[NSTALLATION ET PROCEDE D ' EPURATION DES EAUX USEES OU RESIDUAIRES NOTAMMENT INDUSTRIELLES
La présente invention concerne un procédé d' épuration en continu d' eaux usées ou résiduaires notamment industrielles et l'installation nécessaire à sa mise en œuvre en station d'épuration.
Par le terme eau usée, effluent ou rejet, on entend tout déchet d'origine urbaine ou industrielle se présentant sous la forme d'une solution aqueuse. De telles eaux nécessitent habituellement un traitement préalable dans une station d'épuration avant de pouvoir être déversées dans un cours d'eau ou réutilisées telles quelles dans les installations industrielles.
Dans différents secteurs d'activité, et en particulier dans le domaine chimique, pharmaceutique, agrochimique, métallurgique, électronique ou dans celui des traitements de surfaces, du textile ou de la pâte à papier, les industries consomment beaucoup d'eau et génèrent des quantités importantes d'eaux usées. Pour ces dernières la gestion globale de l'eau est une nécessité primaire.
En raison d'une réglementation rigoureuse qui impose aux industries polluantes le traitement de leurs eaux usées avant rejet, le traitement des eaux industrielles est d'une importance économique vitale pour l'industrie et plusieurs solutions ont été envisagées. De manière conventionnelle, le traitement des eaux usées peut se faire de deux manières différentes qui sont parfois combinées.
La première méthode consiste en un traitement physico-chimique au cours duquel des additifs chimiques sont ajoutés aux eaux usées afin de faire coaguler les impuretés présentes dans celles-ci. Après décantation, les impuretés coagulées se déposent au fond d'un
décanteur ou d'un bassin de décantation et forment des boues tandis que l'on peut transférer l'eau épurée ou la réutiliser. Cependant, les boues sont fortement chargées en impuretés et donc difficilement revalorisables, ce. qui entraîne des coûts élevés de traitement ultérieur. En outre, les taux d'épuration obtenus par cette méthode de traitement sont limités.
La seconde méthode consiste en un traitement biologique au cours duquel les eaux usées sont admises à débit régulier dans un bassin contenant une faune bactérienne endogène capable de décomposer les molécules polluantes. La taille du bassin est conditionnée par le temps nécessaire aux bactéries pour digérer les molécules polluantes et un décanteur permet ensuite de séparer les boues biologiques de l'eau traitée. Cependant, dans les industries, les effluents sont souvent très complexes et proviennent de plusieurs ateliers. Ces rejets, une fois mélangés et dilués limitent souvent le rendement de la station d'épuration biologique, par exemple du fait de la présence d'une demande chimique en oxygène (DCO) non-précipitable et/ou d' inhibiteurs biologiques qui nuisent au fonctionnement et à l'efficacité de la biomasse.
Le choix du procédé de traitement dépend du rapport de biodégradabilité de l' effluent. Selon l'art antérieur, lorsque les deux procédés sont associés, le traitement physico-chimique vient toujours en amont du traitement biologique et traditionnellement, les effluents sont mélangés et dilués mais non dissociés. Devant payer de lourdes taxes en fonction du degré de pollution des eaux rejetées au sein de l'environnement, les industries recherchent un rapport optimal entre le coût du traitement des eaux usées et le taux d'épuration de ce dernier, l'idéal étant pour elles de totalement recycler leurs effluents et de ne rien rejeter.
Des perfectionnements aux procédés
préexistants ont été réalisés mais aucun ne répond pleinement aux besoins de l'industrie. De plus, ces perfectionnements ne peuvent pas toujours s'adapter à des installations préexistantes, ce qui entraîne de nombreux coûts supplémentaires, et ces perfectionnements entraînent généralement une occupation supplémentaire importante du sol, ce qui est extrêmement pénalisant lorsque la place disponible est réduite. En outre, les procédés de traitement habituels nécessitent souvent une maintenance malaisée, ce qui entraîne des pertes de temps et d' argent considérables.
Enfin, ils ne produisent pas une eau recyclable de qualité constante dans le temps et ne répondent donc pas aux besoins industriels les plus exigeants. Il a cependant été prévu de palier ce défaut en utilisant un traitement membranaire, mais ce procédé rencontre souvent des • problèmes de colmatage des membranes dus à de trop fortes charges polluantes qui conduisent à des coûts trop importants en raison de l'hydraulique (forte décroissance de perméabilité, cycles de nettoyage trop fréquents...) .
Par conséquent, il résulte des remarques précédentes que les procédés actuels de traitement des effluents ne donnent pas toujours satisfaction aux industries .
Afin de répondre aux exigences actuelles de l'industrie et de palier les défauts de l'art antérieur soulevés précédemment, le but de la présente invention est triple.
Un premier but de l'invention est de fournir un procédé fiable, économique et pratique pour l'épuration rationnelle et évolutive en fonction des rejets du site industriel et des contraintes législatives d'un ou de plusieurs effluents différents selon leur degré de biodégradabilité. Ce procédé doit
être facilement mis en œuvre en continu avec une capacité de traitement optimale et une maintenance simplifiée tout en limitant la production de déchets tels que les boues. Un second but de la présente invention est de fournir un dispositif sûr et modulable, à la maintenance simplifiée et présentant une faible occupation du sol pour sa mise en œuvre afin de pouvoir l'adapter aisément à des installations existantes de traitement d' effluents si nécessaire et afin d'augmenter leur rendement.
Enfin, un dernier but de la présente invention est de fournir un procédé et une installation pouvant transformer des eaux usées de toutes sortes en eau recyclable, de qualité constante, permettant à terme à l'industriel de minimiser le coût global de l'eau (appoint et recyclage) et de s'affranchir totalement de son environnement (zéro rejet) .
Le procédé selon l'invention permet de traiter simultanément deux effluents présentant chacun un degré de biodégradabilité différent et recueillis séparément à la source. Dans le cadre de la présente description le second effluent (effluent B) présente une biodégradation plus lente que celle du premier effluent (effluent A) . .
L'un ou l'autre ou chacun des effluents A et B est ou sont constitué (s) sous forme unitaire ou d'un mélange d' effluents de mêmes caractéristiques générales. Selon ce procédé, l' effluent A est d'abord neutralisé, puis subit un traitement biologique aérobie et un procédé d'évaporation dans un premier bioréacteur. Après traitement dans ce premier bioréacteur, son contenu subit un traitement physico- chimique qui sépare l'eau des boues. L'eau résultante subit alors un traitement physique notamment par filtration, par exemple tangentielle de type
membranaire, par lequel elle est débarrassée de ses dernières impuretés tandis que les boues issues du traitement physico-chimique, l' effluent B et le rétentat (concentrât* d'impuretés) provenant du traitement de séparation subissent un traitement biologique aérobie et un procédé d'évaporation dans un second bioréacteur. En continu ou périodiquement, un volume déterminé du contenu de ce deuxième bioréacteur subit ensuite un traitement des boues. Ces dernières sont traitées en vue de leur conditionnement tandis que l'eau résiduelle du traitement dans ce deuxième bioréacteur est orientée vers le premier bioréacteur.
Cette invention permet avantageusement d' adapter le procédé d' épuration à la nature des effluents à traiter et de les traiter simultanément selon leur degré de biodégradabilité.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de la description suivante effectuée en référence à la figure 1 qui représente le schéma d'un exemple d'installation à un au moins premier bioréacteur 1 et à un au moins deuxième bioréacteur 2, installation destinée à mettre en œuvre le procédé selon l'invention.
Après une éventuelle neutralisation préalable du pH d'un effluent A à l'aide d'au moins un dispositif de diffusion 3 de neutralisant dans le liquide et à l'aide d'un dispositif d'absorption 4 du neutralisant, cet effluent A est transféré dans le au moins premier réacteur biologique 1 appelé ci-après bioréacteur 1. Ce bioréacteur 1 est réalisé en un matériau adapté. Ses dimensions sont définies en fonction, du volume de l' effluent à traiter, du temps nécessaire aux bactéries endogènes ou exogènes, sélectionnées et ensemencées avec des nutriments à des fréquences et des quantités déterminées, pour digérer les molécules polluantes et en fonction des variations de volume et de charge polluante de l' effluent.
Dans ce bioréacteur 1, l' effluent A est porté à une température d'environ 20 à 30°C au moyen par exemple d'un échangeur thermique de type à serpentin et agité en permanence à l'aide d'un dispositif d'agitation 5.
Afin de mettre en oeuvre le procédé d'évaporation et d'oxygénation, une quantité d'air produit par un ou plusieurs compresseur (s) 6 est par exemple, injecté en permanence dans le bioréacteur 1 par une ou plusieurs rampe (s) d'aération 7 à travers de fines buses.
La quantité d' air comprimé insufflé est fonction du volume du bioréacteur 1 et de l' effluent A Il permet une evaporation de ce dernier. Cette oxygénation, nécessaire à l'entretien et au développement des bactéries endogènes ou exogènes spécifiques à l' effluent A assurant la dégradation des composés biodégradables contenus dans cet effluent A, permet également l'oxydation de certains composés polluants et entretient une evaporation permanente de cet effluent.
Cette étape assure la biodégradation des pollutions dissoutes et particulaires.
Dans une variante du mode de réalisation de l'invention, il est envisagé d'asservir le (s) compresseur (s) ' 6 à des sondes d'oxygène dissous et de rédox qui peuvent se situer dans les réacteurs biologiques 1 et 2 pour limiter les consommations d'énergie, plutôt que d'employer une diffusion permanente d'air.
Préférentiellement de façon quotidienne, mais aussi éventuellement en continu, un volume déterminé d' effluent du réacteur biologique 1 transite par un module de traitement physico-chimique comprenant plusieurs compartiments, afin de permettre aux molécules de l' effluent A, dispersées dans les solutions des compartiments (8, 9, 10 et 11) et
partiellement dégradées, d'être additionnées de produits chimiques, par exemple des produits de la société AQUAPROX commercialisés sous la marque AQUAPROX MFC 3300, 8590, 8700 pour les coagulants de type minéral et organique cationique et la marque AQUAPROX MFA 8220 E pour les floculants anioniques, qui les coagulent en flocs insolubles dans l'eau.
Ces flocs sont remontés à la surface de l'eau en insufflant par exemple de l'eau pressurisée. Ainsi, les fines bulles d'air se fixent sur les flocs et les entraînent vers la surface de l'eau. Le volume supérieur est évacué de préférence par un écrémage mécanique, séparant ainsi l'eau traitée 12 des boues écrémées 13 constituées de molécules polluantes, de particules et de bactéries.
Dans cette phase, en éliminant ainsi une bonne partie de la biomasse développée dans le réacteur biologique 1, on favorise l'efficacité de la biomasse restante tout en limitant la croissance de la biomasse qui est toujours génératrice de boues biologiques. Cette caractéristique permet une réduction importante de la production de boues.
Dans une variante de ce mode de réalisation préféré, la modularité du procédé permet d'installer l'unité de traitement membranaire à ce stade du procédé. Cependant, à ce niveau du traitement, dans certains effluents, les concentrations en sels minéraux
(sodium, sulfate, chlorure et analogues) et en molécules organiques non biodégradables (DCO dure) sont trop importantes pour le traitement membranaire, par filtration tangentielle et peuvent conduire à une forte décroissance de la perméabilité des membranes.
Dans ce cas, l'unité de traitement membranaire par filtration tangentielle, doit être placée plus loin dans le déroulement du procédé.
Les boues liquides écrémées 13 sont transférées à travers un conduit 14 vers le au moins
second bioréacteur 2 tandis que l'eau traitée 12 peut être dirigée vers une cuve de stockage 18 en attendant de subir le traitement de séparation physique par exemple par filtration tangentielle de type membranaire et selon la technique dite de concentration par une pression supérieure afin de débarrasser cette eau traitée 12 de ses dernières impuretés.
Afin de limiter ou d'éviter la précipitation des sels dans les membranes, il peut être avantageux d'injecter des séquestrants de type minéral, par exemple l'hexamétaphosphate de sodium (HMP) qui pourra être mis en œuvre avec de l'acide pour éviter par exemple la précipitation du carbonate de calcium (CaC03) dans la Cuve de stockage 18, en amont du traitement membranaire par filtration tangentielle, ou de type organique tels les produits commercialisés sous les marques "PERMATREAT 391", KEMAZUR DE 47", "HYPERSPERSE AF200" ou encore "FLOCON 135 et 260".
De préférence, le traitement final pour la séparation des ions des molécules d'eau sera un traitement membranaire par filtration tangentielle notamment l'osmose inverse par concentration, qui est la technique de séparation par membrane présentant le seuil de coupure en poids moléculaire le plus bas. Cette technologie préférée a l'avantage de séparer les molécules d'eau des sels dissous, des molécules inorganiques et molécules organiques d'un poids moléculaire compris entre 10 et 100 Daltons et de retenir des molécules de quelques Angstrδ s (10~7 mm) et les sels monovalents sous une pression de travail jusqu'à 80 bars. Cependant, selon la nature du liquide à traiter et l'utilisation de l'eau traitée à recycler, il est possible de remplacer l'unité d'osmose inverse par d'autres techniques membranaires notamment à savoir: la microfiltration, l'ultrafiltration, la nanofiltration ou encore par les procédés de filtration frontale par modules de membranes immergés ou séparés
avec ou sans aspiration du perméat tels que le procédé développé sous la marque "BIOSEP" par la société "OTV" ou ceux, identiques, développés par la société "ZENON" ou encore le procédé "PLEIADE" développé par la société "RHODIA" .
D'autres techniques électro-membranaires peuvent avantageusement compléter les. deux traitements biologiques aérobies des effluents telles que 1 'électrolyse à membranes, l' électrodialyse et/ou les résines échangeuses d'ions (REI) . Il est aussi possible de remplacer le traitement final par filtration tangentielle membranaire par un traitement de finition réalisé par adsorption sur charbon actif en poudre (CAP) ou en grains (CAG) ou tout procédé de finition similaire par exemple du type biofiltre et/ou tout procédé de séparation gravitaire. Il est également possible d'utiliser un traitement de séparation électro-chimique .
Le traitement membranaire par filtration tangentielle est effectué lorsque les paramètres physico-chimiques de l'eau l'imposent, notamment en matière de DCO résiduelle, de conductivité, et autres paramètres similaires, aux fins d'un recyclage de l'eau traitée au cours du procédé industriel. L'installation de filtration comporte au moins des conduites ou canalisations pour la circulation de l'eau à traiter, une pompe de mise en pression (20 à 80 bars) soit volumétrique soit centrifuge, une pompe de recirculation, le ou les modules d'osmose inverse (modules plans, modules tubulaires, modules spirales ou modules à fibres creuses) , une vanne de détente ou une turbine de récupération d'énergie, des dispositifs de régénération et de nettoyage des membranes, un échangeur de chaleur qui permet de maintenir l'eau à traiter à la température désirée, une. ou plusieurs cuves de stockage amont et aval ainsi que tous les appareils de mesure et
de contrôle nécessaires (pressions, débits, vitesse, température...). Son fonctionnement se déroule selon divers procédés notamment par procédé discontinu ou par lots, par procédé continu à recyclage ou par procédé continu.
L'utilisation de ' la filtration membranaire tangentielle en fin de procédé d'épuration permet d'une part, d'éliminer les problèmes de colmatage généralement rencontrés en présence de trop fortes charges polluantes et les inévitables conséquences de perte d'efficacité du traitement liées à ce phénomène de colmatage, et d'autre part, de développer un traitement particulièrement performant afin d'obtenir une eau de qualité, répondant parfaitement aux impératifs d'un procédé industriel et que n'autorise pas le traitement biologique complété par le traitement physico-chimique. Avantageusement, ce traitement membranaire additionnel permet d' éliminer par exemple une DCO non— récipitable, des matières en suspension, des micro-organismes ou des chlorures, afin de produire une eau recyclable, de qualité constante dans le temps et pouvant répondre aux critères les plus sélectifs d'un procédé industriel.
Une pompe d'alimentation 19 alimente un bac de concentration 20 en eau traitée 12 provenant du traitement physico-chimique et qui a été stockée dans la cuve de stockage 18. A l'aide d'une pompe de recirculation 21, cette eau traitée 12 passe sous pression dans un module-carter en matériau adapté comprenant les modules de filtration à membranes 22 de type organique ou minéral, choisies en fonction de leur sélectivité, de leur seuil de coupure, de leur degré de porosité, de leur forme, de leur surface et des conditions de leur mise en application, comme par exemple des membranes en composites de fibre de carbone commercialisées par la société CARBONE LORRAINE, ou encore des membranes céramiques tubulaires.
De manière préférée, le perméat 23 (c'est-à- dire l'eau débarrassée de ses impuretés) qui est le flux transmembranaire est évacué en permanence vers une cuve de stockage 25. Une pompe de sortie ou d'alimentation 26 le dirige alors vers l'extérieur par exemple vers les installations du procédé industriel tandis que le rétentat 24 (c'est-à-dire le concentrât d'impuretés) qui est le flux tangentiel retourne vers le bac de concentration 20 et est évacué périodiquement vers le ou les bioréacteur (s) 2.
Les boues provenant des boues écrémées 13, (concentrât d'impuretés et de biomasse) sont apportées à et stockées dans le réacteur biologique 2.
Avantageusement, ce réacteur biologique 2 est prévu pour recevoir un effluent B pouvant être constitué de plusieurs effluents de mêmes caractéristiques générales, dont la biodégradation est plus lente que celle de l' effluent A pouvant aussi être constitué de plusieurs effluents de mêmes caractéristiques générales.
Le dimensionnement de ce bioréacteur 2 en matériau adapté est conditionné par le volume de 1' effluent B à traiter, par le temps nécessaire à sa biodégradation, ainsi que par le volume des boues liquides issues du traitement physico-chimique et par la quantité de rétentat produit par le procédé membranaire par filtration tangentielle par boucle de concentration du flux tangentiel (rétentat ou concentrât de la charge polluante séparée de l'eau sous une pression pouvant atteindre 80 bars) .
Comme dans le cas du bioréacteur 1, le bioréacteur 2 comprendra un dispositif d'agitation 5 et d'aération-oxygénation 7 et un moyen de mise en température de l' effluent B par exemple un échangeur thermique de type à serpentin.
Selon un mode préféré où le réacteur biologique 2 fonctionne à forte charge volumique et à
forte charge massique, pour assurer et accélérer la biodégradation aérobie ou anaérobie de l' effluent B et où il est porté à une température située à environ 35 à 70°C, sa face interne peut présenter une protection thermique et anti-corrosive, comme par exemple du PTFE connu sous la dénomination TEFLON. Le chauffage du réacteur 2 peut par exemple profiter d'une récupération des calories du procédé industriel et, conjugué à l'injection permanente d'air comprimé, il permet une evaporation importante de l' effluent sans pollution atmosphérique .
L' oxygénation permanente ou intermittente dans le réacteur biologique 2 assure l'oxydation des composés organiques et inorganiques de l' effluent B. Cette gamme de températures dans laquelle se trouve la température préférée de travail dans le réacteur biologique 2 garantit l'élimination permanente par lyse des micro-organismes. Cette caractéristique permet de réduire le volume des boues biologiques. Cette température de travail permet également le contrôle des odeurs.
Du fait de la température et de la pression de travail, il est également possible de provoquer la précipitation de sels minéraux contenus dans les effluents. Ces sels, évacués ici avec les boues ne peuvent plus précipiter dans les membranes de filtration tangentielle, ce qui permet de gagner en efficacité de perméabilité et d'économiser des cycles de régénération et de nettoyage des membranes . L' effluent B, agité et aéré dans le réacteur
2, y est mélangé aux boues liquides 13 provenant du traitement physico-chimique qui, progressivement, s' inactivent biologiquement mais demeurent chimiquement actives pour l'absorption et/ou l' adsorption des polluants de cet effluent B, notamment les métaux lourds souvent présents dans les eaux ré.siduaires industrielles et qui se présentent sous la forme de
cations divalents. Cette caractéristique permet également de piéger les composés organiques volatils et les vapeurs polluantes pendant l' evaporation, ce qui permet de procéder à cette evaporation en continu sans générer de pollution atmosphérique. Ainsi, en utilisant par exemple une injection d'air comprimé de l'ordre de 130 m3 par heure à travers de fines buses, aux températures précitées, il est possible d'évaporer environ 10 m3 d' effluent par jour. Une température plus élevée de 5°C avec une injection d'air de 180 m3 par heure permet une evaporation d'environ 25 m3 d' effluent par jour.
L' evaporation provoquée dans les réacteurs biologiques 1 et 2 permet une optimisation du procédé en fonction des variations du volume et de la charge polluante du flux entrant. En d'autres termes, elle permet d'adapter ce système de traitement à l'évolution des rejets du site industriel.
En continu ou de préférence périodiquement, un volume déterminé du contenu du réacteur 2 est dirigé vers un dispositif de traitement des boues biologiques
(amalgames de boues biologiques et de matières polluantes) comprenant par exemple une cuve de neutralisation 15 et une unité de compression et de déshydratation mécanique 16 et/ou une centrifugeuse. Dans ce dispositif, les boues sont conditionnées et stockées puis évacuées hors site pour être traitées et valorisées.
L' eau traitée résultante 17 provenant du traitement des et par les boues biologiques dans le bioréacteur 2, est redirigée vers le réacteur biologique 1 pour y être mélangée à l' effluent A et y être traitée biologiquement. Une quantité importante de molécules polluantes de l' effluent B ayant été digérée pendant le séjour dans le réacteur biologique 2, après déshydratation et/ou séparation par centrifugeuse des boues biologiques, cet effluent B peut rejoindre
1' effluent A sans conséquence sur la biomasse développée dans le réacteur biologique 1 pour compléter sa biodégradation.
Pour des raisons générales de mise en température et de- maintien de la quantité injectée de boues à leur température d'entrée et assurer une homogénéisation et une uniformisation progressives entre les liquides entrant dans l'un et/ou l'autre bioréacteurs, le bioréacteur (1) et/ou (2) présente (nt) au(x). point (s) haut (s) d'injection des structures de déflection qui isolent entre eux et ralentissent les liquides injectés avant leur mélange avec le milieu ambiant. Ces structures de déflection peuvent être des compartiments intérieurs supérieurs ouverts transversalement ou par leur fond pour se trouver après une certaine différence de hauteur vers le bas par rapport au point d'injection correspondant, en communication entre eux et avec le volume interne du bioréacteur correspondant. Le procédé selon l'invention est prévu pour être facilement adapté à tout type d' industrie nécessitant une épuration des eaux usées. Il concerne le domaine chimique, pharmaceutique, agrochimique, métallurgique, électronique, celui des traitements de surfaces, du textile ou de la pâte à papier, ainsi que toutes les industries consommant généralement de l'eau et générant des .eaux usées. Dans sa configuration complète, ce procédé est particulièrement adapté au traitement de la demande biochimique en oxygène à cinq jours (DBO5) , des matières en suspension (MES), de la demande chimique en oxygène (DCO) et de la demande chimique en oxygène soluble, non-biodégradable et non- précipitable (DCO dure) .
On peut également prévoir l'application du procédé selon l'invention pour la production d'eau potable, par exemple à partir des eaux de surface afin d'éliminer les micro-polluants tels que les pesticides
de plus en plus fréquents dans ce type d' eau, les matières organiques et les substances génératrices de goût et d'odeur, l'ammoniaque, les sels minéraux et les germes pathogènes tels que les bactéries, les virus et les protéines pathogènes par exemple de type prion. Ce procédé pourra également s'adapter au traitement des eaux usées industrielles ou urbaines constituées d'un seul effluent et s'appliquer au traitement de l'eau de mer. II faut comprendre que, dans ce cas, c'est le même effluent qui arrive à l'entrée du bioréacteur 1 et à l'entrée du bioréacteur 2.
Selon le type d'installation d'épuration préexistante, il est également prévu d'adapter le procédé décrit sans sortir du cadre de l'invention, notamment par une mise en application du dispositif membranaire en lieu et place du traitement physicochimique, par exemple lorsque la nature et la charge de pollution des rejets ne nécessitent pas un traitement très poussé.
Selon cette variante, il est possible de concevoir une unité de filtration tangentielle de type membranaire à doubles étages pouvant fonctionner à la même pression ou à des pressions différentes par exemple une bi-osmose inverse, une bi- icrofiltration, une bi-ultrafiltration, une bi-nanofiltration, fonctionnant en boucle dont un étage sera relié au bioréacteur 1 fonctionnant à une pression par exemple de 20 bars avec une évacuation du rétentat (concentrât d'impuretés mélangé à la biomasse) vers le bioréacteur 2 tandis que l'eau traitée (perméat) est stockée aux fins d'un recyclage dans le procédé industriel, et un deuxième étage fonctionnant à une pression par exemple de 40 bars ou plus, couplé au bioréacteur 2 avec évacuation du perméat vers le bioréacteur 1 et/ou vers la cuve de stockage 18 de l'eau traitée 12 pour son recyclage, et le rétentat ou concentrât d'impuretés
vers une unité de séparation de type centrifugeuse dont l'eau résiduelle de séparation sera transférée vers le bioréacteur 1.
Le fonctionnement d'une telle installation pourra s'effectuer en procédé discontinu ou par lots, en procédé continu à recyclage ou en procédé continu.
On peut également envisager de nombreuses autres variantes et améliorations du procédé décrit sans sortir du cadre de l'invention. On peut par exemple, équiper l'installation en amont des réacteurs biologiques 1 et 2 de dispositifs de pré-traitement de filtration, de séparation physique et/ou d' adsorption de type colonnes à charbon actif ou tout autre. De même, il est possible d'effectuer un pré-traitement biologique aérobie ou anaérobie de l' effluent B dans un ou des bioréacteur (s) spécifique (s) en amont, du bioréacteur 2.
De même, on peut prévoir un poste de coagulation/floculation en amont de l'unité de traitement des boues pour améliorer les performances hydrauliques du système de traitement.
On peut aussi envisager l'injection dans le réacteur biologique 1 de tout produit pouvant assurer la fixation de la biomasse et/ou d' adsorption, comme par exemple du charbon actif (CAP) commercialisé sous la marque PICAFLO HP.
Un traitement anaérobie ou anaérobie stricte dans le réacteur biologique 2 peut représenter une alternative avantageuse pour le traitement des effluents.
Un fonctionnement est également envisageable aux températures normales des effluents sans générer d' evaporation.
De plus, l'unité de filtration tangentielle par' exemple membranaire a été sélectionnée pour son adéquation avec les besoins de l'installation mais il est possible de la remplacer par tout procédé
alternatif permettant d'assurer la séparation physique des ions des molécules d' eau comme indiqué précédemment et/ou de filtration ou de finition.
La conception de l'unité de filtration tangentielle par • exemple membranaire peut également être réalisée pour produire de l'eau spécifique à certains procédés industriels, notamment la production d'eau déminéralisée, d'eau stérile ou analogue.
En outre, dans au moins un des réacteurs biologiques, préférentiellement dans le réacteur biologique 2, il est possible d'utiliser du dioxyde de carbone (C02) à l'état supercritique (température supérieure à 31 °C et pression supérieure à 74 bars) qui peut présenter des caractéristiques avantageuses pour dissoudre des composés organiques.
Enfin, il peut être envisagé de prévoir dans l'installation, des purges, des postes de prélèvement, des dispositifs de préfiltration, des sondes, des analyseurs en ligne et des systèmes de détection et d'alarme, des dispositifs de fonctionnement et contrôle de pression, de vitesse, de température, de fluide, de niveau sonore et un échangeur thermique et une vanne de détente pour l'unité de filtration tangentielle membranaire. On pourra automatiser le fonctionnement de l'installation et assurer sa gestion à distance par télésurveillance .
L'installation peut aussi comporter un posttraitement de remise à l'équilibre physico-chimique de l'eau traitée par exemple un équilibre calco- carbonique.
Les effluents A et B peuvent aussi provenir de lieux différents par exemple pour l'un, d'une collecte d'eaux usées urbaines et pour l'autre, d'un site industriel.