Description
Titre : Revêtement barrière flexible résistant au rainurage et au pliage à base d’amidon fluidifié et de polyol
Domaine technique
[0001] L’invention relève du domaine des emballages alimentaires faits de papier ou de carton résistants aux corps gras.
Technique antérieure
[0002] La conservation des aliments, ou des plats préparés, entre le moment de leur préparation et le moment de leur consommation est faite en les plaçant dans des emballages en papier, en carton, en plastique ou en métal. Les emballages en plastique ou en métal sont parfaits pour conserver des aliments riches en eau aussi bien qu’en graisse, et ce sur de longues périodes. Ces emballages permettent aussi de conserver les aliments à l’abri de l’oxygène, car ils forment une barrière aux gaz.
[0003] Les emballages en papier ou en carton sont beaucoup moins appropriés à la conservation des aliments riches en eau ou en graisse, car ils ont une tendance naturelle à absorber l’eau par affinité chimique, et car la graisse et les gaz peuvent pénétrer dans le papier ou carton par migration ou diffusion. Les emballages sont alors détériorés physiquement, risquant d’être déchirés, si bien que les aliments risquent d’être mis en contact de l’oxygène et des contaminants situés à l’extérieur de l’emballage, et de se dégrader.
[0004] La surface des substrats cellulosiques tels que les papiers ou les cartons peut être recouverte d’une ou plusieurs couches de matières organiques et/ou minérales afin de changer les propriétés de surface desdits substrats. Lorsqu’une matière est étalée à la surface d’un substrat cellulosique pour former une couche ayant une perméabilité faible, voire nulle, à un ou plusieurs composés liquides ou gazeux, on dit que ladite matière étalée constitue une couche de revêtement barrière, ou plus simplement une couche barrière.
[0005] Pour remedier aux perméabilités du papier ou carton a l’eau, aux graisses et aux gaz, les papiers et cartons peuvent être recouverts soit d’une couche de plastique par lamination d’un film plastique à leur surface, soit d’une couche comprenant un polymère fluoré par enduction. La couche plastique joue le rôle de barrière physique, par occlusion complète des pores du papier ou carton, empêchant l’eau, la graisse et les gaz, par exemple l’oxygène, de pénétrer dans le papier ou carton. Le polymère fluoré est généralement dispersé en faible quantité, généralement de 5 à 10 % en poids, dans une composition d’enduction du papier ou carton pour former une couche de revêtement barrière généralement non occlusive comprenant ledit polymère réparti de manière homogène dans toute la couche. La couche comprenant un polymère fluoré joue le rôle de barrière chimique, en développant une énergie de surface très faible qui crée une répulsion pour tout liquide, eau comme graisse.
[0006] Aujourd’hui, des pressions écologiques et sanitaires poussent les fabricants d’emballages alimentaires à chercher à substituer les plastiques et les polymères fluorés par des produits non nocifs et renouvelables ou d’origine naturelle. De nombreuses solutions de substitution à base d’un composé non nocif, d’origine naturelle et renouvelable, à savoir l’amidon, sont connues dans l’état de l’art, mais ont été peu utilisées en raison de l’absence de barrière à l’eau, et de barrières à la graisse et à l’oxygène insuffisantes.
[0007] Le brevet EP3386745 de Cargill enseigne des compositions de revêtement barrière comprenant des amidons de masse moléculaire moyenne en poids allant de 25 000 Da à 1 000 00 Da et ayant une température de transition vitreuse inférieure ou égale à 120°C, pour former une couche barrière aux huiles minérales et aux gaz sur un substrat cellulosique, notamment le papier. Ce brevet divulgue également la possibilité d’ajouter un plastifiant, le glycérol et le sorbitol étant préférés, afin de donner de la flexibilité à la couche barrière en utilisation, sans précision quant à la nature de cette flexibilité ou à son utilité dans la fabrication ou l’utilisation du papier ou carton, et a fortiori sans divulguer le problème du rainurage ou du pliage du papier ou carton.
[0008] La demande de brevet WO2013/180643 de Johansson et al. propose d’utiliser des amidons réticulés avec un acide polycarboxylique et faiblement hydrolysés pour former une couche barrière à l’oxygène. Cette demande précise aussi que la couche barrière formée sur le support doit être suffisamment flexible pour résister aux transformations et manutentions postérieures à la fabrication dudit support, et indique que cet objectif est satisfait grâce à la réticulation de l’amidon. Cette demande présente les masses moléculaires moyennes en poids des amidons réticulés après hydrolyse des fonctions esters créées entre l’amidon et l’agent de réticulation. La gamme des masses moléculaires moyennes en poids de ces amidons réticulés va de 6 100 à 9 000 kDa. Cette demande ne divulgue pas d’amidons fluidifiés non réticulés dans cette gamme de masse moléculaire moyenne en poids.
[0009] La demande de brevet US2002/0142031 de Gilleland et al. divulgue une composition pour former des films barrière à la graisse et à l’oxygène flexibles, l’un des modes de réalisation de ladite composition comprenant un amidon hydroxyéthylé ou hydroxypropylé et ayant une masse moléculaire moyenne en poids allant de 100 kDa à 2 000 kDa, et un autre mode de réalisation de ladite composition comprenant un amidon cireux pouvant éventuellement avoir subi une réduction de sa masse moléculaire sans divulguer de gamme particulière de masse moléculaire moyenne en poids pour ces amidons cireux. L’exemple 18 présente des papiers couverts d’un film flexible fait d’amidon fluidifié hydroxyéthylé et de fructose qui peuvent être pliés en deux tout en conservant une excellente barrière à la graisse.
[0010] Le brevet US8017249 de Tate & Lyle divulgue des compositions de surfaçage de papier formant sur ledit papier une barrière à la graisse, ladite barrière étant testée avec le papier à plat et avec le papier rainuré. La composition de ce brevet comprend un amidon fluidifié non réticulé et modifié hydrophobe, l’amidon cireux octénylsuccinate étant le préféré. Ledit amidon fluidifié non réticulé possède entre 0,1 et 10 % en poids en substituant hydrophobe et présente une viscosité de 1000 mPa.s à 35°C pour une colle à une teneur en matière sèche
entre 15 et 30% en poids. La composition est exempte de proteines, sucres ou polyols de bas poids moléculaires ajoutés. Les papiers surfacés rainures ont des pourcentages d’échec au test de pénétration à l’huile « RP2 » plus élevés que les papiers surfacés testés à plat : les papiers rainures ont donc une résistance à la graisse plus faible que les papiers testés à plats. Le rainurage a donc détérioré la barrière à la graisse. Ce brevet ne propose donc pas de barrière à la graisse résistante au rainurage.
Problème technique
[0011] Pour des emballages en papier ou en carton destinés à contenir des aliments ne relarguant peu ou pas d’eau, mais relarguant de la graisse, et étant utilisés sur une durée correspondant environ à la durée de consommation de l’aliment, généralement qualifiés de « jetables » ou « à usage unique », les producteurs de papier ou carton ont besoin que leur papier ou carton conserve sa capacité à faire barrière aux corps gras, c’est-à-dire d’empêcher les corps gras de passer au travers du papier ou carton, suite à sa mise en forme et lors son utilisation. Il y a un besoin de former une couche de revêtement barrière sur le papier ou carton, qui soit flexible, voire qui soit résistante au rainurage et/ou pliage.
[0012] Généralement, les substrats cellulosiques servant de base pour la production des emballages de denrées alimentaires résistants à la graisse sont des matériaux fins, d’épaisseur inférieure ou égale à 5 mm, particulièrement inférieure ou égale à 1 mm, et flexibles, qui peuvent être pliés sans qu’une déchirure du papier ne survienne au niveau du pli. Pour devenir résistant à la graisse, ces substrats doivent subir une opération de « surfaçage » visant à constituer sur leur surface une couche d’un revêtement résistant à la graisse, c’est-à-dire présentant une perméabilité à la graisse significativement inférieure au substrat vierge, et dans la mesure du possible, étant flexible. Lorsque ce surfaçage est fait avec une composition à base d’amidon ou dérivés d’amidon, la flexibilité de l’ensemble constitué par le substrat cellulosique et la couche de revêtement barrière formée à la surface dudit substrat cellulosique a généralement pour point faible la flexibilité de ladite couche de revêtement barrière.
[0013] La flexibilité d’une couche de revetement barrière a la graisse est sa capacité à supporter des contraintes mécaniques en conservant sa résistance à la graisse. Il y a deux types de contraintes mécaniques que subissent les papiers ou les cartons d’emballage alimentaire : le pliage et le rainurage.
[0014] Le pliage consiste en le repli de l’emballage sur lui-même le long d’une direction généralement rectiligne, appelé pli. Le repli peut être caractérisé par l’angle parcouru par la face de papier repliée sur la face opposée, qui peut donc aller de 0°, c’est-à-dire aucun pliage, à 180°, c’est-à-dire un pliage avec mise en contact physique des deux faces de l’emballage. Le repli peut aussi être caractérisé par l’application, ou non, d’une force mécanique localisée au niveau de la zone de pliage afin de former un pli physiquement bien marqué, c’est-à-dire en formant un angle obtu ou aigu et non en formant une courbe. Le pliage à un angle de 180° avec application d’une force mécanique pour former le pli est la condition de pliage la plus extrême, qui permet de tester la limite maximale de la flexibilité de l’emballage papier ou carton, et qui est une opération appliquant des contraintes mécaniques sur l’emballage supérieures aux contraintes appliquées par rainurage.
[0015] Le rainurage des papiers ou cartons, généralement appelé « rainage », est une déformation localisée de la surface d’un papier ou carton pour y réaliser une rainure, c’est-à-dire une zone pliable. Cela consiste en l’application d’une force de translation dans une direction perpendiculaire à la surface du papier, sur une certaine longueur, à l’aide d’une pièce mécanique profilée convexe, généralement arrondie afin d’éviter une découpe du papier. Le papier ou carton est alors déplacé vers le bas au-dessous de la rainure, ce qui crée un renflement sur la face opposée à la face rainurée. Idéalement, le papier ou carton ne voient pas leur résistance décroître, et le pliage ultérieur à 90° ou 180° au niveau de la rainure doit être possible sans rupture dudit papier ou carton. La possibilité de rainurer un papier ou carton dépend à la fois de son grammage et de son épaisseur. Ainsi, il est généralement possible de rainurer des papiers ou cartons
d’un grammage supérieur ou égal a 170 g/m2 et/ou d’une épaisseur allant de 0,17 mm à 0,6 mm.
[0016] Les contraintes mécaniques subies par les substrats cellulosiques lors du pliage ou du rainurage provoquent une déformation de leur structure à l’échelle microscopique, peu ou pas visible à l’échelle macroscopique, c’est-à-dire à l’œil nu. Bien que le papier ou carton conserve son intégrité physique, les forces de compression, de torsion et d’élongation en jeu lors du pliage et du rainurage, créent des fragilités dans la structure du matériau cellulosique. Ces forces sont plus élevées lors du pliage que lors du rainurage, et sont en fait maximales dans le cas d’un pliage à 180° avec marquage du pli. Le rainurage est ainsi une opération plus douce que le pliage. Si une couche de revêtement barrière localisée à la surface d’un papier ou carton est suffisamment flexible pour résister au pliage, alors il sera généralement certain que cette couche pourra résister au rainurage.
[0017] La flexibilité, ou la résistance au rainurage et/ou pliage, signifie que le papier ou carton recouvert de la couche de revêtement barrière doit avoir une résistance à la pénétration des corps gras après rainurage ou pliage aussi bonne que ledit papier ou carton avant rainurage ou pliage.
Description des modes de réalisation
[0018] Un premier objet est une couche de revêtement barrière déposée sur un substrat cellulosique comprenant, préférentiellement étant constituée de :
- un amidon fluidifié non réticulé ayant une masse moléculaire moyenne en poids supérieure ou égale à 3 000 kDa, préférentiellement choisi parmi les amidons cireux fluidifiés non réticulés, les dextrines blanches, les dextrines blanches issues d’amidon cireux,
- un polyol choisi parmi le sorbitol, le xylitol, le maltitol, ou le glycérol préférentiellement parmi le sorbitol, le xylitol, le maltitol, préférentiellement le sorbitol, la masse dudit polyol présent dans ladite couche de revêtement barrière étant
egale a de 1 a 60 % de la masse dudit amidon fluidifie non reticule, préférentiellement de 3 à 30%, et plus préférentiellement de 5 à 13%.
[0019] Un second objet est une composition de revêtement barrière comprenant, préférentiellement étant constituée de :
- un amidon fluidifié non réticulé ayant une masse moléculaire moyenne en poids supérieure ou égale à 3 000 kDa, préférentiellement choisi parmi les amidons cireux fluidifiés non réticulés, les dextrines blanches, les dextrines blanches issues d’amidon cireux,
- un polyol choisi parmi le sorbitol, le xylitol, le maltitol, ou le glycérol préférentiellement parmi le sorbitol, le xylitol, le maltitol, préférentiellement le sorbitol,
- de l’eau, et la masse dudit polyol présent dans ladite composition de revêtement barrière étant égale à de 1 à 60 % de la masse dudit amidon fluidifié non réticulé, préférentiellement de 3 à 30%, et plus préférentiellement de 5 à 13%.
[0020] Un troisième objet est l’utilisation d’une couche de revêtement barrière selon le premier objet de la présente demande, sur un papier ou un carton, ladite couche de revêtement barrière étant flexible, préférentiellement étant résistante au rainurage et/ou au pliage.
[0021] Couche de revêtement barrière
[0022] Par « couche de revêtement », la demanderesse entend une couche recouvrant la surface d’un support ou substrat cellulosique, autrement dit localisée sur la surface dudit support ou substrat, et non dans ledit support ou substrat.
[0023] Par « barrière aux corps gras » ou « barrière à la graisse », la demanderesse entend la propriété de la couche de revêtement barrière d’être peu perméable, voire d’être imperméable, aux composés gras solides ou liquides, préférentiellement aux composés gras liquides à des températures supérieures ou égales à 20°C, ces derniers composés gras pouvant être solides à des températures inférieures à 20°C. Ces composés peuvent être organiques et
d’origine naturelle, tels que la graisse animale et les huiles végétales, ou etre organique et d’origine synthétique tels que les huiles minérales.
[0024] Selon un mode de réalisation, la couche de revêtement barrière est résistante aux graisses animales et aux graisses végétales, préférentiellement aux graisses végétales, et plus préférentiellement aux huiles végétales. Cette résistance est caractérisée par un temps de transpercement desdites graisses selon le test ASTM F119-82, supérieur ou égal à 15 minutes, préférentiellement supérieur ou égal à 20 minutes, préférentiellement supérieur ou égal à 25 minutes, préférentiellement supérieur ou égal à 30 minutes, préférentiellement supérieur ou égal à 35 minutes, et tout préférentiellement supérieur ou égal à 40 minutes.
[0025] Par « barrière aux gaz », la demanderesse entend la propriété de la couche de revêtement barrière d’être faiblement, ou pas du tout, perméable aux vapeurs de composés organiques, à l’air, ou aux gaz tels que le dioxygène, le dioxyde de carbone ou l’azote. Selon un mode de réalisation, la couche de revêtement barrière objet de la présente demande est caractérisée par un taux de transfert à l’oxygène inférieur ou égal à 10 centimètre-cubes par mètre-carré par jour sous une pression de 1 bar (noté cm3/m2.jour.1bar), préférentiellement inférieur ou égal à 5 cm3/m2.jour.1bar, plus préférentiellement inférieur ou égal à 1 cm3/m2.jour.1 bar, et tout préférentiellement inférieur ou égal à 0,1 cm3/m2.jour.1bar. Le taux de transfert en oxygène peut être déterminé par la méthode ASTM-D3985-17.
[0026] Selon un mode de réalisation, la couche de revêtement barrière objet de la présente demande est caractérisée par une résistance à la graisse d’au moins 15 minutes selon le test ASTM F119-82 adapté et par une résistance à l’oxygène inférieure ou égal à 10 cm3/m2.jour.1 bar selon le test ASTM-F1927.
[0027] La couche de revêtement barrière a une épaisseur inférieure ou égale à 7 microns, préférentiellement inférieure ou égale à 5 microns, plus préférentiellement inférieure ou égale à 3 microns, et tout préférentiellement inférieure ou égale à 1 ,5 microns. De plus, la couche de revêtement barrière a une
épaisseur supérieure ou égalé a 0,5 micron, preferentiellement supérieure ou égale à 1 micron.
[0028] Support, ou substrat, cellulosique
[0029] Par support cellulosique ou substrat cellulosique, on entend un matériau plat composé de fibres de cellulose vierges ou recyclées collées entre elles, par exemple par une colle à base d’amidon cationique. Ce support peut avoir un grammage allant de 10 g/m2 à 600 g/m2, préférentiellement de 15 g/m2 à 500 g/m2, préférentiellement de 20 g/m2 à 400 g/m2, préférentiellement de 25 g/m2 à 300 g/m2, et tout préférentiellement de 30 g/m2 à 200 g/m2. Cela peut être une feuille de papier ou de carton. Le substrat cellulosique peut être un papier kraft.
[0030] Selon un mode de réalisation, le support cellulosique est un papier ou un carton directement issu de la partie humide du procédé de fabrication du papier ou carton, ou issu de la partie humide et ayant subi des traitements uniquement mécaniques en vue de changer son état de surface. Le papier ou carton selon ce mode de réalisation n’a pas été traité par une opération de surfaçage ou de couchage. Son état de surface peut être qualifié de « vierge ». Le papier ou carton présente une porosité Bendtsen inférieure ou égale à 700 mL/min, préférentiellement inférieure ou égale à 600 mL/min, préférentiellement inférieure ou égale à 500 mL/min, préférentiellement inférieure ou égale à 400 mL/min, préférentiellement inférieure ou égale à 300 mL/min, préférentiellement inférieure ou égale à 200 mL/min, préférentiellement inférieure ou égale à 100 mL/min, et tout préférentiellement inférieure ou égale à 50 mL/min.
[0031] Selon un mode de réalisation, le support cellulosique est un papier vierge ayant :
- un grammage allant de 10 à 120 g/m2, préférentiellement de 15 g/m2 à 110 g/m2, préférentiellement de 20 g/m2 à 100 g/m2, et tout préférentiellement de 25 g/m2 à 90 g/m2,
- et une porosité Bendtsen inférieure ou égale à 200 mL/min, préférentiellement inférieure ou égale à 100 mL/min, inférieure ou égale à 75 mL/min, et tout préférentiellement inférieure ou égale à 50 mL/min.
[0032] Selon un mode de realisation, le support cellulosique est un carton vierge ayant :
- un grammage allant de 200 à 500 g/m2, préférentiellement de 200 à 400 g/m2, préférentiellement de 200 à 350 g/m2,
- et une porosité Bendtsen inférieure ou égale à 200 mL/min, préférentiellement inférieure ou égale à 100 mL/min, inférieure ou égale à 75 mL/min, et tout préférentiellement inférieure ou égale à 50 mL/min.
[0033] Dépose de la composition de revêtement
[0034] La couche de revêtement barrière peut être déposée sur le support cellulosique par toute technique connue de surfaçage, tels que la presse encolleuse (en anglais le « size-press »), la presse à film (en anglais le « film- press »), ou le couchage rideau (en anglais le « curtain coating »).
[0035] Selon un mode de réalisation, la couche de revêtement barrière déposée sur le support cellulosique a un poids surfacique moyen inférieur ou égal à 15 grammes par mètre carré dudit substrat cellulosique, noté g/m2, préférentiellement inférieur ou égal à 10 g/m2, plus préférentiellement inférieur ou égal à 5 g/m2, encore plus préférentiellement inférieur à 5 g/m2.
[0036] Selon un autre mode de réalisation, la couche de revêtement barrière déposée sur le support cellulosique a un poids surfacique moyen allant de 0,5 à 5 grammes par mètre carré dudit substrat cellulosique, préférentiellement de 1 à 4,5 g/m2, plus préférentiellement de 2 à 4 g/m2, et tout préférentiellement de 2,5 à 3,5 g/m2.
[0037] Résistance au rainurage et/ou au pliage
[0038] Par « résistante au rainurage et/ou pliage », la Demanderesse entend une couche de revêtement barrière capable de résister aux opérations de rainurage, aussi appelé rainage, et/ou de pliage requises pour la mise en forme du substrat cellulosique, par exemple le pliage d’un carton pour en faire une boîte, ou lors de son utilisation alimentaire, ou lors de l’emballage d’une denrée alimentaire dans du papier par façonnage à la main pour que ledit papier soit en contact avec ladite
denree. C’est-a-dire qui conserve des perméabilités aux corps gras et/ou aux gaz après que le papier recouvert de la couche de revêtement barrière ait été rainuré ou plié, égales à, ou proches, des perméabilités avant rainurage ou pliage. La couche de revêtement barrière objet de la présente demande est caractérisée par une résistance à la graisse après pliage à 180° avec marquage du pli, c’est-à-dire par un temps de transpercement de ladite graisse selon le test ASTM F119-82 après pliage à 180° avec marquage du pli, supérieur ou égal à 15 minutes, préférentiellement supérieur ou égal à 20 minutes, préférentiellement supérieur ou égal à 25 minutes, préférentiellement supérieur ou égal à 30 minutes, préférentiellement supérieur ou égal à 35 minutes, et tout préférentiellement supérieur ou égal à 40 minutes.
[0039] La résistance de la couche de revêtement barrière au rainurage peut être évaluée en comparant la perméabilité aux corps gras et les porosités Gurley ou Bendtsen avant et après une opération de rainurage, par exemple sur un appareil « mini standard » de « CreaseStream », d’un papier enduit d’une couche de revêtement barrière.
[0040] La résistance de la couche de revêtement barrière au pliage peut être évaluée en comparant la perméabilité aux corps gras avant et après une opération de pliage, préférentiellement une opération de pliage à 180° avec marquage du pli, afin d’en exprimer la variation relative : 100 x [(temps de transpercement après pliage) - (temps de transpercement avant pliage)] / (temps de transpercement avant pliage). Ainsi la couche de revêtement barrière résistante à la graisse objet de la demande est caractérisée par une variation relative du temps de transpercement mesuré selon le test ASTM F119-82 supérieure ou égale à -30%, préférentiellement supérieure ou égale -25%, préférentiellement supérieure ou égale à -20%, préférentiellement supérieure ou égale à -15%, préférentiellement supérieure ou égale à -10%, et tout préférentiellement supérieure ou égale à -5%.
[0041] Utilisation alimentaire
[0042] La couche de revêtement barrière objet de la présente demande est utile lorsqu’elle est formée sur des papiers ou cartons d’emballage, préférentiellement
sur des papiers ou cartons d’emballage alimentaire primaire, preferentiellement sur des papiers ou cartons d’emballage d’aliments ou de plats préparés. Ces aliments peuvent être solides, liquides ou pâteux, préférentiellement solides ou pâteux, et tout préférentiellement solides. Des exemples d’aliments solides sont les sandwichs, les hamburgers, les frites, les pommes de terre cuites ou rissolées, les salades de légumes, les salades composées, les biscuits, les gâteaux, les pâtisseries, les confiseries, les pains, les viandes, les charcuteries, les pâtés, les salaisons.
[0043] Les papiers d’emballage alimentaire sont généralement façonnés à la main par le commerçant pour emballer l’aliment selon une forme qui épouse la forme dudit aliment. Les cartons d’emballage alimentaire sont généralement préalablement mis en forme lors de leur production, afin d’offrir un volume supérieur au volume de l’aliment destiné à y être placé.
[0044] Les papiers d’emballage alimentaire avec une couche de revêtement barrière à la graisse selon l’objet de la présente demande peuvent être des papiers pour la cuisson des pâtisseries (ce qui correspond au terme anglophone « baking papers ») sous forme d’un film plat ou sous forme d’un moule, des papiers d’emballage de pâtisseries et de confiseries, des papiers d’emballage de viandes, charcuteries et salaisons, des papiers intercalaires pour les viandes, charcuteries et salaisons, des papiers d’emballage de sandwich ou de plats à emporter.
[0045] Les cartons d’emballage alimentaire avec une couche de revêtement barrière à la graisse selon l’objet de la présente demande peuvent être mis en forme de boîtes telles que les boîtes de repas à emporter, boîtes à sushis, boîtes à salades, boîtes à hamburger et à frites, boîtes à pizza, boîtes à pâtisseries.
[0046] Lorsque la couche de revêtement barrière est déposée sur un papier d’emballage alimentaire, par exemple un papier d’emballage de hamburger ou un carton d’emballage de frites, ladite couche de revêtement barrière doit persister, et ce même lorsque l’emballage est plié suite à sa mise en forme et durant sa manipulation par le consommateur. Idéalement, cette persistance doit être au
moins egale a la duree d’utilisation par le consommateur, par exemple a la duree requise pour consommer l’aliment.
[0047] Base botanique de l’amidon
[0048] L’amidon fluidifié non réticulé utile à la couche de revêtement barrière objet de la présente demande peut être obtenu par fluidification d’un amidon natif choisi parmi les amidons de céréales, de légumineuses ou de tubercules. Ainsi l’amidon peut être choisi parmi les amidons de blé, de maïs, de pomme de terre, de pois, de tapioca, de fève. Préférentiellement, l’amidon est un amidon de maïs.
[0049] Il peut également être obtenu par fluidification d’un amidon choisi parmi les variétés riches en amylopectine desdits amidons, également appelés « amidon cireux », issues de variétés naturellement riches en amylopectine, ou sélectionnées, hybridées, modifiées génétiquement pour être riche en amylopectine. Par « riche en amylopectine » ou « cireux », on entend un amidon contenant au moins 80 % en poids en amylopectine, préférentiellement au moins 85%, plus préférentiellement au moins 90%, plus préférentiellement au moins 95%, et tout préférentiellement au moins 99%. Préférentiellement, l’amidon est un amidon de maïs riche en amylopectine.
[0050] Amidon fluidifié non réticulé
[0051] Par « amidon fluidifié », la Demanderesse entend un amidon ayant subi une opération d’hydrolyse, c’est-à-dire une opération visant à réduire sa masse moléculaire moyenne, ce qui permet une réduction de la viscosité des colles préparées avec ledit amidon fluidifié. La stabilité de la viscosité aux variations de température, notamment refroidissement, est concomitamment améliorée. Les techniques de préparation de tels amidons fluidifiés bien connues sont les traitements chimiques tels que l’oxydation et les traitements acides, les traitements enzymatiques, et les traitements hydrolytiques de dextrinification et plus largement de pyroconversion.
[0052] Par « non reticule », on entend que l’amidon n’a pas subi de réticulation avec quelque agent de réticulation que ce soit, c’est-à-dire qu’il n’a pas subi de réaction conduisant à une augmentation de son poids moléculaire.
[0053] Selon un mode de réalisation, l’amidon fluidifié est un amidon fluidifié par traitement chimique. Les traitements chimiques consistent généralement à soumettre un amidon à l’action hydrolysante d’un agent chimique à une température généralement inférieure à 100°C. L’agent chimique est un composé acide, oxydant ou peroxydant, et peut être mis en œuvre sous forme liquide, solide et/ou gazeuse. Ces traitements chimiques peuvent être conduits sur un amidon en suspension dans de l’eau, dans une solution aqueuse de sels tels que le sulfate de sodium ou le sulfate de calcium, ou dans une solution hydroalcoolique, pour limiter le gonflement ou l’éclatement des granules d’amidon. Ladite suspension présente une matière sèche inférieure ou égale à 35-40 % en poids, habituellement située aux environs de 10 à 20% en poids. Les traitements chimiques peuvent aussi être conduits sur un amidon sec présentant une humidité en pratique inférieure à 25 % en poids, se situant souvent entre 8 et 22 % en poids.
[0054] Selon un autre mode de réalisation, l’amidon fluidifié est un amidon fluidifié par traitement enzymatique. Les traitements enzymatiques sont réalisés avec des enzymes, des cocktails enzymatiques ou des microorganismes sur un amidon en suspension aqueuse, sur un amidon gélatinisé ou sur un amidon en phase colle.
[0055] Selon un mode de réalisation, l’amidon fluidifié est une dextrine blanche obtenue par traitement hydrolytique de dextrinification sur un amidon natif. Les traitements hydrolytiques de dextrinification, et plus largement de pyroconversion, consistent en l’action d’un composé acide sur un amidon sous forme sèche et à des températures élevées, se situant généralement entre 120°C et 170°C, à très élevées, pouvant dépassées les 180°C-200°C. L’amidon est souvent préacidifié et préséché avant d’être soumis à la température de traitement, et présente une humidité au plus égale à 5 % en poids pendant le traitement. De tels traitements
de pyroconversion donnent des amidons fluidifies appelés dextrines blanches ou dextrines jaunes (ces dernières étant aussi appelées "british gums") qui sont particulièrement secs, pulvérulents et hygroscopiques dont la solubilité à froid est élevée, voire totale, en tous cas très significativement augmentée par rapport à la solubilité à froid de l’amidon de départ.
[0056] Préférentiellement, l’amidon fluidifié non réticulé est une dextrine blanche, plus préférentiellement une dextrine blanche d’amidon cireux, et tout préférentiellement une dextrine blanche d’amidon de maïs cireux.
[0057] Amidon fluidifié modifié hydrophobe
[0058] Selon un mode de réalisation de l’amidon fluidifié non réticulé, ledit amidon fluidifié non réticulé est aussi un amidon modifié alkylsuccinate, préférentiellement un amidon modifié alcénylsuccinate, tout préférentiellement un amidon modifié octénylsuccinate. Un tel amidon est modifié par un substituant hydrophobe fixé sur ledit amidon à une quantité allant de 0,1 % à 10 % en poids par rapport au poids d’amidon modifié. La substitution par un substituant hydrophobe consiste en l’estérification des hydroxyles libres de l’amidon avec une ou plusieurs molécules hydrophobes. Le substituant hydrophobe peut aussi être une molécule comportant une partie hydrophile et une partie hydrophobe, dont l’hydrophobicité est supérieure à l’hydrophilicité.
[0059] Selon un mode de réalisation, le substituant hydrophobe est un alcénylsuccinate, préférentiellement un alcénylsuccinate ayant de 2 à 12 atomes de carbone, et plus préférentiellement un alcénylsuccinate ayant de 6 à 10 atomes de carbones, et tout préférentiellement un alcénylsuccinate ayant 8 atomes de carbones.
[0060] Préférentiellement, le substituant hydrophobe est l’octénylsuccinate, qui peut être fixé sur l’amidon par estérification entre l’anhydride octényl succinique et les hydroxyles de l’amidon, avant ou après la fluidification, préférentiellement après la fluidification. L’amidon fluidifié non réticulé modifié octénylsuccinate comprend une quantité de groupement hydrophobe allant de 0,1 à 10 % en poids,
preferentiellement de 1 a 4%, et tout preferentiellement de 1 ,5 a 3% en poids, par rapport au poids d’amidon modifié. La quantité de groupements octénylsuccinate fixée sur l’amidon modifié est déterminée par chromatographie en phase gazeuse sur un échantillon d’amidon modifié dérivatisé sous forme méthyle et avec un étalonnage interne. La colonne de chromatographie est une colonne capillaire DB1 de J&W Scientific ou équivalente. La dérivatisation de l’amidon sous forme méthyle est faite par transestérification au méthanol chlorhydrique puis extraction au chloroforme. L’étalon interne est le laurate de méthyle. La quantité de groupements octénylsuccinate fixée sur l’amidon est alors exprimée en pourcentage en poids par rapport à la masse brute d’échantillon d’amidon.
[0061] Plus préférentiellement, l’amidon fluidifié non réticulé modifié octénylsuccinate est obtenu par traitement d’un amidon cireux, encore plus préférentiellement par traitement d’un amidon de maïs cireux.
[0062] Poids moléculaire moyen en masse
[0063] L’amidon fluidifié non réticulé utile à la couche de revêtement barrière objet de la présente demande a une masse moléculaire moyenne en poids, notée Mw, supérieure ou égale à 3 000 kDa, préférentiellement supérieure ou égale à 4 000 kDa, plus préférentiellement supérieure ou égale à 5 000 kDa, encore plus préférentiellement supérieure ou égale à 6 000 kDa, et tout préférentiellement supérieure ou égale à 7 000 kDa.
[0064] Selon un mode de réalisation, l’amidon fluidifié non réticulé a de plus une masse moléculaire moyenne en poids inférieure ou égale à 25 000 kDa, préférentiellement inférieure ou égale à 20 000 kDa, plus préférentiellement inférieure ou égale à 15 000 kDa, encore plus préférentiellement inférieure ou égale à 12 500 kDa, et tout préférentiellement inférieure ou égale à 10 000 kDa.
[0065] Selon un mode de réalisation, l’amidon fluidifié non réticulé a une masse moléculaire moyenne en poids allant de 3 000 kDa à 25 000 kDa, préférentiellement de 4 000 kDa à 20 000 kDa, plus préférentiellement de 5 000
kDa a 15 000 kDa, encore plus preferentiellement de 6 000 kDa a 12 500 kDa, et tout préférentiellement de 7 000 kDa à 10 000 kDa.
[0066] La couche de revêtement barrière objet de la présente demande allie la résistance à la graisse et la résistance au pliage et au rainurage grâce à la combinaison d’un amidon fluidifié non réticulé de poids moléculaire moyen en poids sélectionné et d’un polyol présent à une teneur massique sélectionnée par rapport à la masse dudit amidon fluidifié non réticulé. Sans que cela signifie que ces deux caractéristiques sont indépendantes l’une de l’autre, les effets de l’une des caractéristiques sur les propriétés de la couche de revêtement barrière, en maintenant l’autre caractéristique à une valeur fixe ou dans la gamme objet de l’invention, peuvent être décrits pour expliquer le choix des gammes des paramètres liées à ces caractéristiques. Ainsi, pour une teneur en polyol dans ladite couche de revêtement barrière utile à la couche de revêtement barrière objet de la présente demande, il apparait nécessaire que l’amidon fluidifié non réticulé ai un poids moléculaire moyen en poids dans une gamme sélectionnée définie par une borne inférieure et une borne supérieure.
[0067] La borne inférieure de la gamme de poids moléculaire moyen en poids de l’amidon fluidifié non réticulé peut aller de 3 000 kDa à 7 000 kDa, préférentiellement être égale à 3 000 kDa, plus préférentiellement à 4 000 kDa, plus préférentiellement à 5 000 kDa, plus préférentiellement à 6 000 kDa, et tout préférentiellement à 7 000 kDa. Cette valeur de la borne inférieure semble correspondre à la valeur de poids moléculaire moyen en poids en dessous de laquelle la composition de revêtement barrière a une viscosité suffisamment faible pour pénétrer dans le substrat cellulosique, papier ou carton, et y est ainsi dispersée si bien qu’une partie de ladite composition ne peut contribuer à la formation d’une couche de revêtement barrière à la surface du substrat cellulosique, et donc que la partie restante de ladite composition n’ayant pas pénétré le substrat cellulosique, n’est pas présente en quantité suffisante pour former une couche de revêtement barrière efficace.
[0068] La borne supérieure de la gamme de poids moléculaire moyen en poids de l’amidon fluidifié non réticulé peut aller de 25 000 kDa à 10 000 kDa, et préférentiellement être égale à 25 000 kDa, plus préférentiellement à 20 000 kDa, plus préférentiellement à 15 000 kDa, plus préférentiellement à 12 500 kDa. Cette borne semble correspondre à la valeur de poids moléculaire moyen en poids au- dessus de laquelle l’amidon fluidifié non réticulé forme une couche de revêtement barrière cassante, c’est-à-dire non flexible, ou du moins insuffisamment flexible pour résister au pliage et au rainurage. En-dessous de cette valeur de poids moléculaire moyen en poids, l’amidon fluidifié réticulé, associé à un polyol en un teneur selon l’objet de la demande, permet la formation d’une couche de revêtement barrière flexible, qui résiste au pliage, notamment au pliage à 180° avec marquage du pli, et au rainurage.
[0069] Par exemple, lorsque la couche de revêtement barrière comprend un polyol à une teneur dans la gamme allant de 5 % à 13 % en poids par rapport au poids d’amidon fluidifié non réticulé :
- et contient un amidon hydrolysé enzymatiquement modifié octénylsuccinate fluidifié non réticulé de poids moléculaire inférieur à 3 000 kDa, comme le Cleargum® CO 01 (commercialisé par la demanderesse) ayant un poids Mw de 590 kDa, une couche de revêtement barrière formée sur un papier fermé avec une dépose allant de 1 à 2,5 g/m2, présente des temps de transpercement d’une huile végétale d’environ 5 minutes. Le pliage à 180° avec marquage du pli ne diminue pas ces temps de transpercement. Cette couche de revêtement barrière est donc flexible, mais insuffisante pour une utilisation en emballage alimentaire car le temps de transpercement est trop court.
- ou comprend un amidon modifié octénylsuccinate fluidifié non réticulé de Mw de 3 900 kDa ou 11 000 kDa, comme avec les Stabilys® BA 23 et BA 25 (commercialisés par la demanderesse) respectivement, une couche de revêtement barrière formée sur un papier fermé avec une dépose de 2,5 g/m2 +/- 0,25 g/m2, présente des temps de transpercement supérieurs à 20 minutes, atteignant même 48 minutes. Ces temps de transpercement sont quasiment inchangés suite au pliage à 180° avec marquage du pli. Cette couche de
revetement barrière est donc flexible, et suffisamment résistante a la graisse pour pouvoir être utilisée dans des papiers ou cartons d’emballage alimentaire.
- ou comprend un amidon modifié octénylsuccinate fluidifié non réticulé de Mw égal à 19 000 kDa, une couche de revêtement barrière à la graisse suffisamment élevée et flexible peut être formée sur un équipement de laboratoire comme démontré dans les exemples à une dépose de 2,5 g/m2 +/-0,25 g/m2 ; cependant la mise en œuvre d’une composition de revêtement barrière avec un tel amidon et de telles teneurs en polyol n’est pas possible sur une machine de taille industrielle, pour au moins une des deux raisons suivantes. Une première raison est une viscosité de ladite composition trop élevée pour être correctement appliquée sur le papier par toute technique de surfaçage. Une seconde raison est une teneur en eau trop élevée dans ladite composition, due à la dilution de ladite composition pour atteindre une viscosité adaptée à la machine industrielle, dépassant alors les capacités d’évaporation d’eau généralement disponibles.
[0070] La masse moléculaire moyenne en poids de l’amidon fluidifié non réticulé est déterminée à l’aide d’une chromatographie d’exclusion stérique de type HPSEC-MALLS (High Performance Size Exclusion Chromatography coupled online with Multiple Angle Laser Light Scattering). Elle est exprimée en kilodaltons, noté kDa.
[0071] On peut mesurer cette masse par chromatographie d’exclusion stérique, selon le protocole suivant :
[0072] 1- Préparation d’un échantillon par solubilisation de l’amidon fluidifié non réticulé, en chauffant à 120°C pendant 180 min dans un solvant de dilution constitué d’un mélange DMSO / NaNO3 (0,1 M de NaNO3 dans le DMSO), ledit échantillon pouvant présenter une concentration allant de 1 à 4 mg d’amidon par mL de solvant de dilution, cet échantillon étant obligatoirement filtré sur filtre PTFE 1 pm ;
[0073] 2- Utilisation d’un appareil de chromatographie liquide à haute performance (CLHP) équipé d’une pompe, fonctionnant en mode isocratique, faisant circuler un solvant d’élution à 0,5mL/mn, d’un réfractomètre, d’un détecteur
laser multiple angle light scattering de 18 angles chauffe a 20°C, par exemple un détecteur DAWN de la société Wyatt, et d’un four de thermostatisation des colonnes chauffé à 40°C, par exemple équipé de trois colonnes de polyhydroxyméthacrylate de type SUPREMA du fabricant « Polymer Standard Service », montées en série dans l’ordre suivant :
- 1ère colonne (colonne connectée à l’injecteur) : colonne GPC/SEC Suprema 8x300 mm, taille de particule 10 pm, porosité 10 000 A, masse molaire 1 000 - 10 000 000 Da,
- 2ème colonne : colonne GPC/SEC Suprema 8x300 mm, taille de particule 10 pm, porosité 3 000 A, masse molaire 1 000 - 3 000 000 Da,
- 3ème colonne (colonne connectée au détecteur) : colonne GPC/SEC Suprema 8x300 mm, taille de particule 3 pm, porosité 1 000 A, masse molaire 100 - 1 000 000 Da, et dont le solvant d’élution est par exemple une solution aqueuse de nitrate de sodium à 0,1 M, contenant 0,02 % en masse d’azide de sodium ;
[0074] 3- Injection dans l’appareil d’un volume d’échantillon d’environ 100pL et auparavant filtré sur filtre 1 pm PTFE.
[0075] 4- Les masses moléculaires moyennes en poids peuvent être déterminées à partir des spectres obtenus, par exemple en retraitant les spectres en exponentiel 1er ordre, à l’aide du logiciel d’analyse de type ASTRA v.8
[0076] Polyol
[0077] Le polyol utile à l’objet de la présente invention est choisi parmi le sorbitol, le xylitol, le maltitol, ou le glycérol, préférentiellement parmi le sorbitol, le xylitol, ou le maltitol, et plus préférentiellement est le sorbitol.
[0078] Le masse de polyol présente dans la couche de revêtement barrière est égale à de 1 à 60 % de la masse d’amidon fluidifié non réticulé présent dans ladite couche de revêtement barrière, préférentiellement de 3 à 30 %, préférentiellement de 4 à 20 %, plus préférentiellement de 5 à 13 %.
[0079] La couche de revetement barrière objet de la présente demande allie la résistance à la graisse et la résistance au pliage et au rainurage grâce à la combinaison d’un amidon fluidifié non réticulé de poids moléculaire moyen en poids sélectionné et d’un polyol présent à une teneur massique sélectionnée par rapport à la masse dudit amidon fluidifié non réticulé. Sans que cela signifie que ces deux caractéristiques sont indépendantes l’une de l’autre, les effets de l’une des caractéristiques sur les propriétés de la couche de revêtement barrière, en maintenant l’autre caractéristique à une valeur fixe ou dans la gamme objet de l’invention, peuvent être décrits pour expliquer le choix des gammes des paramètres liées à ces caractéristiques. Ainsi, pour des amidons fluidifiés non réticulés dans la gamme de poids moléculaire moyen en poids utile à la couche de revêtement barrière objet de la présente demande, il apparait nécessaire que la teneur en polyol dans ladite couche de revêtement barrière soit dans une gamme sélectionnée.
[0080] La borne inférieure de cette gamme peut aller de 1 à 5 % de polyol en poids par rapport au poids d’amidon fluidifié non réticulé, préférentiellement être de 3%, plus préférentiellement être égale à 4%, et tout préférentiellement à 5%. Cette borne inférieure semble correspondre à la teneur minimale en polyol requise pour que ce dernier apporte un effet plastifiant à la couche de revêtement barrière, et ainsi lui donne une flexibilité suffisante pour résister au pliage et au rainurage.
[0081] La borne supérieure de la gamme de la teneur en polyol dans la couche de revêtement peut aller de 13 à 30% de polyol en poids par rapport au poids d’amidon fluidifié non réticulé, préférentiellement être égale à 20%, et tout préférentiellement à 13%. Cette borne supérieure semble correspondre à la teneur maximale en polyol que la couche de revêtement barrière peut comprendre au- delà de laquelle l’équilibre entre l’amidon fluidifié non réticulé et le polyol est rompu. Au-delà de cette borne, il semble que la couche de revêtement barrière ne puisse plus être formée correctement à la surface du papier ou carton car une partie non négligeable de la composition de revêtement barrière pénètre dans le substrat cellulosique et y est alors dispersée, ce qui diminue la quantité de
composition de revetement barrière effectivement disponible pour former une couche de revêtement barrière efficace à la surface dudit substrat cellulosique.
[0082] Par exemple, lorsque la couche de revêtement barrière comprend un amidon fluidifié modifié hydrophobe, préférentiellement modifié octénylsuccinate, non réticulé ayant une masse moléculaire moyenne en poids allant de 3 000 kDa à 25 000 kDa :
- et ne contient pas ou très peu, c’est-à-dire moins de 1 % de polyol en poids par rapport au poids d’amidon fluidifié non réticulé, celle-ci n’est pas assez flexible pour résister à un pliage à 180° avec marquage du pli. Une telle couche de revêtement barrière peut présenter une résistance à la graisse suffisamment significative pour envisager une utilisation alimentaire dans des conditions où elle ne serait jamais pliée ou rainurée, dites « à plat », c’est-à-dire qu’elle peut présenter un temps de transpercement supérieur ou égal à 10 minutes, ou supérieur ou égal à 30 minutes, selon notre test ASTM F119-82 adapté. Mais dès lors qu’une telle couche de revêtement barrière subit un pliage ou un rainurage, sa résistance à la graisse peut être fortement dégradée, avec une diminution du temps de transpercement pouvant être d’au moins 30 %, et étant alors inférieur ou égal à 20 minutes voire 10 minutes.
- ou contient au moins 3 %, préférentiellement d’au moins 5 %, en poids par rapport au poids d’amidon fluidifié non réticulé, premièrement, la résistance à la graisse « à plat » au test ASTM F119-82 adapté est toujours bonne, voire légèrement meilleure, par exemple avec des temps de transpercement augmentés de 2 à 7 minutes par rapport à 1 % de polyol, et deuxièmement, la résistance à la graisse est maintenue ou faiblement réduite suite à un pliage à 180° avec marquage du pli, par exemple avec des temps de transpercement réduit de 0% à 6% : ces teneurs en polyol, associées à un amidon fluidifié réticulé de poids moléculaire selon l’objet de l’invention, dans la couche de revêtement barrière confère à cette dernière une flexibilité améliorée, et suffisante pour une utilisation en emballages alimentaires.
- ou comprend une teneur en polyol supérieure ou égale à 30 % en poids par rapport au poids d’amidon fluidifié non réticulé, la résistance à la graisse de ladite
couche de revetement barrière se degrade, avec des temps de transpercement qui chutent en-dessous de 20 minutes, voire de 10 minutes. Sans être liée par une théorie, la demanderesse estime que cette diminution de la résistance à la graisse est due à la formation de la couche de revêtement barrière dans le papier, en partie ou totalement, et non sur le papier.
[0083] Composition de revêtement barrière
[0084] La composition de revêtement barrière selon le second objet de la présente demande est une solution aqueuse, ou une suspension aqueuse, qui, une fois appliquée à la surface du support cellulosique, forme la couche de revêtement barrière selon le premier objet de la présente demande.
[0085] La composition de revêtement barrière comprend, préférentiellement est constituée de :
- un amidon fluidifié non réticulé ayant une masse moléculaire moyenne en poids supérieure ou égale à 3 000 kDa,
- un polyol choisi parmi le sorbitol, le xylitol, le maltitol, ou le glycérol, préférentiellement parmi le sorbitol, le xylitol, ou le maltitol, et plus préférentiellement est le sorbitol,
- l’eau, la masse dudit polyol présente dans ladite composition de revêtement barrière étant égale à de 1 à 60 % de la masse dudit amidon fluidifié non réticulé, préférentiellement de 3 à 30%, et plus préférentiellement de 5 à 13%.
[0086] Selon un mode de réalisation de la composition de revêtement barrière, ladite composition de revêtement barrière comprend au moins un additif choisi parmi les polymères synthétiques ou les colorants.
[0087] Cette composition de revêtement barrière peut être une composition à appliquer par une technique dite de surfaçage du substrat cellulosique. On parlera alors de composition de surfaçage barrière. Une composition de surfaçage barrière est une solution aqueuse d’amidon fluidifié non réticulé, autrement dit une colle, qui ne contient aucune particule solide minérale telle que les pigments, et
dans laquelle le polyol a ete dissout. L’application de cette composition a pour but de combler la porosité du substrat cellulosique, et de réduire la rugosité de la surface dudit substrat, et de former une couche de revêtement barrière. La composition de surfaçage barrière est appliquée sur un substrat cellulosique vierge.
[0088] Le pourcentage massique en amidon fluidifié non réticulé dans la composition de revêtement barrière va de 1 à 50 % en poids de ladite composition, préférentiellement de 5 à 30 %, plus préférentiellement de 10 à 25 %. De plus, la composition de revêtement barrière objet de la présente demande a une viscosité Brookfield à 20°C inférieure ou égale à 300 mPa.s, préférentiellement comprise dans une gamme allant de 100 à 300 mPa.s.
[0089] Utilisation de la couche de revêtement barrière
[0090] Un troisième objet de la présente demande est l’utilisation d’une couche de revêtement barrière selon le premier objet de la présente demande sur un papier ou un carton, pour former un emballage alimentaire, ladite couche de revêtement barrière étant flexible, préférentiellement étant résistante au rainurage et/ou au pliage.
[0091] Préférentiellement, l’utilisation est faite en déposant la couche de revêtement barrière sur un papier ou carton vierge, et plus préférentiellement en déposant la couche de revêtement barrière sur un papier ou carton vierge par une opération de surfaçage dudit papier ou carton avec une composition de revêtement barrière selon le second objet de la présente demande.
[0092] La couche de revêtement barrière peut ainsi être « déposée », c’est-à-dire « formée par dépose », sur une face ou sur les deux faces d’un substrat cellulosique, afin d’obtenir un substrat cellulosique résistant à la graisse et aux gaz par une seule de ses faces ou par ses deux faces.
Exemples
[0093] Exemple 1 : caractérisation du papier de base « fermé » et du papier de base « ouvert »
[0094] Le papier de base utilise dans les exemples 1 , 2 et 3 est un papier emballage flexible à base de fibres vierges qui présente les caractéristiques et les performances au test de perméabilité à la graisse ASTM F119-82 du tableau 1 .
[0095] [Tableau 1]
096] Au regard des résultats de tests de barrière à la graisse, le papier de base, qui n’a subi aucun traitement visant à le rendre résistant à la pénétration par la graisse, présente un temps de transpercement moyen de
[0097] Exemple 2 : mesure des résistances à la graisse pour une dépose de 1 ,25 q/m2 +/-0,25 q/m2
[0098] Dans cet exemple, on a étudié l’impact du poids moléculaire moyen en poids de l’amidon fluidifié et de la teneur en sorbitol dans la couche de revêtement barrière sur la résistance à la graisse d’une couche de revêtement barrière formée à la surface du papier fermé et du papier ouvert. Les amidons utilisés lors de ces essais ont été :
- Cleargum® CO 01 : amidon cireux hydrolysé enzymatiquement modifié octénylsuccinate à 1 ,8-2, 5 % en poids d’octénylsuccinate par rapport à la masse totale de dextrine, commercialisé par la demanderesse,
- Stabilys® BA 23 : amidon cireux modifié octénylsuccinate à 1 ,8-2, 2 % en poids d’octénylsuccinate par rapport à la masse totale d’amidon, et fluidifié à l’acide chlorhydrique jusqu’à atteindre un Mw d’environ 3 900 kDa, commercialisé par la demanderesse,
- Stabilys® BA 25 : amidon cireux modifié octénylsuccinate à 1 ,8-2, 2 % en poids d’octénylsuccinate par rapport à la masse totale d’amidon, et fluidifié à l’acide
chlorhydrique jusqu’à atteindre un Mw d’environ 11 000 kDa, commercialise par la demanderesse,
- AOS hydrolysé : amidon cireux natif modifié octénylsuccinate à hauteur de 1 ,8- 2,5 % en poids d’octénylsuccinate par rapport à la masse totale d’amidon, puis transformé en une colle à environ 10%MS, et ensuite hydrolysé avec 0,001 % à 0,03% en poids d’alpha-amylase par rapport au poids d’amidon.
[0099] On a préparé des papiers surfacés avec les papiers de base de l’exemple 1 en suivant le protocole ci-après :
[0100] - on a préparé une composition de surfaçage comprenant un amidon choisi parmi les 4 amidons du paragraphe précédent et du sorbitol selon le protocole de préparation d’une composition de surfaçage décrit dans la section « méthodes » de la présente demande,
[0101] - on a déposé la composition de surfaçage à une quantité de 1 ,25 g/m2 à +/- 0,25 g/m2 selon le protocole de surfaçage de papier décrit la section « méthodes » de la présente demande.
[0102] - on a ensuite déterminé le temps de pénétration moyen d’une huile de type « huile végétale » selon le protocole « ASTM F119 adapté » décrit dans la section « méthodes » de la présente demande.
[0103] Les temps de transpercement sont présentés dans le tableau 2 pour un papier de base fermé, et dans le tableau 3 pour le papier de base ouvert.
[0104] [Tableau 2]
[0105] [Tableau ^
[0106] Avec un papier de base fermé, la couche de revêtement barrière formée par dépose d’environ 1 ,25 g/m2 d’une composition d’amidon et de sorbitol présente des temps de transpercement d’environ 5 minutes quelle que soit la combinaison de poids moléculaire moyen en poids de l’amidon et de teneur en sorbitol. Un tel temps de transpercement est indicatif d’une barrière à la graisse insuffisante pour permettre une utilisation alimentaire, même temporaire.
[0107] Avec un papier de base ouvert, les temps de transpercement sont quasi nuis : l’huile transperce instantanément le papier surfacé avec la composition de revêtement barrière. Ces papiers ne présentent donc aucune résistance à la graisse.
[0108] Des papiers fermés surfacés avec une couche de revêtement barrière ont ensuite été soumis à un protocole de pliage, et la résistance à la graisse au niveau des plis a été déterminé selon le protocole « ASTM F119 adapté » en déposant les gouttes sur lesdits plis. Le tableau 4 présente les temps de transpercement ainsi mesurés.
[0109] [Tableau 4]
[0110] Le pliage a brisé les couches de revêtement barrière au point que le transpercement de l’huile est immédiat. Les couches de revêtement barrière formées par une dépose de 1 ,25 g/m2 ne sont pas flexibles, et cassent dès que le papier est plié. [0111] Exemple 3 : mesure des résistances à la graisse pour une dépose de 2,5 q/m2 +/-0.25 q/m2
[0112] On a procédé comme selon l’exemple 2 à la seule différence que la quantité déposée sur les papiers a été de 2,5 g/m2+/-0,25 g/m2. Les temps de transpercement sont présentés dans le tableau 5 pour un papier de base fermé, et dans le tableau 6 pour le papier de base ouvert.
[0113] [Tableau s]
[0114] [Tableau 6]
[01
, de nouveau instantané quelle que soit la combinaison de poids moléculaire moyen en poids d’amidon et de teneur en sorbitol.
[0116] Avec un papier de base fermé, des temps de transpercement allant de 14 minutes jusqu’à 48 minutes selon la combinaison Mw de l’amidon et teneur en sorbitol ont été constatés. Les temps de transpercement semblent suivre les tendances suivantes :
- à teneur en sorbitol fixe, l’augmentation du Mw de l’amidon conduit à une augmentation « forte » du temps de transpercement,
- à Mw de l’amidon fixe, l’augmentation de la teneur en sorbitol conduit à une augmentation « modérée » du temps de transpercement jusqu’à une teneur en sorbitol de 13%, puis à une diminution ultérieure du temps de transpercement.
[0117] Pour un Mw allant de 3900 kDa à 11000 kDa associés à une teneur en sorbitol allant de 5 à 13 % en poids par rapport à l’amidon, des temps de transpercement allant de 25 à 48 minutes ont été atteints. De tels temps de transpercement indique qu’une couche de revêtement barrière à la graisse a bien été formée à la surface du papier fermé. De telles couches de revêtement barrière pourront être utilisées sur des papiers ou des cartons alimentaires pour contenir des denrées exsudant de la graisse en conservant leur intégrité mécanique suffisamment longtemps pour l’utilisateur.
[0118] Des papiers fermés surfacés avec une couche de revêtement barrière ont ensuite été soumis à un protocole de pliage, et la résistance à la graisse au niveau des plis a été déterminé selon le protocole « ASTM F119 adapté » en déposant les gouttes sur lesdits plis. Le tableau 7 présente les temps de transpercement ainsi mesurés, et le tableau 8 présente la variation relative desdits temps de transpercement entre « après pliage » et « avant pliage » par rapport à « avant pliage ».
[0119] [Tableau ?]
[0120] [Tableau s]
[0121] Le pliage a provoqué une diminution des temps de transpercement, mais dans des proportions largement moindres que pour une dépose de 1 ,25 g/m2. En effet, les couches de revêtement barrière formées avec les Stabilys® BA 23 et BA 25 et avec du sorbitol à hauteur de 5 à 13 % en poids d’amidon déposé à hauteur de 2,5 g/m2 selon le tableau 7, ont des temps de transpercement allant de 15 minutes à 48 minutes. Les temps de transpercement après pliage sont quasiment égaux aux temps de transpercement avant pliage. [0122] Les temps de transpercement des couches de revêtement barrière formée avec un amidon de Mw 19000 kDa ont diminués de -5% à - 53 % à la suite du pliage, quelle que soit la valeur de la teneur en sorbitol dans ladite couche. Le pliage a donc dégradé ces couches de revêtement barrière, et le sorbitol n’a pas empêcher cette dégradation.
[0123] Les couches de revêtement barrière formées par dépose d’une quantité de 2,5 g/m2 d’un mélange d’amidon fluidifié de Mw allant de 3900 kDa à 11000 kDa et de sorbitol à hauteur de 5 à 13 % en poids par rapport au poids de l’amidon, sont flexibles : elles résistent au pliage. [0124] Exemple 4 : mesure des résistances à la graisse pour une dépose de 5 q/m2 +/-0.25 q/m2
[0125] On a procédé comme selon l’exemple 2 à la seule différence que la quantité déposée sur les papiers a été de 5 g/m2+/-0,5 g/m2. Les temps de transpercement sont présentés dans le tableau 9 pour un papier de base fermé, et dans le tableau 10 pour le papier de base ouvert.
[0126] [Tableau 9]
[0127] [Tableau 10]
[0128] Les couches de revêtement barrière formées par dépose d’environ 5 g/m2 sur le papier fermé présentent toutes des temps de transpercement supérieurs ou
égaux à 120 minutes, quelle que soit la combinaison d’amidon et de teneur en sorbitol. Sur le papier fermé, la dépose de 5 g/m2 donne donc des couches de revêtement barrière extrêmement résistantes à la graisse. Cette quantité de dépose permet même de former des couches de revêtement barrière présentant un temps de transpercement supérieur à 0 minutes sur le papier ouvert, bien que ces temps de transpercement (de 5-10 minutes) restent bien insuffisants pour une utilisation en emballage alimentaire.
[0129] Les papiers fermés surfacés avec une couche de revêtement barrière ont ensuite été soumis à un protocole de pliage, et la résistance à la graisse au niveau des plis a été déterminé selon le protocole « ASTM F119 adapté » en déposant les gouttes sur lesdits plis. Le tableau 11 présente les temps de transpercement ainsi mesurés, et le tableau 12 présente la variation relative desdits temps de transpercement entre « après pliage » et « avant pliage » par rapport à « avant pliage ». [0130] [Tableau 11]
[0131] [Tableau 12]
[0132] Bien que ces valeurs de temps de transpercement mesurées après pliage soient supérieures à 20 minutes, atteignant même jusqu’à 50-60 minutes, et bien que de telles valeurs soient celles recherchées pour avoir une barrière à la graisse adaptée aux emballages alimentaires, il faut noter qu’une dépose de 5 g/m2 sur un papier fermé fin tel que celui utilisé dans notre exemple, sera impossible à exploiter sur une machine à papier de taille industrielle. Il y aura au moins trois inconvénients majeurs difficiles, voire impossibles, à surmonter : des projections de composition de surfaçage au niveau de la machine d’application de cette composition (phénomène dit de « misting » généralement les machines de type « film press »), une quantité d’eau à évaporer bien supérieure aux capacités d’évaporation classiques, et surtout la prise en masse du papier sur son rouleau en sortie de machine à papier.
[0133] Concernant les effets du pliage sur les couches de revêtement barrière, ce pliage a provoqué une forte dégradation des couches de revêtement barrière qui présentent alors des temps de transpercement réduit de 32% à 83% selon les combinaisons de Mw d’amidon et de teneur en sorbitol. Ces dégradations sont élevées quelle que soit la teneur en sorbitol : la présence de sorbitol n’a pas permis d’empêcher ou de modérer ces dégradations.
[0134] Méthodes
[0135] Préparation d’une composition de surfaçage
[0136] Les compositions de surfaçage sont préparées à une teneur en « amidon sec » allant de 5 à 20% de façon que la viscosité Brookfield à 50°C soit comprise dans une gamme allant de 100 à 300 mPa.s.
[0137] On commence par préparer une colle d’amidon à partir de l’amidon fluidifié par cuisson à la vapeur d’une suspension aqueuse d’amidon fluidifié constituée de 50 à 200 grammes d’amidon fluidifié sec et de 800 à 950 grammes d’eau. La cuisson est faite en cuve ouverte à 92°C +/-3°C pendant 30 minutes
sous agitation a la pale defloculeuse a une vitesse de rotation suffisante pour former un léger vortex mécanique. On laisse refroidir la colle d’amidon à 70°C et on la maintient à cette température. On mesure ensuite la viscosité Brookfield à 50°C, et on l’ajuste à une valeur comprise entre 100 et 300 mPa.s en ajoutant de l’eau déminéralisée préalablement chauffée à 70°C.
[0138] Si l’ajustement de la viscosité nécessite de tellement diluer la colle que la teneur en amidon est inférieure à 5 %MS, ou si l’ajustement de viscosité n’est pas possible par dilution car la viscosité de la colle est déjà inférieure à 100 mPa.s, alors le protocole de préparation doit être repris à son début en augmentant la masse d’amidon, et ainsi l’ajuster par essai et erreur. Pour les amidons utilisés dans la présente demande, voici les quantités mises en œuvre :
[0139] Au besoin, on ajoute la masse de sorbitol requise, exprimée en pourcentage de la masse d’amidon sec : par exemple pour une teneur en sorbitol de 6% en poids et pour une teneur en amidon sec de 15 % en poids, on ajoutera 6 x 0,15 = 9 grammes à la colle obtenue à partir de 850 grammes d’eau et 150 grammes d’amidon.
[0140] La composition de surfaçage est finalement passée dans un bac à ultrasons pour éliminer les bulles d’air.
[0141] Protocole de surfaçage d’un papier
[0142] Le surfaçage d’un papier est réalisé avec l’applicateur de revêtement de référence « Coater SVA-IR-B » du fabricant « Mathis ».
[0143] Cet appareil permet l’étalement de la composition de surfaçage sur la surface du papier à une hauteur, une vitesse et une pression réglables
indépendamment et reproductibles. La vitesse d’etalement est reglee a 8 m/min. La pression est réglée par un système de 6 contrepoids pesant chacun 190 grammes.
[0144] Cet appareil est muni d’une plaque chauffante avec température régulée réglée à 80°C, et d’un dispositif de séchage par infrarouge utilisé d’une puissance de 1000 watts.
[0145] Le protocole est le suivant :
- on dispose le papier à recouvrir de dimensions maximales 230 mm x 350 mm sur la table réglée à 80°C,
- on dépose la quantité requise de composition de surfaçage, préalablement maintenue à 50°C, sur le papier le long de la barre d’étalement à l’aide d’une seringue,
- on déclenche l’étalement à la vitesse de 8 m/min avec une barre choisie parmi les barres n°0, 8, 12, 25, et 35, qui correspondent à des épaisseurs d’application allant de 0 mm à 0,050 mm (barre 35) et équipée de 4 à 8 contrepoids de 190 g,
- lors de l’étalement, le séchage par infra-rouge est réglé à la puissance de 1000 watts
- on récupère le papier, que l’on conserve place dans une étuve à 120°C pendant 5 minutes pour un temps de séchage complémentaire,
- on conditionne ensuite le papier durant au moins 48 heures dans une salle régulées à une température de 23°C et une humidité relative de 50 % +/-2%
[0146] Protocole de pliage
[0147] Le pliage mis en œuvre dans la présente demande consiste à replier une feuille de papier ou de carton sur elle-même sous l’action d’un rouleau de 10 kg en laiton de dimensions longueur 270 mm x diamètre 75 mm.
[0148] La feuille de papier ou carton est pliée sur elle-même, de telle sorte que le pli soit parallèle au sens de la machine à papier, c’est-à-dire au sens de déplacement du papier dans la machine industrielle ou au sens de déplacement du cylindre dans le cas d’un équipement de laboratoire. Ce pli est réalisé
manuellement en appliquant une legere pression a la main sur la longueur de la zone à plier. Le rouleau de 10 kg est ensuite appliqué sur la zone à plier en le faisant rouler et en effectuant un aller et retour. Le pliage est réalisé dans la salle régulée en température et en humidité relative (23°C et 50%RH).
[0149] Protocole de mesure de la barrière à la graisse « ASTM F119-82 ».
[0150] La barrière à la graisse est évaluée selon le protocole du test ASTM F119- 82 « standard test method for rate of grease penetration of flexible barrier materials (rapid method) » modifié selon les points suivants :
- modification 1 : l’huile qui est une huile végétale « ISIO4 » de la marque Lesieur, constituée de 62% d’huile de colza, 21 % d’OIéisol (huile de tournesol à haute teneur en acide oléique), 12% d’huile de tournesol et 5% d’huile de lin,
- modification 2 : les disques de coton de diamètre 20 mm, d’épaisseur 0,5 mm +/- 0,02 mm, en flannelle cotton (qui est du coton peigné),
[0151] Le protocole est donc le suivant :
- Placer le papier et le matériel dans une étuve à 40°C au minimum 30 minutes avant le début du test,
- Placer le papier sur une plaque de support en verre dépoli, face à tester sur le dessus (ie la face recouverte de la couche barrière)
- Déposer deux cotons en forme de disque l’un sur l’autre sur le papier, éventuellement au niveau du pli selon le test à effectuer,
- Déposer 10 gouttes d’huile au centre du disque de coton supérieur,
- Placer sur les cotons un poids de 50 grammes d’un diamètre de 20 mm, et déclencher immédiatement le chronomètre,
- Fermer l’étuve
- Vérifier à intervalles réguliers le transpercement du papier par l’huile, le transpercement correspondant à la première trace d’huile sur le verre dépoli de la plaque de verre support. La fréquence de contrôle du transpercement est adaptée selon la durée nécessaire pour atteindre un transpercement : tous les 5 minutes pour une durée de 0 à 30 min, toutes les 10 minutes pour une durée de 30 à 60
min, toutes les 15 minutes pour une durée de 60 à 120 minutes. Au-delà d’une durée de 120 minutes, le test est arrêté.
[0152] Le résultat de ce test est le temps en minute où une première trace de transpercement de l’huile au travers du papier est observée, appelé temps de transpercement. Si le temps de transpercement est inférieur ou égal à 1 minutes, alors on affecte la valeur de 0 au temps de transpercement.
[0153] Pour chaque papier à tester, on réalise entre 12 et 24 mesures, et on écarte les valeurs aberrantes. Et on retient ensuite la valeur moyenne.