composition spécifique comprenant des protéines végétales texturées, notamment des protéines d’avoine texturées, des protéines de riz texturées, ou des protéines de légumineuses texturées, en particulier choisies entre les protéines de pois et de féverole, encore plus préférentiellement de protéines de pois, ainsi qu'à leur procédé de fabrication et leur utilisation dans des compositions alimentaires, particulièrement des analogues de viandes.
[0002] La technique de texturation des protéines, notamment par cuisson-extrusion, dans le but de préparer des produits à structure fibreuse destinés à la réalisation d’analogues de viande et de poisson, a été appliquée à de nombreuses sources végétales.
[0003] On peut séparer en deux grandes familles les procédés de cuisson-extrusion des protéines de par la quantité d’eau mise en oeuvre lors du procédé. Lorsque cette quantité est supérieure à 30% en poids, on parlera de cuisson-extrusion dite « humide » et les produits obtenus seront plutôt destinés à la production de produits finis à consommation immédiate, simulant la viande animale par exemple des steaks de bœuf ou bien des nuggets de poulet. On connaît par exemple la demande de brevet WO2014081285 qui dévoile un procédé d’extrusion d’un mélange de protéine et de fibres avec utilisation d’une filière de refroidissement (« cooling die » en anglais) typique de l’extrusion humide.
[0004] Lorsque cette quantité d’eau est inférieure à 30% en poids, on parle alors de cuisson-extrusion « sèche » : les produits obtenus sont plutôt destinés à être utilisés
par les industriels de l’agroalimentaire, afin de formuler des succédanés de viandes, en les mélangeant avec d’autres ingrédients. Le domaine de la présente invention est bien celui de la cuisson-extrusion « sèche ».
[0005] Historiquement, les premières protéines utilisées comme analogues de viande ont été extraites du soja et du blé. Le soja est ensuite rapidement devenu la source principale pour ce domaine d’applications.
[0006]0n connaît par exemple la demande de brevet W02009018548 qui nous enseigne que des mélanges variés contenant des protéines peuvent être extrudés afin de générer une protéine extrudée avec des fibres alignées permettant d’envisager de simuler des fibres de viandes.
[0007] Si la plupart des études qui ont suivi ont naturellement porté sur les protéines de soja, d’autres sources de protéines, tant animales que végétales, ont été texturées : protéines d’arachide, de sésame, de graines de coton, de tournesol, de maïs, de blé, protéines issues de microorganismes, de sous-produits d’abattoirs ou de l’industrie du poisson.
[0008] Les protéines de légumineuses telles que celles issues du pois et de la féverole ont fait aussi l’objet de travaux, tant dans le domaine de leur isolement que dans celui de leur cuisson-extrusion « sèche ».
[0009] De nombreuses études ont été entreprises sur les protéines de pois, étant donné leurs propriétés fonctionnelles et nutritives particulières, mais aussi pour leur caractère non génétiquement modifié.
[0010] Malgré les efforts de recherche importants et une croissance importante au cours de ces dernières années, la pénétration de ces produits à base de protéines de pois texturées sur le marché alimentaire est encore sujette à optimisation. Une des raisons en particulier tient dans la texture jugée moins ferme en comparaison avec les protéines texturées de soja. Ce constat est partagé par exemple dans l’article « Soy and Pea Protein and what in the world is TVP? » publié le 26 Décembre 2018 par Eben Van Tonder et disponible en suivant le lien Internet suivant : https://earthwormexpress.com/2018/12/26/soy-and-pea-protein-and-what-
in-the-world-is-tvp/. On peut ainsi voir dans le dernier tableau de celui-ci, juste avant la partie conclusive, une comparaison des différentes protéines texturées selon leur origine botanique. On constate bien que les protéines texturées obtenues avec des isolats de pois ou de féverole (« field bean ») sont jugées comme inférieures d’un point de vue texture par rapport aux protéines de soja texturées.
[0011] En dépit de la recherche importante sur ces protéines texturées de pois, les protéines de pois texturées développées et disponibles à ce jour sont toujours évaluées comme étant moins fermes que les protéines de soja.
[0012] Il est du mérite de la demanderesse d’avoir résolu les problèmes ci-dessus et d’avoir développé une nouvelle composition spécifique comprenant des protéines d’avoine, de riz, de pois et/ou de féverole, notamment de pois, obtenue par cuisson- extrusion par voie sèche dont la fermeté est augmentée par rapport aux protéines de pois texturées actuellement sur le marché.
[0013]Cette invention sera mieux comprise dans le chapitre suivant visant à exposer une description générale celle-ci.
DESCRIPTION GENERALE DE LA PRESENTE INVENTION
[0014] La présente invention est relative à un procédé de production d’une composition de protéines végétales texturées par voie sèche, notamment des protéines d’avoine texturées par voie sèche, des protéines de riz texturées par voie sèche, ou des protéines de légumineuses texturées par voie sèche, en particulier choisies entre les protéines de pois et de féverole, encore plus préférentiellement les protéines de pois, caractérisé en ce que le procédé comprend les étapes suivantes :
1 ) Fourniture d’un mélange comprenant une première matière riche en protéines végétales, notamment des protéines d’avoine, de riz ou de légumineuses en particulier choisies entre pois ou féverole, dont la solubilité dans l’eau à pH 7 et 20°C est supérieure ou égale à 30% et une seconde matière riche en protéines végétales, notamment des protéines d’avoine, de riz ou de légumineuses, ces dernières étant en particulier choisies entre pois ou féverole, dont la solubilité
dans l’eau à pH 7 et 20°C est inférieure à 30%, présentant un ratio en poids sec respectif de la première matière riche en protéines végétales / seconde matière riche en protéines végétales compris entre 60/40 et 90/10, préférentiellement compris entre 70/30 et 80/20 ; 2) Cuisson-extrusion dudit mélange avec de l’eau, le ratio massique eau/mélange avant cuisson étant compris entre 5% et 25%, préférentiellement entre 5% et 20%, préférentiellement entre 5% et 15%, préférentiellement entre 10% et 15%, encore plus préférentiellement 10%.
3) Optionnellement coupe de la composition extrudée à l’aide d’un couteau en sortie d’extrudeuse constituée d’une filière en sortie avec orifices,
4) Séchage de la composition ainsi obtenue.
[0015] Selon un mode de réalisation particulier, la présente invention concerne un procédé de production d’une composition de protéines de légumineuses texturées par voie sèche, préférentiellement choisies entre les protéines de pois et de féverole, caractérisé en ce que le procédé comprend les étapes suivantes :
1) Fourniture d’un mélange comprenant une première matière riche en protéines , préférentiellement de pois ou de féverole, dont la solubilité dans l’eau à pH 7 et 20°C est supérieure ou égale à 30% et d’une seconde matière riche en protéine, préférentiellement de pois ou de féverole, dont la solubilité dans l’eau à pH 7 et 20°C est inférieure à 30% présentant un ratio en poids sec respectif de la première matière riche en protéine / seconde matière riche en protéine compris entre 60/40 et 90/10, préférentiellement compris entre 70/30 et 80/20,
2) Cuisson-extrusion dudit mélange avec de l’eau, le ratio massique eau/mélange avant cuisson étant compris entre 5% et 20%, préférentiellement entre 10% et 15%, encore plus préférentiellement 10%,
3) Optionnellement coupe de la composition extrudée en sortie d’extrudeuse constituée d’une filière en sortie avec orifices à l’aide d’un couteau,
4) Séchage de la composition ainsi obtenue.
[0016] De manière préférée, la protéine de légumineuse n’est pas une protéine de soja.
[0017]De manière préférée, le mélange de l’étape 1) comprend également des fibres végétales, notamment de légumineuses, avec un ratio en poids sec de matière riche en protéines végétales / fibres végétales, compris entre 70/30 et 90/10, préférentiellement compris entre 75/25 et 85/15.
[0018] Le mélange comprenant des matières riches en protéines végétales et optionnellement des fibres végétales, notamment de légumineuses mis en oeuvre à l’étape 1 peut être préparé par mélange desdites matières riches en protéines végétales et fibres. Le mélange peut être constituée essentiellement de matières riches en protéines végétales et de fibres de légumineuse. Le terme « constitué essentiellement » signifie que la poudre peut comprendre des impuretés liées au procédé de fabrication des matières riches en protéines et des fibres, telles que par exemple des traces d’amidon. De manière préférée, les légumineuses dont proviennent la matière riche en protéine et la fibre sont choisies dans la liste composée de la féverole et du pois. Le pois est particulièrement préféré.
[0019] La présente invention est également relative à une composition comprenant des matières riches en protéines végétales, préférentiellement choisies entre les protéines d’avoine, de riz, de pois et de féverole, encore plus préférentiellement de pois et de féverole, texturées par extrusion en voie sèche sous forme de particules, susceptible d’être obtenue par le procédé selon l’invention
[0020] Celle-ci est caractérisée en ce que sa fermeté mesurée avec un test A est augmentée d’au moins 20%, préférentiellement d’au moins 25%, encore plus préférentiellement d’au moins 30% par rapport à la fermeté des compositions comprenant des matières riches en protéines, préférentiellement choisies entre les matières riches en protéines d’avoine, de riz, de pois et de féverole, encore plus préférentiellement de pois et de féverole, texturées par extrusion en voie sèche disponibles sur le marché.
[0021] Un mode de réalisation particulier de l’invention consiste en une composition comprenant uniquement des matières riches en protéines issues du pois, texturées par extrusion en voie sèche sous forme de particules dont la fermeté selon un test A est supérieure à 12kg, préférentiellement supérieure à respectivement 14kg, 16kg, 18kg, 20kg, 22kg, 24kg, 26kg, 28kg, 30kg.
[0022] Un autre mode de réalisation particulier consiste en une composition comprenant uniquement des matières riches en protéines issues du pois, texturées par extrusion en voie sèche sous forme de particules dont la fermeté selon un test A est supérieure à 12kg, préférentiellement supérieure à respectivement 14kg, et dont la densité selon un test D est comprise entre 70 et 130 g/L, préférentiellement 80 et 120 g/l, préférentiellement entre 90 g/L et 110 g/L
[0023] Un autre mode de réalisation particulier consiste en une composition comprenant uniquement des matières riches en protéines issues du pois, texturées par extrusion en voie sèche sous forme de particules dont la fermeté selon un test A est supérieure à 25kg, préférentiellement supérieure à respectivement 28kg, et dont la densité selon un test D est comprise entre 280 et 320 g/l, préférentiellement entre 290 g/L et 310 g/L
[0024] La teneur en protéines au sein de la composition selon l’invention est comprise entre 60% et 80%, préférentiellement entre 70% et 80% en poids sec par rapport au poids total de matière sèche de la composition.
[0025] Enfin, la matière sèche de la composition selon l’invention, est supérieure à 80% en poids, préférentiellement supérieure à 90% en poids par rapport au poids de ladite composition.
[0026] La teneur en ions calcium de la composition selon l’invention est préférentiellement inférieure à 0,5% en poids sec sur poids sec, préférentiellement inférieure à 0,45%, préférentiellement comprise entre 0,3% et 0,45%. La présente invention est enfin relative à l’utilisation de la composition de protéines selon l’invention texturées par extrusion en voie sèche telle que décrite ci-dessus dans
des applications industrielles telles que par exemple l’industrie alimentaire humaine et animale, la pharmacie industrielle ou la cosmétique.
[0027] La présente invention se comprendra mieux à la lecture de la description détaillée ci-dessous. DESCRIPTION DETAILLEE DE LA PRESENTE INVENTION
[0028] La présente invention est relative à un procédé de production d’une composition de protéines végétales texturées par voie sèche, notamment des protéines d’avoine par voie sèche, des protéines de riz texturées par voie sèche, ou des protéines de légumineuses texturées par voie sèche, en particulier choisies entre les protéines de pois et de féverole, encore plus préférentiellement de protéines de pois, caractérisé en ce que le procédé comprend les étapes suivantes :
1) Fourniture d’un mélange comprenant une première matière riche en protéines végétales, notamment des protéines d’avoine, de riz ou de légumineuses, en particulier choisies entre pois ou féverole, dont la solubilité dans l’eau à pH 7 et 20°C est supérieure ou égale à 30% et une seconde matière riche en protéines végétales, notamment des protéines d’avoine, de riz ou de légumineuses, en particulier choisies entre pois ou féverole, dont la solubilité dans l’eau à pH 7 et 20°C est inférieure à 30%, présentant un ratio en poids sec respectif de la première matière riche en protéines végétales / seconde matière riche en protéines végétales compris entre 60/40 et 90/10, préférentiellement compris entre 70/30 et 80/20;
2) Cuisson-extrusion dudit mélange avec de l’eau, le ratio massique eau/mélange avant cuisson étant compris entre 5% et 25%, préférentiellement entre 5% et 20%, préférentiellement entre 5% et 15%, préférentiellement entre 10% et 15%, encore plus préférentiellement 10%,
3) Optionnellement coupe de la composition extrudée à l’aide d’un couteau
4) Séchage de la composition ainsi obtenue.
[0029] Par « matière riche en protéine végétales» on entend une matière comprenant au moins 25% de protéines, en particulier toutes poudres, solutions, floc contenant au moins 25% de protéines. On peut citer de manière non limitative les farines, les concentrais, les isolats, les graines. Par « composition de protéines », on entend au sens de la présente invention une composition comprenant des matières riches en protéines.
[0030] De manière préférée, les protéines utilisées pour l’étape 1 sont choisies dans la liste constituée de la protéine d’avoine, de riz, de féverole et de pois, de préférence choisies dans la liste constituée de la protéine de féverole et de pois. L’utilisation de protéine de pois seule est particulièrement préférée. L’utilisation de protéine de féverole seule ou d’un mélange féverole/pois est cependant possible. L’utilisation de protéine d’avoine seule ou d’un mélange avoine/pois est cependant possible. L’utilisation de protéine de riz seule ou d’un mélange riz/pois est cependant possible
[0031] De manière encore plus préférée, les matières riches en protéines végétales utilisées pour l’étape 1 sont caractérisées comme des isolats, c’est-à-dire que leur richesse en protéine est supérieure à 80% (l’analyse décrite au paragraphe 37 étant utilisable pour ce faire). L’utilisation de concentrais (richesse protéique comprise entre 50% et 80%) voire de farine (richesse protéique inférieure à 50%) est possible mais pas préférée.
[0032] Dans un mode de réalisation particulier, les protéines végétales mis en œuvre dans le cadre de l’invention n’incluent pas les protéines de soja. Dans ce mode de réalisation, les matières riches en protéines issues du soja sont donc exclues de l’invention. Ceci est notamment du fait de leur position référentielle d’un point de vue fermeté. Ainsi, dans ce mode de réalisation, lorsque la composition de protéines végétales est une composition de légumineuses, celle-ci- n’est pas une composition de protéines de soja.
[0033] Les solubilités des matières riches en protéines sont mesurées à l’aide du Test B suivant :
[0034]Dans un bêcher de 400 ml_, on introduit 150 g d’eau distillée à une température de 20°C +/- 2°C sous agitation avec un barreau magnétique et on ajoute précisément 5 g d’échantillon de protéine de légumineuse à tester. Si besoin, on ajuste le pH à la valeur souhaitée, c’est-à-dire 7, avec NaOH 0,1 N. On complète le contenu en eau pour atteindre 200 g d’eau. On mélange pendant 30 minutes à 1000 rpm et on centrifuge pendant 15 minutes à 3000 g. On collecte 25 g du surnageant que l’on introduit dans un cristallisoir préalablement séché et taré. On place le cristallisoir dans une étuve à 103°C +/- 2°C pendant 1 heure. On le place ensuite dans un dessiccateur (avec agent déshydratant) pour refroidir à température ambiante et on le pèse.
[0035] La solubilité correspond au contenu en matières sèches solubles, exprimé en % en poids par rapport au poids de l’échantillon. La solubilité est calculée avec la formule suivante :
[0036] [Math. 1]
(ml — m2) x (200 + P)
% solubilité = x 100 PI x P ou :
P = poids, en g, de l’échantillon = 5 g m1 = poids, en g, du cristallisoir après séchage m2 = poids, en g, du cristallisoir vide P1 = poids, en g, de l’échantillon collecté = 25 g
[0037] L’obtention de matières riches en protéine de pois ou de féverole ayant une solubilité dans l’eau à pH 7 supérieure ou égale à 30% est aisée avec les procédés classiques de l’art bien connus de l’homme du métier. On citera par exemple les procédés décrits dans les demandes de brevet EP1909593 ou FR2018052261 de la demanderesse. Il est en effet classique d’obtenir une matière riche en protéine de pois ou de féverole avec une solubilité dans l’eau à pH 7 supérieure ou égale à 30%. Le principe de base de ces procédés (mise en suspension de farine de pois dans de l’eau par broyage humide ou sec, élimination des parties insolubles telles
qu’amidon et fibres internes par centrifugation, précipitation isoélectrique de la protéine d’intérêt) est classique désormais et propose très aisément une protéine adaptée.
[0038] L’obtention de matières riches en protéine d’avoine ayant une solubilité dans l’eau à pH 7 supérieure ou égale à 30% est aisée avec les procédés classiques de l’art bien connus de l’homme du métier. On citera par exemple le procédé décrit dans la demande de brevet W02020/193641 de la demanderesse.
[0039] L’obtention d’une matière riche en protéine de pois ou de féverole ayant une solubilité dans l’eau à pH 7 inférieure à 30% est moins aisée, bien que tout procédé aboutissant à une telle protéine soit acceptable. On peut citer pour la protéine de pois le brevet EP2911524 ou bien pour la protéine de féverole la demande de brevet W02020/193668. Une dénaturation chimique et/ou thermique d’une protéine peut également être envisagée.
[0040] L’obtention de matières riches en protéine d’avoine ayant une solubilité dans l’eau à pH 7 inférieure à 30% reste aisée avec les procédés classiques de l’art bien connus de l’homme du métier. On citera par exemple le procédé décrit dans la demande de brevet W02021/001478 de la demanderesse.
[0041] Il est assez inhabituel pour un homme du métier de l’extrusion d’avoir pensé à utiliser une matière riche en protéine végétale à l’exclusion du soja, préférentiellement choisie entre avoine, riz, pois ou féverole, aussi peu soluble pour l’extrusion. On notera que dans la demande de brevet WO2017129921 l’utilisation de NUTRALYS® BF (dont la solubilité à pH 7 et 20°C est inférieure à 30%) est décrite comme à éviter dans l’extrusion. De même dans la demande W020201 23585, l’utilisation d’un NUTRALYS® BF en extrusion pour produire des texturés secs pour réaliser des analogues de viandes n’aboutit pas à une bonne fibration.
[0042]Ceci s’explique sans doute par le fait qu’une faible solubilité engendre également de faibles pouvoirs fonctionnels dont particulièrement un faible pouvoir
gélifiant. Une telle protéine afonctionnelle sera donc difficilement modifiable par l’extrusion afin de former un réseau fibreux.
[0043] De manière préférée, la matière riche en protéine, de préférence en protéine d’avoine, de riz, de pois ou de féverole, ayant une solubilité dans l’eau à pH 7 et 20°C inférieure à 30% est caractérisée en ce que sa capacité de rétention en eau est inférieure à 4 grammes par grammes de matière riche en protéines.
[0044] La capacité de rétention en eau est déterminée très simplement par double pesée. On prend 10 grammes en poids sec de composition protéique sous forme de poudre, qu'on place dans de l'eau en excès et ce, pendant 30 minutes. On sèche le tout de manière à évaporer l'eau complètement (jusqu'à ne plus noter d'évolution notable de la masse du produit). On pèse alors la masse de produit restante. La capacité d'adsorption d'eau s'exprime en g d'eau adsorbée par gramme de produit sec initial.
[0045] De manière préférée, les matières riches en protéines végétales préférentiellement d’avoine, de riz ou de légumineuses choisies entre les protéines de pois et de féverole sont caractérisées par une teneur en protéines avantageusement comprise entre 60% et 90%, préférentiellement entre 70% et 85%, encore plus préférentiellement entre 75% et 85% en poids sur la matière sèche totale. Pour analyser cette teneur en protéines, n’importe quelle méthode bien connue par l’homme du métier est utilisable. De préférence, on dosera la quantité d’azote total à l’aide des méthodes de Kjeldhal ou de Dumas bien connues et l’on multipliera cette teneur par le coefficient 6,25. Cette méthode est particulièrement connue et utilisée pour les protéines végétales. De manière préférée, la matière sèche de la matière riche en protéine de légumineuse est supérieure à 80% en poids, préférentiellement supérieure à 90% en poids.
[0046] De manière encore plus préférée, les matières riches en protéines végétales sont caractérisées par une granulométrie caractérisée par un Dmode compris entre 150 microns et 400 microns, préférentiellement entre 150 microns et 200 microns ou entre 350 microns et 450 microns. La mesure de cette granulométrie est réalisée à l’aide d’un granulomètre laser MALVERN 3000 en phase sèche (équipé d’un
module poudre). La poudre est placée dans l’alimentation du module avec une ouverture comprise entre 1 et 4 mm et une fréquence de vibration de 50% ou 75%. L’appareil enregistre automatiquement les différentes tailles et restitue la Distribution de Taille des Particules (ou PSD en anglais) ainsi que le Dmode, le D10, le D50 et le D90. Le Dmode est bien connu de l’Homme du Métier et consiste en taille moyenne de la population de particules la plus importante en nombre ».
[0047] La granulométrie de la poudre est avantageuse pour la stabilité et la productivité du procédé. Une granulométrie trop fine est irrémédiablement suivie de problèmes parfois lourds à gérer lors du procédé d’extrusion.
[0048] Il est possible de complémenter les protéines d’avoine, de riz, de pois ou de féverole avec des acides aminés, d’autres protéines telles que les protéines issues de céréales ou bien les albumines de pois et de féverole, afin de compléter le profil en acides aminés et obtenir des protéines dont le PDCAAS (pour « Protein Digestibility Corrected Amino Acid Score », en français SCCD : Score Chimique Corrigé de la Digestibilité) et le DIAAS (pour « Digestible Indispensable Amino Acid Score », en français Score de digestibilité des acides aminés essentiels) sont augmentés, voire le PDCAAS égal à 1 . Un tel ajout devra être minoritaire et ne pas altérer la solubilité initiale des protéines.
[0049]De manière préférée, le mélange de l’étape 1 ) comprend également des fibres végétales, notamment de légumineuses ou de pomme de terre, en particulier de légumineuses avec un ratio en poids sec de protéines végétales / fibres végétales compris entre 70/30 et 90/10, préférentiellement compris entre 75/25 et 85/15.
[0050] Par « fibres végétales » ou « fibres de légumineuses », on entend toutes compositions comportant des polysaccharides peu ou non digestibles par le système digestif humain, extraites de végétaux et/ou légumineuses. De telles fibres sont extraites partout procédé bien connu de l’homme du métier. Le pois, la féverole ou la pomme de terre sont particulièrement préférées comme sources de fibres végétales.
[0051] Le mélange comprenant des protéines végétales, avec ou sans fibres, notamment de légumineuses, mis en œuvre à l’étape 1 peut être préparé par mélange desdites matières riches en protéines et fibres selon le mélange préparé. La poudre peut être constituée essentiellement de matières riches en protéines, notamment de légumineuses et de fibres, notamment de légumineuses. Le terme « constitué essentiellement » signifie que la poudre peut comprendre des impuretés liées au procédé de fabrication des matières riches en protéines et des fibres, telles que par exemple des traces d’amidon. Le mélange consiste à obtenir un mélange sec des différents constituants nécessaires à synthétiser la fibre végétale lors de l’étape 2.
[0052] De manière préférée, la fibre de légumineuse est issue du pois à l’aide d’un procédé d’extraction par voie humide. Le pois dépelliculé est réduit en farine qui est ensuite mis en suspension dans de l’eau. La suspension ainsi obtenue est envoyée sur des hydrocyclones afin d’extraire l’amidon. Le surnageant est envoyé dans des décanteurs horizontaux afin d’obtenir une fraction fibre de légumineuse. Un tel procédé est décrit dans la demande de brevet EP2950662. Une fibre de légumineuse ainsi préparée contient entre 40% et 60% de polymères composés de cellulose, d’hémicellulose et de pectine, préférentiellement entre 45% et 55%, ainsi qu’entre 25% et 45% d’amidon de pois, préférentiellement entre 30% et 40%. Un exemple commercial d’une telle fibre est par exemple la fibre Pea Fiber I50 de la société Roquette.
[0053] Le mélange peut être réalisé en amont à l’aide d’un mélangeur à sec ou bien directement en alimentation de l’étape 2. Lors de ce mélange, on peut ajouter des additifs bien connus de l’homme du métier tels que des arômes ou bien des colorants.
[0054] Dans un mode alternatif, le mélange fibre/protéines est naturellement obtenu par turboséparation d’une farine de légumineuses. Les graines de légumineuses sont nettoyées, débarrassées de leurs fibres externes et broyées en farine. La farine est ensuite turboséparée, ce qui consiste en l’application d’un courant d’air ascendant permettant une séparation des différentes particules selon leur densité.
On arrive ainsi à concentrer la teneur en protéines dans les farines d’environ 20% à plus de 60%. De telles farines sont appelées « concentrais ». Ces concentrais contiennent également entre 10% et 20% de fibres de légumineuses.
[0055] Le ratio massique sec entre matière riche en protéines végétales et fibres est avantageusement compris entre 70/30 et 90/10, préférentiellement compris entre 75/25 et 85/15.
[0056] Lors de l’étape 2, ce mélange va ensuite être texturé ce qui revient à dire que les matières riches en protéines et les fibres vont subir une déstructuration thermique et une réorganisation afin de former des fibres, un allongement continu en lignes droites parallèles, simulant les fibres présentes dans les viandes. Tout procédé bien connu de l’homme du métier conviendra, en particulier par extrusion.
[0057] L'extrusion consiste à forcer un produit à s'écouler à travers un orifice de petite dimension, la filière, sous l'action de pressions et de forces de cisaillements élevées, grâce à la rotation d’une ou deux vis d’Archimède. L'échauffement qui en résulte provoque une cuisson et/ou dénaturation du produit d'où le terme parfois utilisé de "cuisson-extrusion", puis une expansion par évaporation de l’eau en sortie de filière. Cette technique permet d'élaborer des produits extrêmement divers dans leur composition, leur structure (forme expansée et alvéolée du produit) et leurs propriétés fonctionnelles et nutritionnelles (dénaturation des facteurs antinutritionnels ou toxiques, stérilisation des aliments par exemple). Le traitement de protéines conduit souvent à des modifications structurelles qui se traduisent par l'obtention de produits à l’aspect fibreux, simulant les fibres de viandes animales.
[0058] L’étape 2 doit être réalisée avec un ratio massique eau/mélange avant cuisson compris entre 5% et 25%, préférentiellement entre 5% et 20%, préférentiellement entre 5% et 15%, préférentiellement entre 10% et 15%, encore plus préférentiellement 10%. Ce ratio est obtenu en divisant la quantité d’eau par la quantité de mélange, et en multipliant par 100. De manière préférée, l’eau est injectée au niveau de la zone de convoyage, à la suite de la zone d’introduction du mélange et avant la zone de pétrissage. Toute eau dite potable convient pour ce faire. Par « eau potable » on entend une eau que l’on peut boire ou utiliser à des
fins domestiques et industrielles sans risque pour la santé. De manière préférentielle, sa conductivité est choisie entre 400 et 1100, préférentiellement entre 400 et 600 pS/cm. De manière plus préférentielle dans la présente invention, on entendra que cette eau potable possède une teneur en sulfate inférieure à 250 mg/l, une teneur en chlorures inférieure à 200 mg/l, une teneur en potassium inférieure à 12 mg/l, un pH compris entre 6,5 et 9 et un TH (Titre Hydrométrique, soit la dureté de l’eau, qui correspond à la mesure de la teneur d’une eau en ions calcium et magnésium) supérieur à 15 degrés français. Autrement dit, une eau potable ne doit pas posséder moins de 60 mg/l de calcium ou 36 mg/l de magnésium. Cette définition inclus l’eau du réseau potable, l’eau décarbonatée, l’eau déminéralisée.
[0059]Sans être lié par une quelconque théorie, il est bien connu de l’homme du métier de la cuisson extrusion que c’est ce ratio massique eau/mélange qui permettra d’obtenir la densité requise. Les valeurs de ce ratio seront donc potentiellement 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11 , 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19,20, 21 , 22, 23, 24 ou 25%.
[0060] De manière préférée, l’étape 2 est réalisée par cuisson-extrusion dans un extrudeur bi-vis caractérisé par un ratio longueur/diamètre compris entre 20 et 65, préférentiellement entre 20 et 45, préférentiellement entre 35 et 45, préférentiellement 40, et équipé d’une succession de 85-95% d’éléments de convoyage, 2,5-10% d’éléments de pétrissage, et 2,5-10% d’éléments de pas inversé.
[0061] Le ratio longueur/diamètre est un paramètre classique dans la cuisson- extrusion. Ce ratio pourra donc être de 20, 21 , 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31 , 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41 , 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51 , 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61 , 62, 63, 64 ou 65.
[0062] Les différents éléments sont les éléments de convoyage visant à convoyer le produit dans la filière sans modifier le produit, les éléments de pétrissage visant à mélanger le produit et les éléments de pas inversé visant à appliquer une force au produit pour le faire progresser à contre-sens et ainsi provoquer mélange et cisaillement.
[0063] De manière préférée, les éléments de convoyage seront placés en tout début de vis avec une température réglée entre 20°C et 70°C, puis les éléments de pétrissage et les éléments de pas inversés avec des températures comprises entre 90°C et 150°C.
[0064]De manière préférée, cette vis est mise en rotation entre 800 et 1150 tours/min, préférentiellement entre 850 et 900 tours/min.
[0065] De manière encore plus préférée, on applique au mélange de poudre une énergie spécifique comprise entre 15 et 30 Wh/kg, préférentiellement entre 10 et 25 Wh/kg, en régulant la pression en sortie dans une gamme comprise entre 60 et 100 bars, préférentiellement entre 70 et 90 bars.
[0066] L’étape 3 consiste ensuite en une coupe optionnelle de la composition extrudée à l’aide d’un couteau. En sortie d’extrudeuse (constituée d’une filière en sortie avec orifices, préférentiellement d’un diamètre de 3mm), on peut donc préférentiellement couper la composition extrudée à l’aide un couteau dont la vitesse de rotation est préférentiellement comprise entre 1000 et 1500 tours par minutes. En cas de non-utilisation d’un couteau, la composition extrudée sera naturellement coupée de par le procédé d’extrusion mis en œuvre, lors de l’éjection de la protéine extrudée en sortie d’extrudeuse.
[0067] Le couteau est placé à fleur de la sortie de l’extrudeuse, préférentiellement à une distance comprise entre 0 et 5mm. Par « à fleur » on entend à une distance extrêmement proche de la filière située à la sortie de l’extrudeuse, à la limite de toucher la filière mais sans toucher celle-ci. De manière classique, l’homme du métier réglera cette distance en faisant se toucher le couteau et la filière, puis en décalant très légèrement celle-ci.
[0068] La dernière étape 4 consiste au séchage de la composition ainsi obtenue.
[0069] L’homme du métier saura utiliser la technologie adéquate afin de sécher la composition selon l’invention dans le vaste choix qui lui est actuellement offert. On peut citer sans limitation et à seule fin d’exemplification les séchoirs à flux d’air, les séchoirs à micro-ondes, les séchoirs à lit fluidisés ou les séchoirs sous vide. Il
sélectionnera les bons paramètres, principalement temps et température, afin d’atteindre la matière sèche finale désirée.
[0070] La présente invention est également relative à une composition comprenant des matières riches en protéines végétales, préférentiellement choisies entre les protéines d’avoine, de riz, de pois et de féverole, en particulier les protéines de pois et de féverole texturées par extrusion en voie sèche sous forme de particules, susceptible d’être obtenue par le procédé selon l’invention.
[0071] Les matières riches en protéines végétales sont notamment choisies dans la liste constituée de l’avoine, du riz, de la protéine de féverole et de la protéine de pois. L’utilisation de protéine de pois seule est particulièrement préférée. Un mélange pois et féverole, pois et avoine, pois et riz, féverole et avoine, ou entièrement à base de féverole ou d’avoine est également envisageable.
[0072]Le terme « légumineuses » est considéré ici comme la famille de plantes dicotylédones de l'ordre des Fabales. C'est l'une des plus importantes familles de plantes à fleurs, la troisième après les Orchidaceae et les Asteraceae par le nombre d'espèces. Elle compte environ 765 genres regroupant plus de 19 500 espèces. Plusieurs légumineuses sont d'importantes plantes cultivées parmi lesquelles le soja, les haricots, les pois, la féverole, le pois chiche, l'arachide, la lentille cultivée, la luzerne cultivée, différents trèfles, les fèves, le caroubier, la réglisse.
[0073] Dans le cadre de la présente invention, le soja est en particulier exclu de la liste des légumineuses d’intérêt pour réaliser l’invention.
[0074] Le terme « pois » étant ici considéré dans son acception la plus large et incluant en particulier toutes les variétés de « pois lisse » (« smooth pea ») et « de pois ridés » (« wrinkled pea »), et toutes les variétés mutantes de « pois lisse » et de « pois ridé » et ce, quelles que soient les utilisations auxquelles on destine généralement lesdites variétés (alimentation humaine, nutrition animale et/ou autres utilisations).
[0075] Le terme « pois » dans la présente demande inclut les variétés de pois appartenant au genre Pisum et plus particulièrement aux espèces sativum et
aestivum. Lesdites variétés mutantes sont notamment celles dénommées « mutants r », « mutants rb », « mutants rug 3 », « mutants rug 4 », « mutants rug 5 » et « mutants lam » tels que décrits dans l’article de C-L HEYDLEY et al. Intitulé « Developing novel pea starches » Proceedings of the Symposium of the Industrial Biochemistry and Biotechnology Group of the Biochemical Society, 1996, pp. 77-87.
[0076] Par « féverole », on entend le groupe des plantes annuelles de l'espèce Vicia faba, appartenant au groupe des légumineuses de la famille des Fabaceae, sous- famille des Faboideae, tribu des Fabeae. On distingue les variétés Minor et Major. Dans la présente invention, les variétés sauvages et celles obtenues par génie génétique ou sélection variétales sont toutes d’excellentes sources.
[0077] Par « avoine » on entend, au sens de la présente demande une plante céréalière appartenant au genre botanique Avena. Ce genre peut être divisé en espèces sauvages et cultivées qui sont cultivées depuis des milliers d’années comme source de nourriture pour les humains et le bétail. Les espèces cultivées contiennent :
- Avena sativa - l’espèce la plus cultivée, communément appelée « avoine ».
- Avena abyssinica - l’avoine éthiopienne, originaire d’Éthiopie, d’Érythrée et de Djibouti; naturalisée au Yémen et en Arabie Saoudite
- Avena byzantina, une culture mineure en Grèce et au Moyen-Orient; introduite en Espagne, en Algérie, en Inde, en Nouvelle-Zélande, en Amérique du Sud, etc.
- Avena nuda - l’avoine nue ou l’avoine sans coque, qui joue à peu près le même rôle en Europe que A. abyssinica en Éthiopie. Il est parfois inclus dans A. sativa et a été largement cultivé en Europe avant que ce dernier ne le remplace. Comme sa teneur en éléments nutritifs est un peu meilleure que celle de l’avoine commune, A. nuda a pris de l’importance au cours des dernières années, surtout en agriculture biologique.
- Avena strigosa - l’avoine asymétrique, l’avoine à poils ou l’avoine noire, cultivée à des fins fourragères dans certaines parties de l’Europe de l’Ouest et du Brésil.
[0078] Si les matières riches en protéines de légumineuses végétales, en particulier issues d’avoine, de riz, de féverole et de pois, plus en particulier issues de féverole et de pois, sont particulièrement adaptées à la conception de l’invention, il est néanmoins possible de parvenir à celle-ci avec d’autres sources de matières riches en protéines végétales telles que les protéines d’haricot mungo, de pomme de terre, de maïs ou encore de pois chiche. L’homme du métier saura faire les adaptations éventuellement nécessaires.
[0079] Par « extrusion », « texturée » ou « texturation », on entend dans la présente demande tout procédé physique et/ou chimique visant à modifier une composition comportant des protéines afin de lui conférer une structure ordonnée spécifique. Dans le cadre de l’invention, la texturation des protéines vise à donner l’aspect d’une fibre, telles que présentes dans les viandes animales. Comme il est décrit dans cette description, un procédé particulièrement préféré pour texturer les protéines est la cuisson extrusion, particulièrement à l’aide d’un extrudeur bi-vis.
[0080] La composition de matières riches en protéines, susceptible d’être obtenue par le procédé selon l’invention est caractérisée en ce que sa fermeté mesurée avec un test A est augmentée d’au moins 20%, préférentiellement d’au moins 25%, encore plus préférentiellement d’au moins 30% par rapport à la fermeté des compositions comprenant des protéines, préférentiellement choisies entre les protéines de pois et de féverole, texturées par extrusion en voie sèche disponibles sur le marché.
[0081]Afin de mesurer la fermeté de la composition selon l’invention, on utilise le test A dont le protocole est décrit ci-dessous : a. Peser 20g d’échantillon à analyser dans un bêcher b. Ajouter de l’eau déminéralisée à température ambiante (température entre 10°c et 20°C, préférentiellement 20°C +/- 1 °C) c. Laisser en contact statique pendant 5 minutes en plaçant un poids de 250g sur l’échantillon pour s’assurer qu’il soit bien immergé; d. Séparer eau résiduelle et l’échantillon réhydraté à l’aide d’un tamis permettant de séparer l’échantillon et l’eau résiduelle;
e. Déposer l’échantillon réhydraté au fond d’une cellule Ottawa (cellule de forme d’un pavé droit en plexiglass, d’un volume de 440ml), équipant un texturomêtre TA.HD plusC Texture Analyser relié au logiciel Exponent Connect Version 7.0.4.0, et équipé d’un capteur de force (« load cell » en anglais) de 50kg f. Démarrer l’analyse avec les paramètres suivants : vitesse de pré-test = 1 mm/s, vitesse de test = 5 mm/s, vitesse post-test = 10 mm/s, déformation = 50%, force de déclenchement = 750 kg ;
La valeur de fermeté correspond à la force maximale (exprimée en kg) obtenue lors de l’analyse (3 répétitions sont effectuées et la moyenne arithmétique est calculée)
[0082] Par « eau déminéralisée » on entend une eau ayant subi un traitement visant à éliminer une certaine quantité de ses minéraux. De manière préférentielle, sa conductivité est inférieure à 100pS/cm, préférentiellement inférieure à 50 pS/cm, encore plus préférentiellement comprise entre 10 et 40 pS/cm.
[0083] Comme indiqué ci-dessus, les compositions de protéine de soja texturées de l’art antérieur sont déjà bien connues et utilisées dans l’industrie alimentaire, en particulier dans les analogues de viande. Leur fermeté est jugée nettement supérieure à celle des protéines texturées de pois ou de féverole de l’art antérieur, comme il est décrit dans l’article l’article « Soy and Pea Protein and what in the world is TVP? » publié le 26 Décembre 2018 par Eben Van Tonder . Il est du mérite de la présente Demanderesse d’avoir travaillé sur ce sujet et mis en évidence que le procédé décrit dans la présente demande permet d’obtenir une protéine végétal telle que de pois, d’avoine ou de féverole texturée dont la fermeté est équivalente à celle des protéines texturées de soja.
[0084] Un mode de réalisation particulier de l’invention consiste en une composition comprenant uniquement des matières riches en protéines issues du pois, texturées par extrusion en voie sèche sous forme de particules dont la fermeté selon un test A est supérieure à 12kg, préférentiellement supérieure à respectivement 14kg, 16kg, 18kg, 20kg, 22kg, 24kg, 26kg, 28kg, 30kg.
[0085] Un autre mode de réalisation particulier consiste en une composition comprenant uniquement des matières riches en protéines issues du pois, texturées par extrusion en voie sèche sous forme de particules dont la fermeté selon un test A est supérieure à 12kg, préférentiellement supérieure à respectivement 14kg, et dont la densité selon un test D est comprise entre 70 et 130 g/L, préférentiellement 80 et 120 g/l, préférentiellement entre 90 g/L et 110 g/L
[0086] Un autre mode de réalisation particulier consiste en une composition comprenant uniquement des matières riches en protéines issues du pois, texturées par extrusion en voie sèche sous forme de particules dont la fermeté selon un test A est supérieure à 25kg, préférentiellement supérieure à respectivement 28kg, et dont la densité selon un test D est comprise entre 280 et 320 g/l, préférentiellement entre 290 g/L et 310 g/L. De manière préférée, la teneur en matière sèche de la composition selon l’invention est supérieure à 80% en poids, préférentiellement supérieure à 90% en poids.
[0087] La matière sèche est mesurée par toute méthode bien connue de l’homme de l’art. De manière préférentielle, la méthode dite « par dessication » est utilisée. Elle consiste à déterminer la quantité d’eau évaporée par chauffage d’une quantité connue d’un échantillon de masse connue. Le chauffage est continu jusqu’à stabilisation de la masse, indiquant que l’évaporation de l’eau est complète. De manière préférée, la température utilisée est de 105°C.
[0088] La teneur en protéines de la composition selon l’invention est avantageusement comprise entre 60% et 80%, préférentiellement entre 70% et 80% en poids sur la matière sèche totale. Pour analyser cette teneur en protéines, n’importe quelle méthode bien connue par l’homme du métier est utilisable. De préférence, on dosera la quantité d’azote total et l’on multipliera cette teneur par le coefficient 6,25. Cette méthode est particulièrement connue et utilisée pour les protéines végétales.
[0089] De manière encore plus préférée, la teneur en ions calcium de la composition selon l’invention est préférentiellement inférieure à 0,5% en poids sec sur poids sec,
préférentiellement inférieur à 0,45%, préférentiellement comprise entre 0,3% et 0,45%.
[0090]Selon un mode de réalisation particulier, la densité ou masse volumique de la composition selon l’invention est comprise entre 60 et 320 g/L, préférentiellement entre 70 et 280 g/L.
[0091]De manière préférée la densité ou masse volumique de la composition selon l’invention est comprise entre 60 et 150 g/L, préférentiellement entre 70 et 130 g/L.
[0092]Selon un autre mode de réalisation la densité ou masse volumique de la composition selon l’invention est comprise entre 280 et 320 g/L, préférentiellement entre 290 et 310 g/L.
[0093] Pour mesurer cette densité, on utilise le protocole suivant baptisé Test D :
- Tare d’une éprouvette graduée de 2 litres ;
- Remplissage de l’éprouvette avec le produit à analyser. Il est parfois nécessaire de tasser à l’aide de petits chocs sur la paroi de l’éprouvette afin de s’assurer que le produit remplisse le volume des 2 litres ;
- Pesée du produit (Poids P (en grammes).
Densité = ( P(g) / 2 (L) )
[0094] De manière préférée la rétention en eau mesurée selon le Test C est comprise entre 1 et 2,5, préférentiellement entre 1 et 2
[0095]Afin de mesurer la capacité de rétention d’eau, on utilise le test C dont le protocole est décrit ci-dessous : a. Peser 40g d’échantillon à analyser dans un bêcher b. Ajouter de l’eau déminéralisée à température ambiante (20°C +/- 1°C) jusqu’à submersion complète de l’échantillon ; c. Laisser en contact statique pendant 30 minutes ; d. Séparer eau résiduelle et échantillon à l’aide d’un tamis permettant de séparer l’échantillon et l’eau résiduelle; d. Peser le poids final P (en grammes) de l’échantillon réhydraté ;
[0096] Le calcul de la Capacité de rétention d’eau, exprimée en gramme d’eau par gramme de protéine analysée est le suivant :
Capacité de Rétention en eau = ( P - 40 ) / 40.
[0097] La présente invention est enfin relative à l’utilisation de la composition de matières riches en protéines végétales, préférentiellement d’avoine ou de légumineuses texturées par voie sèche telle que décrite supra, dans des applications industrielles telles que par exemple l’industrie alimentaire humaine et animale, la pharmacie industrielle ou la cosmétique.
[0098] Par industrie alimentaire humaine et animale, on entend la confiserie industrielle (par exemple chocolat, caramel, bonbons gélifiés), les produits de boulangerie-pâtisserie (par exemple le pain, les brioches, les muffins), l’industrie de la viande et du poisson (par exemple les saucisses, les steak-hachés, les nuggets de poisson, les nuggets de poulet), les sauces (par exemple bolognaise, mayonnaise), les produits dérivés du lait (par exemple fromage, lait végétal), les boissons (par exemple boissons riches en protéines, boissons en poudre à reconstituer).
[0099] De façon générale, la composition selon l’invention peut être utilisée dans les produits alimentaires à une teneur allant jusqu’à 100 % en poids par rapport au poids sec total de l’aliment, par exemple, d’une quantité d’environ 1 % en poids à environ 80 % en poids par rapport au poids sec total de l’aliment ou de la boisson. Toutes les quantités intermédiaires (c.-à-d. 2 %, 3 %, 4 %... 77 %, 78 %, 79 % en poids par rapport au poids total de l’aliment ou de la boisson) sont envisagées, de même que toutes les gammes intermédiaires fondées sur ces quantités. Les produits alimentaires qui peuvent être envisagés dans le contexte de la présente invention comprennent les produits de boulangerie-pâtisserie; les produits de boulangerie-pâtisserie (y compris, mais sans s’y limiter, les petits pains, les gâteaux, les tartes, les pâtisseries, et biscuits); mélanges de boulangerie sucrés pré-faits pour la préparation de produits de boulangerie sucrés; garnitures de tarte et autres garnitures sucrées (y compris, mais sans s’y limiter, les garnitures pour tartes aux fruits et les garnitures pour tartes aux noix comme les garnitures pour tartes aux
pacanes, ainsi que les garnitures pour biscuits, gâteaux, pâtisseries, produits de confiserie et produits similaires, tels que les garnitures pour crème à base de matières grasses); desserts, gélatines et poudings; desserts congelés (y compris, mais sans s’y limiter, les desserts laitiers congelés tels que la crème glacée - y compris la crème glacée ordinaire, la crème glacée à service doux et tous les autres types de crème glacée - et les desserts non laitiers congelés tels que la crème glacée non laitière, le sorbet et les produits similaires); boissons gazeuses (y compris, mais sans s’y limiter, les boissons gazeuses douces); les boissons non gazéifiées (y compris, mais sans s’y limiter, les boissons non gazéifiées douces comme les boissons aromatisées), les j us de fruits et boissons à base de thé ou de café sucré); concentrés de boissons (y compris, mais sans s’y limiter, les concentrés et sirops liquides ainsi que les concentrés non liquides, tels que les préparations lyophilisées et/ou en poudre); yogourts (y compris, mais sans s’y limiter, les yogourts laitiers à teneur élevée en gras, à teneur réduite en gras et sans matières grasses, ainsi que les yogourts non laitiers et sans lactose et les équivalents congelés de tous ces produits); les barres de collation (y compris, sans s’y limiter, les barres de céréales, de noix, de graines et/ou de fruits); les produits du pain (y compris, mais sans s’y limiter, les pains levés et sans levain, les pains levés et sans levain tels que les pains à la soude, les pains comprenant tout type de farine de blé, pains composés de tout type de farine non de blé (comme la pomme de terre, le riz et la farine de seigle), pains sans gluten); mélanges à pain pré-préparés pour la préparation de produits du pain; sauces, sirops et vinaigrettes; pâtes à tartiner sucrées (y compris, mais sans s’y limiter, les gelées, confitures, beurres, tartinades aux noix et autres conserves tartinables, conserves et autres produits similaires); produits de confiserie (y compris, mais sans s’y limiter, les bonbons en gelée, les bonbons mous, les bonbons durs, les chocolats et les gommes); édulcorés et non édulcorés les céréales pour petit-déjeuner (y compris, mais sans s’y limiter, les céréales pour petit-déjeuner extrudées, les céréales pour petit-déjeuner en flocons et les céréales pour petit-déjeuner soufflées) et les compositions d’enrobage des céréales destinées à la préparation de céréales pour petit-déjeuner sucrées. D’autres types de produits alimentaires et de boissons qui ne sont pas mentionnés
ici mais qui comprennent habituellement un ou plusieurs édulcorants nutritifs peuvent également être envisagés dans le contexte de la présente invention. En particulier, les aliments pour animaux (comme les aliments pour animaux de compagnie) sont explicitement envisagés. Il peut également être utilisé, après texturation par extrusion, dans des produits carnés tels que les saucisses émulsionnées ou les burgers végétaux. Il peut également être utilisé dans les formulations de remplacement des œufs.
[0100] La composition en protéines de pois peut être utilisée comme source unique de protéines, mais peut également être utilisée en combinaison avec d’autres protéines végétales ou animales. Le terme « protéine végétale » désigne toutes les protéines dérivées des céréales, des plantes oléagineuses, des légumineuses et des plantes tubéreuses, ainsi que toutes les protéines dérivées des algues et des microalgues ou champignons, utilisées seules ou en mélange, choisies dans la même famille ou de familles différentes. Dans la présente demande, le terme « céréales » désigne les plantes cultivées de la famille des graminées produisant des grains comestibles, par exemple le blé, le seigle, l’orge, le maïs, le sorgho ou le riz. Les céréales sont souvent moulues sous forme de farine, mais sont également fournies sous forme de céréales et parfois sous forme de plantes entières (fourrages). Dans la présente demande, le terme « tubercules » recouvre les organes de stockage, généralement souterrains, qui assurent la survie des plantes pendant l’hiver et souvent leur multiplication par le processus végétatif. Ces organes sont bulbeux en raison de l’accumulation de substances de stockage. Les organes transformés en tubercules peuvent être la racine, par ex. carotte, panais, manioc, konjac), le rhizome (par ex. pomme de terre, topinambour, artichaut japonais, patate douce), la base de la tige (plus spécifiquement l’hypocotyle, p.ex. kohlrabi, céleri- rave), la combinaison racine et hypocotyle (p. ex., betterave, radis). Aux fins de la présente invention, le terme « légumineuses » désigne toute plante appartenant à la famille des Cesalpiniaceae, à la famille des Mimosaceae ou à la famille des Papilionaceae, et notamment : toutes les plantes appartenant à la famille des papilionacées, par exemple pois, haricots, soja, fèves, haricots verts, haricots verts, lentilles, luzerne, trèfle ou lupin. Cette définition comprend en particulier toutes les
plantes décrites dans l’un des tableaux de l’article de R. Hoover et coll. , 1991 (Hoover R. (1991 ) « Composition, structure, fonctionnalité and Chemical modification of legume starches : a review », Can. J. Physiol. Pharmacol., 69, p. 79- 92). Les protéines animales peuvent être par exemple des protéines d’œufs ou de lait, telles que les protéines de lactosérum, les protéines de caséine ou de caséinate. La composition en protéines de pois peut donc être utilisée en combinaison avec une ou plusieurs de ces protéines ou acides aminés afin d’améliorer les propriétés nutritionnelles du produit final, par exemple pour améliorer la PDCAAS de la protéine ou pour apporter d’autres ou modifier
[0101] De manière plus préférée, la présente invention est relative à l’utilisation de la composition de matières riches en protéines végétales, notamment d’avoine ou de légumineuses texturées par voie sèche telle que décrite supra dans le domaine de la boulangerie-pâtisserie.
[0102] L’invention sera particulièrement d’intérêt afin de réaliser des inclusions dans des produits de boulangerie-pâtisserie tels que muffins, cookies, cakes, bagel, pâte à pizza, pains et céréales pour le petit-déjeuner.
[0103] Par « inclusions », on entend des particules (ici la composition de protéines végétales texturées par voie sèche) mélangées avec une pâte avant sa cuisson. Après celle-ci, la composition de protéines de végétales texturées par voie sèche est piégée dans le produit final (d’où le terme « inclusion ») et apportent à la fois sa teneur en protéine ainsi qu’un caractère croustillant lors de la consommation.
[0104] L’invention sera particulièrement d’intérêt afin de réaliser des inclusions dans des produits de confiserie tels que les fourrages gras (connus comme « fat filings » en anglais), chocolats, de manière à apporter également une tenue en protéines ainsi qu’un caractère croustillant.
[0105] L’invention sera particulièrement d’intérêt afin de réaliser des inclusions dans des produits alternatifs aux produits laitiers tels que fromages, yaourts, glaces et boissons.
[0106] L’invention sera particulièrement d’intérêt dans le domaine des analogues de viandes, de poissons, de sauces, de soupes.
[0107] Une application particulière concerne l’utilisation de la composition selon l’invention pour la fabrication de substitut de viande, notamment de viande hachée, mais également de sauce bolognaise, steak pour hamburger, viande pour tacos et pitta, « Chili sin carne ».
[0108]Dans les pizzas, la composition comprenant des protéines de légumineuses texturées selon l’invention sera particulièrement d’intérêt pour être saupoudrée au- dessus de ladite pizza (« topping » en anglais).
[0109] Dans les plats cuisinés déshydratés (par exemple. Bolino en Europe ou Good Dot en Inde), on utilisera la composition texturée selon l’invention en tant qu’élément source de texture fibreuse et de protéine. Ainsi, il est possible d'obtenir un produit qui s'hydrate vite et jusqu’à son cœur tout en apportant une mâche intéressante.
[0110] L’invention sera mieux comprise à la lecture de la Figure et des exemples non limitatifs ci-dessous.
[0111] La Figure 1 représente les résultats obtenus dans un test de résistance au cisaillement selon l’exemple 3, l’axe des abscisses représente le temps de cisaillement exprimé en secondes, l’axe des ordonnées représente le nombre de particules.
Exemples
[0112]On utilisera dans les exemples suivants :
- Le NUTRALYS® F85G (de la société ROQUETTE) comme isolat de protéines de pois dont la solubilité à pH 7 et 20°C est supérieure à 30% o Richesse en protéine = 83,9 % o Matière sèche = 93,4% o Solubilité dans l’eau à pH 7 et 20°C = 50,8% o Teneur en calcium = 0,07%
Le NUTRALYS® F85M (de la société ROQUETTE) comme isolat de protéines de pois dont la solubilité à pH 7 et 20°C est supérieure à 30% o Richesse en protéine = 84,1 % o Matière sèche = 94,3% o Solubilité dans l’eau à pH 7 et 20°C = 52,8% o Teneur en calcium = 0,08%
- Le NUTRALYS BF (de la société ROQUETTE) comme isolat de protéines de pois dont la solubilité à pH 7 et 20°C est inférieure à 30% o Richesse en protéine = 82,4 % o Matière sèche = 93.2% o Solubilité dans l’eau à pH 7 et 20°C = 10,1 % o Teneur en calcium = 1 ,4%
[01131 Description de la partie commune du procédé de production d’une composition de protéines de légumineuses texturées par voie sèche utilisé pour tous les exemples
[0114]Cette description est générale à l’ensemble des essais/exemples. Les particularités (composition, débits, réglages, seront précisé dans le Tableau 1 suivant) [0115] Le mélange poudre est introduit par gravité dans un extrudeur bi-vis
LEISTRITZ (L/D = 60, avec 15 fourreaux) de la société COPERION.
[0116] Le mélange est introduit avec un débit régulé en kg/h. Une quantité d’eau régulée en kg/h est également introduite. Un ratio massique eau/poudre est donc calculable et exprimé en %. [0117] La vis d’extrusion, composée de 85 % d’éléments de convoyage, 5% d’éléments de pétrissage et 10% d’éléments à pas inversé, est mise en rotation à
une vitesse régulée en tours/min et envoie le mélange dans une filière. Comme indiqué dans la description, les éléments de convoyage ont été placés en tout début de vis avec une température réglée entre 20°C et 70°C, puis les éléments de pétrissage et les éléments de pas inversés avec des températures comprises entre 90°C et 150°C.
[0118] Cette conduite particulière génère un couple machine exprimé en % avec une pression relevée en bars. L’énergie spécifique du système est calculable (selon les connaissances classiques de l’homme du métier) et exprimée en KWh/Kg
[0119] Le produit est dirigé en sortie vers une filière constituée de 1 trou cylindrique de 3 mm, d’où est expulsée la protéine texturée qui est coupée à l’aide de couteaux tournant entre 1200 et 1500 tours / minutes placés à fleur de la sortie de la filière d’extrusion.
[0120] La protéine texturée ainsi produite est séchée dans une étuve ventilée Thermo Scientific modèle UT6760 chauffée à 60°C. [0121] Les mesures de capacité en rétention d’eau selon le test C, de densité de la protéine extrudée à l’aide du test D sont relevées.
[0122ΊA) Partie exemples dédiés aux matières riches en protéines issues du pois G0123] Exemple 1 : Synthèse des différents essais réalisés visant à obtenir des compositions texturées à basse densité
[0124] Le Tableau 1 ci-dessous résume les différents essais réalisés ainsi que les analyses correspondantes aux compositions obtenues.
Tableau 1 :
[0125] On évalue la fibration (formation de fibres protéiques similaires aux fibres musculaires de viande animale) de manière visuelle : +++ excellente fibration / ++ bonne fibration / + fibration homogène / - fibration non homogène / -- mauvaise fibration / — pas de fibration [0126] La comparaison des différents exemples nous montre : les protéines texturées base pois classiques selon l’art antérieur (Ex. 1 et 2) possèdent une fermeté d’environ 11 kg selon le test A
- L’utilisation de Nutralys® BF (dont la solubilité à ph7 est inférieure à 30%) en remplacement du F85G permet d’augmenter la fermeté à 15kg environ mais la fibration ne se passe plus correctement.
- En remplaçant seulement 30% du F85G par le BF (Ex. 4), la fibration est très bonne tout en conservant de manière surprenante et inattendue une fermeté invariée de 15kg environ.
- La présence seule d’une concentration en calcium supérieure n’explique pas cet effet (Ex. 5 et 6) : c’est bien l’alliance des deux protéines de solubilité élevée et faible à pH7 et 20°C qui permet l’obtention de cette protéine texturée selon l’invention, bien fibrée et significativement plus ferme.
[0127] Exemple 2 : Synthèse des différents essais réalisés visant à obtenir des compositions texturées à haute densité :
[0128]Cette partie vise à exemplifier un mode particulier de l’invention où la densité de la composition de protéine pois texturée réalisée est augmentée pour atteindre une valeur d’environ 300 g/L selon le test D
[0129]On reproduit pour ce faire les exemples 4 et 5 selon l’invention mais en augmentant le débit d’eau à 7,9 et 7,5 kg/h respectivement. Les compositions de protéines de pois obtenues sont appelées exemples 8 et 9.
[0130]On reproduit également les exemples 1 et 2 hors invention mais en augmentant le débit d’eau à 7 et 6,9 Kg/h respectivement. Les compositions de protéines de pois obtenues, appelées exemples 10 et 11 , sont caractérisées par les analyses suivantes.
[0131]On reproduit également l’exemple 3 hors invention mais en augmentant le débit d’eau à 6 Kg/h. La composition de protéines de pois obtenue est appelée exemple 12.
[0132] Le Tableau 2 ci-dessous synthétise les résultats analytiques des compositions texturées ainsi obtenues :
Tableau 2
[0133] En combinant l’utilisation selon l’invention de 30% de protéine de pois moins soluble et l’augmentation de la densité, on atteint des valeurs de fermeté selon le Test A supérieure à 30 Kg. Ces valeurs ne sont pas atteignables uniquement par cette densité comme le montre les exemples Ex.10 et 11.
[0134] Exemple 3 : Résistance au cisaillement :
[0135] Cette partie vise à démontrer l’augmentation de la fermeté de la composition selon l’invention à l’aide d’un nouveau test baptisé « Résistance au cisaillement ». Son protocole est décrit ci-dessous :
[0136] L’appareil utilisé est le suivant : MICROSCOPE NUMÉRIQUE _Keyence _ VHX-5000 (société 2014 KEYENCE CORPORATION), équipée du logiciel VHX- 5000 Ver 1.3.2.4 / Système Ver 1.04
[0137] Préparation des particules :
- 200 g +/- 1 g des compositions de protéines texturées sont hydratés dans l’eau à la pièce T° en excès. Toutes les 5 minutes, mélanger avec une cuillère pour avoir une hydratation homogène de tous les TVP. Après 30 minutes, retirer l’eau avec une passoire (maille d’approximativement 1 mm).
- Réserver 60 g de TVP hydraté dans l’eau à température ambiante. Remplir de TVP hydraté un Kenwood FDM30 jusqu’à un volume d’approximativement. 1 ,5 L. Couper le TVP hydraté dans le Kenwood avec une lame de pétrissage à la vitesse 1 pendant 45 s. Homogénéiser le mélange de particules et réserver 60 g de cette première coupe dans l’eau à température ambiante.
- Couper dans des conditions similaires le reste du mélange de particules pendant 105 s. Homogénéiser le mélange de particules et réserver 60 g de cette deuxième coupe dans l’eau à température ambiante.
- Avec le tamisé, laver les trois types de produits, TVP hydraté complet, couper 45s et couper 105 + 45 s pendant une minute chacun et mettre 10 g dans TP 35.
- On obtient ensuite 5 TP 35 de chaque produit / Remplir le TP 35 avec de l’eau à température ambiante.
- Prenez les sacs à vide canalisés de Henri Julien, 200*300 mm. Versez tout le TP 35 dans le sac et deux autres TP 35 d’eau à l’intérieur. Aspirer
légèrement les sacs (machine à vide de Bartscher) pour ranger le maximum d’air et le sceller deux fois.
[0138] Prise de vue des images :
Sélectionnez « Image stitching » :
Cliquez sur « Image stitching » puis sur « 3D ».
Objectif choisi : Z20R/W/T, agrandissement x50 ;
Monter la plaque au maximum et placer le filtre polarisé sur la lentille du microscope;
Allumer l’écran (alimentation) et allumer la lumière du microscope.
Placez les échantillons sur la plaque du microscope, puis dispersez les échantillons pour que les particules soient homogènes avant de mettre sur le dessus un verre et un poids sur la zone à observer.
Cliquez sur « Réalisation de l’autofocus », puis sur « Initialiser »
Cliquez sur « Mesurer » et choisissez l’échelle à 4000 pm (ou une autre échelle s’il s’agit d’un autre échantillon).
Définissez la zone à analyser et cliquez sur « Définir une zone », placez-la dans le coin supérieur gauche du carré vert et cliquez sur « Haut » et « Gauche », puis positionnez-la sur « Bas » et « Droite » du carré vert, cliquez sur « Bas » et « Droite » et cliquez sur « OK ».
Définissez la netteté de la zone à analyser : cliquez sur « paramètre Z », tournez la molette du clavier du microscope pour avoir une image nette, et positionnez la netteté légèrement en dessous, cliquez sur « Reg lim Inf ». Faire de même, mais placer la netteté légèrement au-dessus, cliquer sur « Reg lim sup ».
Cliquez sur « OK » et sur « Commencer à assembler » et sur « OK ». Pour assembler l’image, vous devez attendre 10 minutes.
- Une fois terminé, cliquez sur « Visualisation 2D », puis sur « Oui », fermez la fenêtre et enregistrez l’image.
[0139] Traite ment des images :
- Sur les photos prises, choisissez la mesure de zone automatique et sélectionnez le mode d’extraction de luminosité pour la zone à mesurer.
- Le réglage manuel permet d’extraire manuellement et de sélectionner les objets à l’écran qui seront ensuite mesurés en une seule fois.
- De la zone extraite, de nombreuses particules seront encore collées et d’autres parties que les particules pourraient avoir été extraites. Pour n’obtenir que les particules, la zone doit être propre.
- Tout d’abord, ébavurer pour nettoyer les petites particules; ensuite, vous pouvez modifier pour séparer les particules manuellement (pour faciliter ou remplir en fonction des valeurs par défaut); au moins, vous pouvez éliminer les grains encore présents sur les images. - Une fois que toute l’image est propre et que les particules sont bien séparées, vous pouvez mesurer les objets à travers différents paramètres.
[0140] Le but de ce protocole est donc :
- De réhydrater des compositions de protéines texturées dans des conditions similaires - De leur imposer un cisaillement similaire pendant 45s et 150s
- De compter le nombre de particules générées pendant le cisaillement en utilisant un microscope optique et son logiciel de traitement d’image
[0141]Les résultats obtenus en nombres de particules sont renseignés dans le
Tableau 3 et dans la Figure 1 :
Tableau 3
[0142] On voit bien que :
- Les exemples 5 et 3 utilisant une protéine insoluble génère environ 30% de moins en nombre de particules
- Mais l’Exemple 5 est le seul bien fibré et donc compatible avec les applications analogues de viande par exemple
G0143ΊB) Partie exemples dédiés aux matières riches en protéines issues de l’avoine
[0144]_Pour cette partie, deux mélanges poudre ont été utilisés pour alimenter l’extrudeuse.
[0145]Le premier contient comme source de protéines un mélange de l’isolat de protéine de pois Nutralys® F85 précédemment utilisé et d’un isolat de protéine d’avoine obtenu à l’aide du procédé décrit dans la demande de brevet
W02021/001478. Ce dernier isolat possède selon le test B une solubilité à pH 7 de
10%.
[0146]Le second contient comme source de protéines un mélange de de l’isolat de protéine de pois Nutralys® F85 précédemment utilisé et d’un isolat de protéine d’avoine obtenu à l’aide du procédé décrit dans la demande de brevet
PCT/EP2022/025003. Celui-ci consiste en une remise en suspension dans de l’eau de l’isolat de protéine d’avoine obtenu à l’aide du procédé décrit dans la demande de brevet W02021/001478, d’une rectification du pH de ladite suspension à 9,5 avec une solution aqueuse de soude caustique 1 N, de l’application d’un chauffage pendant 30 s à environ 154 °C par injection directe de vapeur, suivi d’un refroidissement immédiat à 71 °C (refroidissement éclair ou dit « flash ») et enfin d’une lyophilisation. Ce dernier isolat possède selon le test B une solubilité à pH 7 de 81 %.
[0147] Le Tableau 4 ci-dessous résume les différents mélanges poudres décrits ci- dessus :
[0148]Les mélanges ont été mélangés à l’aide d’un mélangeur planétaire, Hobart
A200 pendant 10 minutes, à la vitesse 1, avec un mélangeur à pagaie. Ils sont ensuite été extrudés à l’aide d’une extrudeuse à double vis Coperion ZSK25 avec un L/D = 40 et une filière équipée d’un seul trou de 2,8 mm de diamètre.
[0149] Les paramètres appliqués et suivis sont résumés dans le Tableau 5 suivant :
Tableau 5
[0150] Un analyseur de texture TA HD Plus a été utilisé pour mesurer la dureté des compositions texturées obtenues. Les compositions ont été réhydratées en pesant 20 grammes de celles-ci, en ajoutant 200 grammes d’eau potable à température ambiante et en les laissant tremper pendant 30 minutes en remuant manuellement avec une cuillère à 10 et 20 minutes. L’excès d’eau est ensuite enlevé avec un tamis. 14 grammes de ces compositions réhydratées ont été placées dans un récipient en plastique en ne les superposant pas mais en monocouche. L’analyseur de texture TA HD Plus est équipé d’une tête TA-30 a été, puis on soumet les échantillons à une déformation de 50 %. Le pic et la surface des courbes force-temps obtenues résultantes ont été déterminés. 5 mesures sont réalisées et on calcule la moyenne et l’écart-type. Les résultats sont synthétisés dans le Tableau 6 suivant :
Tableau 6
[0151]On voit bien que la composition selon l’invention (exemple 14) possède un pic et une aire plus importante que l’exemple 15 (hors invention). L’introduction d’un isolat d’avoine dont la solubilité à pH 7 est inférieure à 30% permet d’augmenter la fermeté de la composition protéique extrudée. [0152] La fermeté selon le test A est également réalisée :
Tableau 7
[0153]Ce test confirme aussi que la composition texturée obtenue selon l’invention est plus ferme. G0154ΊO Partie exemples dédiés aux matières riches en protéines issues de la féverole :
[0155] Pour cette partie, deux mélanges poudre ont été utilisés pour alimenter l’extrudeuse.
[0156]Le premier contient comme source de protéines un mélange de l’isolat de protéine de pois Nutralys® F85 précédemment utilisé et d’un isolat de protéine de féverole obtenu à l’aide du procédé décrit dans la demande de brevet
W02020/193668. Ce dernier isolat possède selon le test B une solubilité à pH 7 de 19%.
[0157] Le second contient comme source de protéines un mélange de l’isolat de protéine de pois Nutralys® F85 précédemment utilisé et d’un isolat de protéine de féverole obtenu à l’aide du procédé décrit dans la demande de brevet
W02020/193641. Ce dernier isolat possède selon le test B une solubilité à pH 7 de 60%.
[0158] Le tableau ci-dessous résume les différents mélanges poudres décrits dans le Tableau 8 ci-dessus :
Tableau 8
[0159] La fermeté de la composition obtenue selon l’exemple 15 (selon l’invention) est supérieure à celle obtenue via l’exemple 16 (hors invention). [0160]D) Partie exemple dédié à la réalisation d’un steak haché :
[0161] Pour réaliser ce steak haché, deux composant primaires sont nécessaires : les compositions de protéines végétales texturées (appelées « TVP hydratés ») et le « binder » ou « liant » en français. Le premier vise à recréer les fibres musculaires et le second à les rendre cohésifs. [0162] Les quantités de produits nécessaires pour réaliser chacun des composants sont donnés dans le tableau 9 ci-dessous :
Tableau 9
[0163] Recette de production du « binder » ou liant :
- Dispersion de la quantité de méthylcellulose dans la quantité d’huile
- Ajouter l’eau potable froide 1 dans le mélange Kenwood et mélanger (vitesse maximale, 30 secondes avec pâle K), puis ramener le produit des bords vers le centre du bol Kenwood avec une spatule.
- Ajouter l’eau potable froide 2 dans le mélange Kenwood et mélanger (vitesse maximale, 30 secondes avec pâle K) puis ramener le produit des bords vers le centre du bol Kenwood avec une spatule. Mélanger 60 secondes (vitesse maximale, avec pâle K).
- Conserver la colle au moins 15 minutes au réfrigérateur avant utilisation [0164] Recette de production des TVP hydratés :
- Mélanger dans un bol la quantité de composition de protéines texturée et l’eau potable. - Hydrater 30 minutes au réfrigérateur.
[0165] Recette de production de 1 500 g de steak haché :
- Mélanger 900 g de TVP hydratés et 600 g de liant dans un bol Kenwood puis mélanger (vitesse 1, pâles K, 4 minutes).
- Après 2 minutes de mélange, ramener le produit des bords vers le centre du bol Kenwood avec une spatule.
- Formez une boule de 30 g à la main en lui donnant la forme d’un steak haché.
- Cuire au four à vapeur pendant 6 minutes à 180 °C sous 50 % d’humidité
- Congeler puis pour la dégustation, réchauffer au four 15 minutes 180°C, en retournant le steak haché de face à 7min30
[0166] La recette a été réalisée avec deux sources différentes de TVP hydratés :
- Le NUTRALYS® T70S qui correspond aux compositions des exemples 1 et
2,
- La composition de protéines texturée obtenue selon l’exemple 8
[0167] On analyse ensuite la fermeté à l’aide d’un texturomètre TAXT dont les paramètres d’analyse sont les suivants :
- Le couteau équipant la machine est de référence TA045
- Les paramètres d’analyse sont : o Test mode (mode d’essai) : Compression o Pre-test speed (Vitesse pré-essai) : 2 mm/sec o Test speed (Vitesse essai) : 10 mm/sec o Post-test speed (Vitesse post-essai) : 10 mm/sec o Target mode (mode cible) : Strain o Strain (tension) : 75% o Trigger type (type de déclenchement) : Auto (force) o Trigger force (force de déclenchement) : 0,098 N o Break mode (mode arrêt): off o Stop Plot At (Arrêt plot à): Start position o Tare mode (mode tare): Auto o Advance options (options avancées) : On - La valeur obtenue est appelée “Fermeté” est indiquée en gramme
[0168] Les résultats obtenus sont les suivants :
[0169] Le steak haché obtenu avec la composition texturée selon l’invention est donc 1 ,5 fois plus ferme que celui obtenu avec la composition texturée classique.