La présente invention concerne la chirurgie dentaire, en particulier pour la mise en place de prothèses dentaires à des patients édentés. Dans ce domaine, on connaît déjà des dispositifs implantables à insertion axiale mis en place après une ostéotomie axiale peu traumatisante et qui présentent le principal 5 avantage de pouvoir être déposés par simple dévissage sans générer un traumatisme chirurgical disproportionné. Néanmoins, ces implants sont limités en longueur pour pouvoir offrir un ancrage mécanique suffisant à la reconstruction prothétique qu'ils doivent supporter, ce qui impose de devoir recourir, dans bon nombre de cas où le volume osseux est limité, à des greffes osseuses ou à des aménagements péri-implantaires. 10 On connaît également des dispositifs implantables à insertion latérale mis en place après une ostéotomie latérale et comprenant une portion de base orientée sensiblement perpendiculairement à une portion de tige, qui sont insérés par un mouvement de translation latéral à l'aide d'un poinçon et d'un maillet ou pour les plus récents à l'aide d'un porte-implant monté sur contre-angle réducteur. Néanmoins, ces 15 implants qui permettent de traiter nombre de situations où des implants axiaux n'auraient pu être utilisés sans greffe osseuse présentent le désavantage d'imposer une ostéotomie traumatisante lors de leur mise en place, à cause de la section nécessaire des corticales osseuses latérale et supérieure. De plus, ces implants impliquent une forte mutilation osseuse lors de leur dépose, notamment en raison de leur caractère monolithique, et ce 20 particulièrement si la tige supportant la connexion prothétique est endommagée. Le brevet US 4,789,337 décrit un dispositif chirurgical implantable, comportant un arbre, des disques de grands et petits diamètres pourvus de dents de scie à leur périphérie. L'extrémité supérieure de l'arbre est filetée pour permettre la fixation d'une pièce taraudée. 25 US 8,18,597 B2 décrit un implant à base élargie. US 2001/0027755 Al divulgue également un implant à insertion latérale. US 4,084,318 divulgue un implant dont la fixation s'effectue grâce à un insert introduit dans une cavité de section rectangulaire formée dans l'os de la mâchoire. L'implant se visse dans l'insert et un guide de forage peut être utilisé. 30 L'invention vise à perfectionner encore les dispositifs implantables de chirurgie dentaire et elle y parvient grâce à un dispositif de chirurgie dentaire, comportant : un premier implant dentaire, encore appelé implant latéral, un deuxième implant dentaire, encore appelé implant axial, les deux implants étant agencés pour coopérer mécaniquement afin de se fixer l'un sur l'autre, le dispositif étant caractérisé par le fait que le premier implant comporte un filetage externe et par le fait le deuxième implant est agencé pour se fixer dans un trou du premier implant, notamment un trou d'axe perpendiculaire à l'axe longitudinal du premier implant comme précisé plus loin. La connexion mécanique obtenue grâce à l'invention permet d'améliorer la rétention primaire de l'implant axial et renforce également son comportement mécanique à l'usage en augmentant considérablement la surface de contact os-implant par rapport à un implant axial court conventionnel. L'ancrage mécanique permet en outre de favoriser la stabilisation et la tenue de l'implant axial pendant la période de cicatrisation osseuse. Le filetage favorise la rétention de l'implant en augmentant la surface de contact entre l'os et l'implant. De plus, le filetage agit comme un taraud, contribuant à ajuster le lit receveur à la forme exact de l'implant et donc à maintenir l'implant bloqué. Ainsi, le filetage du premier implant est de préférence auto-taraudant. Il peut en être de même de celui du deuxième implant. Certaines portions du premier implant peuvent être lisses, notamment si elles sont destinées à traverser certaines cavités osseuses comme le sinus maxillaire. Ainsi, le premier implant peut présenter une portion externe lisse, notamment une portion occupant une même position axiale le long du corps du premier implant que le trou destiné à recevoir le deuxième implant. Le filetage du premier implant peut s'étendre en avant et en arrière de cette portion lisse. Le premier implant comporte de préférence un corps ayant un axe longitudinal et le trou agencé pour recevoir le deuxième implant est de préférence taraudé. Ce trou peut être cylindrique, conique ou cylindro-conique. L'angle entre l'axe du trou et l'axe longitudinal est avantageusement supérieur ou égal à 60°, mieux égal à 90°. Le deuxième implant comporte de préférence un filetage externe, de préférence autotaraudant, notamment ayant une portion d'extrémité agencée pour se visser dans le trou taraudé, de préférence une portion d'extrémité d'enveloppe cylindro-conique. Lors de l'insertion, chaque implant peut avoir un mouvement de rotation, la 30 mise en place et la connexion étant douces et atraumatiques. Le premier implant présente de préférence un indexage avec le porte implant utilisé pour sa mise en place, renseignant sur son orientation autour de son axe longitudinal. Par exemple, le porte-implant comporte un détrompeur qui coopère par complémentarité de formes avec le premier implant, et qui ne rend possible le montage du premier implant sur le porte-implant que dans une position angulaire prédéfinie Le porte-implant comporte un repère qui renseigne sur l'orientation du trou du premier implant. La tête de chaque implant comprend de préférence des moyens de connexion aptes à coopérer avec un mandrin et/ou aptes à coopérer avec un dispositif prothétique. Ainsi, les moyens de connexion peuvent être polygonaux, internes ou externes, filetés internes ou externes, ou toute autre forme pe mettant la rétention d'un dispositif prothétique. Le premier et/ou le deuxième implant comportent ainsi, de préférence, une tête 10 destinée à coopérer avec un porte-implant. Cette tête peut comporter un trou borgne, de préférence à six pans, et/ou une empreinte polygonale, notamment hexagonale, notamment à l'extérieur du trou borgne. L'invention a encore pour objet un kit chirurgical, comportant : un dispositif chirurgical selon l'invention, tel que défini ci-dessus, 15 un guide de pose comportant deux perçages d'axes correspondant à l'orientation à donner aux implants, avec de préférence un repère sur l'orientation à donner au trou du premier implant. L'invention permet d'utiliser les techniques de conception et fabrication assistée par ordinateur pour la fabrication du dispositif, ainsi que pour la fabrication de 20 guides chirurgicaux, avant la pose des implants, permettant la mise en place exacte et programmée des implants selon l'invention. D'autres buts et avantages de la présente invention apparaîtront au cours de la description qui suit, d'exemples de réalisation non limitatifs de l'invention, et à l'examen du dessin annexé, sur lequel : 25 - la figure 1 représente de façon schématique en perspective les deux implants d'un dispositif selon l'invention, avant assemblage, la figure 2 est une vue en perspective des implants assemblés, la figure 3 est une coupe axiale dans un plan médian de l'assemblage de la figure 2, 30 - la figure 4 est une vue de côté selon IV de la figure 3, - la figure 5 représente isolément une variante de réalisation du premier implant, - la figure 6 représente un exemple de guide chirurgical de pose des implants, - la figure 7 illustre un détail du guide de pose de la figure 6, et - la figure 8 illustre l'utilisation du guide chirurgical, vu en coupe selon VIII-VIII de la figure 6. Le dispositif implantable 1 représenté à la figure 1 comporte un premier implant 10 et un deuxième implant 20, agencés pour se fixer l'un sur l'autre. Le premier implant 10 présente un corps 11 allongé selon un axe X, pourvu d'un filetage extérieur 12 et d'un cône d'entrée 13 à une extrémité. L'implant 10 comporte à l'autre extrémité une tête 17 comportant une empreinte hexagonale 18 et un trou borgne 19, visible sur la figure 3, de forme adaptée au vissage, par exemple à section polygonale, notamment à six pans. Le premier implant 10 comporte également un trou 15, bordé par un lamage 16. Dans l'exemple illustré à la figure 1, le trou 15 est d'axe perpendiculaire et sécant à l'axe X. Le trou 15 est taraudé et peut présenter, comme visible notamment à la figure 3, une forme cylindrico-conique. Le deuxième implant 20 comporte un corps 21 allongé selon un axe Y et présentant un filetage extérieur 22 s'étendant sur pratiquement toute la longueur du corps dans l'exemple de la figure 1. Le corps 21 peut se rétrécir à son extrémité 24 d'introduction dans le trou 15 du premier implant 10. Le deuxième implant 20 comporte à l'extrémité opposée une tête 27, pourvue d'une empreinte hexagonale 28 et d'un trou borgne 29 d'axe Y et de forme adaptée au vissage, par exemple à six pans. Comme illustré sur la figure 5, le filetage 12 peut être interrompu sur une portion lisse 30 qui s'étend par exemple le long du lamage 16 bordant le trou 15. Une telle portion 30 est avantageuse si l'implant a vocation à traverser la cavité sinusienne par exemple.
Les trous borgnes à six pans 19 et 29 peuvent faciliter la préhension des implants 10 et 20 par un porte implant relié à un contre-angle réducteur ou monté sur une clé manuelle. Ces trous borgnes à six pans peuvent être filetés intérieurement, le cas échéant.
La face de la tête du premier implant 10 comporte de préférence, comme visible sur la figure 4, un repère angulaire 31, par exemple orienté parallèlement à l'axe du trou 15, qui permet de repérer précisément la position angulaire du trou 15 autour de l'axe X, de façon à permettre la bonne orientation de l'implant 10 par l'inteiniédiaire du porte implant en vue de la connexion de l'implant 20. En fonction du mode de connexion prothétique retenu, la tête de l'implant pourra être plus large, dans le prolongement ou légèrement en retrait du corps de l'implant. De préférence, comme illustré, la tête 17 ou 27 de l'implant 10 ou 20 est légèrement plus large que son corps, ce qui permet une stabilisation sur la corticale osseuse externe.
La tête de l'implant 10 peut être agencée pour recevoir un bouchon, non représenté, fermant le trou borgne, notamment une vis de couverture lorsque ce perçage est fileté intérieurement, ce qui est avantageux puisque l'implant est voué à rester enfoui sous la gencive. Le mode de mise en place préféré des implants 10 et 20 fait appel, comme illustré aux figures 6 à 8, à un guide chirurgical 40, de préférence stéréolithographique, obtenu après réalisation d'un guide d'imagerie, d'une acquisition radiographique volumique du patient et de ce guide d'imagerie et de la planification virtuelle de l'intervention chirurgicale. Ce guide pourra également être réalisé au laboratoire à l'aide d'analogues de la combinaison d'implants qui seront positionnés sur le modèle en fonction du meilleur axe prothétique possible pour l'implant axial et après avoir reporté sur ce dernier les données du niveau osseux sous-jacent obtenu par sondage clinique ou par examen radiographique volumétrique. Dans le cas de l'utilisation d'un guide chirurgical 40 stéréolithographique tel 25 qu'illustré sur les figures 6 à 8 ce dernier pourra être à appui muqueux, dentaire, osseux ou mixte entre ces trois composants. Idéalement, la zone latérale du guide répondant au site d'intervention sera à appui osseux et le reste pourra être à appui muqueux et/ou dentaire ou à appui osseux uniquement. 30 Le guide 40 comporte deux canons de forage 41 et 42 correspondant respectivement à l'implant latéral 10 et à l'implant axial 20, dont la position a été prédéterminée en fonction de la configuration du site osseux à traiter et de la position de la dent à remplacer.
Le trou 15 du premier implant 10 sera d'axe aussi proche que possible de la perpendiculaire à l'axe X, mais en pratique pourra avoir un angle qui sera le même que celui de l'axe du canon 42 du guide de perçage 40. Les forets relatifs aux deux implants ainsi que les portes-implants sont 5 avantageusement munis de butées 43 qui assurent un arrêt longitudinal déterminé et précis permettant de positionner longitudinalement le trou 15 destiné à recevoir ultérieurement le deuxième implant. On utilisera l'indexage 31 de la tête 17 du premier implant 10 de façon à pouvoir repérer sur le porte-implant lors du vissage la position angulaire du trou 15. 10 L'orientation idéale à donner au premier implant 10 peut être marquée sur le guide chirurgical 40 par un repère 44 à aligner avec le repère 31. Pour utiliser le dispositif 1 selon l'invention, les deux ostéotomies sont tout d'abord réalisées puis le premier implant 10 est inséré, par l'intermédiaire d'un porte-implant, jusqu'à venir en butée sur le guide 40 et l'indexage 31 aligné sur la marque 44. Le 15 deuxième implant 20 est alors inséré par l'intermédiaire d'un porte-implant jusqu'à venir en butée au terme de son vissage contre le premier implant 10. Apres avoir retiré les portes-implants, le guide chirurgical 40 est enlevé. Une mise en place à main levée est également possible, et fait appel, par exemple, à la séquence et aux instruments suivants: 20 un premier forage est réalisé pour repérer l'axe idéal de l'implant axial 20; un indicateur de direction spécifique est alors mis en place, il comporte sur sa partie latérale un guide de forage de façon à ce que l'implant à insertion latérale 10 soit positionné en fonction de l'axe souhaité pour l'implant axial 20; - le forage et la mise en place de l'implant latéral 10 sont réalisés et ce 25 dernier est positionné de façon à ce que le repère de son mode de connexion avec l'implant axial 20 soit orienté parallèlement à l'axe idéal de ce dernier; - un dispositif de forage est ensuite connecté à l'implant latéral 10 et permet la mise en place de l'implant axial 20 en fonction de la position de l'implant latéral 10. Il faut noter que dans tous les cas de mise en place, et si le retrait d'un ou des 30 implants s'avérait nécessaire, ceci est réalisé en utilisant les mêmes moyens en sens inverse sans traumatisme supplémentaire. Les implants 10 et 20 sont réalisés dans tout matériau biocompatible. Les implants 10 et 20 sont stériles lors de l'emploi.
Avantageusement, chaque implant est constitué d'une seule et unique pièce monobloc de titane pur ou allié usinée dans la masse sans rajout ni soudure. Dans une variante, chaque implant est fabriqué en céramique de zircone monobloc ou encore avec un corps de zircone surmonté d'une émergence en titane pur pour favoriser le vissage du dispositif prothétique. D'autres matériaux adéquats pourraient encore convenir. Avantageusement, le dispositif implantable est utilisé pour traiter nombre de situations cliniques où l'utilisation seule d'un implant axial n'est pas possible: - au niveau des secteurs maxillaires et mandibulaires postérieurs, en stabilisant un implant court axial à l'aide d'un implant latéral juxta-sinusien ou placé au- dessus du nerf alvéolaire inférieur, - au niveau des secteurs maxillaires postérieurs en cas de résorption extrême en permettant la stabilisation d'un implant axial grâce à un implant latéral inséré dans la paroi médiane du sinus maxillaire mis en place après refoulement de la muqueuse sinusienne, l5 au niveau de sites post-extractionnels en permettant la stabilisation d'un implant axial sans volume osseux au-delà de l'alvéole en tirant partie du volume osseux résiduel grâce à l'implant latéral, - dans le cas de crête osseuse fine où une fracture osseuse est recherchée, l'implant latéral procure un point d'appui stable à l'implant axial qui peut donc être placé 20 de façon concomitante à la fracture dirigée tout en servant de support à la reconstruction osseuse. Ces applications cliniques sont bien évidemment données à titre d'exemple et ne sont pas limitatives de l'invention.