Description
Titre : Lentille sclérale comprenant une partie de recouvrement encapsulant un ou plusieurs composants électroniques et configurée pour laisser apparente la pupille de l’œil portant la lentille.
Domaine technique
La présente invention concerne une lentille sclérale, destinée à être portée par l’œil d’un individu.
La lentille selon l’invention peut être un système complètement autonome et embarqué sur au moins un œil d’un individu.
L’invention vise en particulier à améliorer les lentilles de contacts dont une partie encapsule un ou plusieurs composants électroniques et ce afin de laisser apparente, c’est-à-dire non obstruée la pupille de l’œil qui porte une de ces lentilles.
Les applications d’une lentille sclérale selon la présente invention sont nombreuses parmi lesquelles on peut citer : assistance au geste chirurgical, assistance à la conduite, interface homme-machine, cobotique, analyse de l’attention et de la fatigue du sujet, conception de nouvelles interfaces homme/machine : domotique, aide à la personne (communication avec patients atteints de « Locked-In Syndrome » par exemple), aide à la vision pour les malvoyants, etc.
Technique antérieure
Les lentilles de contact sont devenues de nos jours des objets dont l’usage dépasse largement la fonction correctrice initiale, au profit de nouvelles qui en font une plateforme support pour l’encapsulation de diverses fonctions optoélectroniques, physico-chimique etc. pour des applications multiples : [1]. Dans beaucoup de ces applications, une lentille de contact peut ainsi transporter une charge utile pour effectuer diverses fonctions. Par exemple, une lentille peut contenir une charge utile d'un ou plusieurs composants électroniques, tels que projecteurs, dispositifs d'imagerie, capteurs, gyroscopes, batteries, systèmes micro électromécaniques MEMS (acronyme anglo-saxon pour «MicroElectroMechanical Systems »), accéléromètres et magnétomètres, etc.
Outre la règlementation en matière de sécurité oculaire ou de protection cytologique, que ces encapsulations imposent et qui ont déjà fait l’objet d’études cliniques dans des cas simples [2], le souhait sans cesse croissant d’intégration de plus en plus de fonctions a un
impact sur la conception des lentilles de contact qui doit désormais intégrer ces fonctions en laissant toutefois la pupille libre.
La première conséquence est l’augmentation du poids et/ou de l’épaisseur de ces lentilles. L’augmentation du poids combiné à l’effet de la gravité peut avoir pour conséquence un décentrement de la lentille vers le bas.
L’augmentation de l’épaisseur peut avoir un effet similaire dû à la pression exercée par la paupière supérieure qui porte davantage sur la lentille.
La conséquence de l’une et/ou l’autre de ces augmentations est un décentrement non souhaité de la lentille par rapport à la pupille qui peut conduire à une obturation partielle voire totale de la pupille.
Cela est illustré en figure 1 où l’on peut voir une lentille de contact 1 dont le matériau 10 comprend une portion centrale transparente 11 et qui encapsule plusieurs composants électroniques 12 répartis principalement sur une portion annulaire 13. Comme illustré, la lentille 1 se décentre en inférieur lors de la mise en place sur l’œil (O) et vient se caler en quelque sorte sur le bas. La pupille (P) de l’œil est partiellement obturée par une zone de membrane 100 non transparente.
En sus de cette problématique de décentrement non souhaité, l’intégration de composants électroniques dans des lentilles de contact soulève de nombreuses questions.
Outre les problématiques techniques d’intégration, les lentilles de contact peuvent présenter des inconvénients comme des problèmes de tolérance, d’inconfort... pour les individus qui les portent. En effet, les lentilles de contact conventionnelles sont fabriquées, soit en matériau souple hydrophile soit en matériau rigide, et sont en contact avec la cornée. Cette dernière étant très sensible et très fragile, la tolérance aux lentilles de contact est très variable selon les individus. Par ailleurs, le déplacement possible de ces lentilles sur l’œil crée un aléa limitant pour envisager le développement d’une lentille à composant(s) électronique(s) intégré(s).
Les lentilles sclérales connues sont des lentilles de plus grandes dimensions, comme montré en figure 2, avec une face interne 14 et une face externe 15 de la partie de recouvrement 10 qui définissent une forme générale de calotte sphérique. Ces lentilles sclérales 1 ne sont pas en contact avec la cornée, avec un espace E typiquement de quelques centaines de microns entre la surface de la cornée et la face interne 14 de la lentille 10, et la portion périphérique
16 de la lentille 10 repose de manière régulière sur la sclère, comme montré en figure 3. Ces deux caractéristiques en font des lentilles très confortables et très stables sur l’œil.
Pour la pose, les lentilles sclérales sont remplies de sérum physiologique ou d’une solution hydratante ophtalmique. Ceci permet de créer un réservoir de liquide sous la lentille qui maintient la surface cornéenne hydratée en permanence. Ceci est devenu ainsi la préconisation de choix thérapeutique pour les pathologies de surface cornéenne comme le syndrome de sécheresse oculaire sévère. Les preuves de bonne tolérance physiologiques et subjectives pour cette catégorie de lentilles ne sont plus à faire. Ainsi, étendre l’utilisation des lentilles sclérales intégrant des composants électroniques, permet de s’affranchir des problématiques de confort communément rencontrées chez les nouveaux porteurs de lentilles.
Ainsi, les inventeurs ont déjà privilégié les lentilles sclérales pour leur système automatique de détection de la direction du regard d’un individu tel que décrit et revendiqué dans la demande de brevet internationale déposée le 15 avril 2020 sous le n° PCT/EP2020/060541 au nom de la demanderesse.
Cela étant, dans bon nombre de cas d’intégration de composants électroniques, la mise en œuvre de lentilles sclérales connues peut ne pas résoudre la problématique de décentrement non souhaité comme évoqué ci-avant.
En outre, il est aujourd’hui connu que de nombreux yeux ne présentent pas d’axisymétrie de surface au-delà de la cornée. En effet, la sclère ne présente pas la même forme ou courbure dans tous les méridiens, ce qui peut se traduire par une position et une stabilité d’une lentille de contact non optimales.
Il existe donc un besoin d’améliorer les lentilles sclérales, dont la partie de recouvrement encapsule un ou plusieurs composants électroniques, notamment afin de s’affranchir des inconvénients précités.
Le but de l’invention est de répondre au moins en partie à ce besoin.
Exposé de l’invention
Pour ce faire, l’invention concerne sous l’un de ses aspects, une lentille sclérale comprenant: - une partie de recouvrement adaptée pour recouvrir la pupille, l’iris et au moins partiellement la sclère d’un œil d’individu, la partie de recouvrement comprenant une portion centrale transparente;
- au moins un composant électronique encapsulé dans une portion de la partie de recouvrement, lentille dans laquelle la forme et/ou les dimensions de la partie de recouvrement sont configurée(s) au moins localement en fonction de l’agencement du(des) composant(s) électronique(s) et le cas échéant de la forme non axisymétrique de l’œil, de telle sorte que la pupille est totalement apparente au travers de la portion centrale transparente de la partie de recouvrement lorsque ladite lentille est portée par l’œil.
Par « lentille sclérale », on entend ici et dans le cadre de l’invention le sens usuel, à savoir une lentille de contact de grand diamètre qui en configuration portée par l’œil passe en pont au-dessus de la cornée sans la toucher, en prenant appui sur la sclère de l’œil.
La lentille sclérale selon l’invention peut être rigide ou hybride (semi-rigide). Avantageusement, la partie de recouvrement est conformée pour délimiter entre la cornée et la partie de recouvrement, un espace libre (E) formant un réservoir. L’espace E de quelques centaines de microns entre la surface de la cornée et la face interne de la partie de recouvrement de la lentille permet d’envisager l’intégration de multiples composants électroniques pour des applications différentes avec une zone tampon de sécurité. Ainsi, avec un tel espace, une lentille sclérale selon l’invention offre un volume d’encapsulation plus important que les lentilles de contact traditionnelles et est surtout plus stable.
Afin d’optimiser l’adaptation d’une lentille sclérale à des yeux de forme non axisymétrique au-dessus de la cornée, il est avantageux de prendre en considération la caractéristique géométrique de dissymétrie pour le design de la lentille sclérale, ceci tout particulièrement si son diamètre dépasse 15 mm.
A cette fin, il est préférable que le design de la face interne de la lentille sclérale, et plus particulièrement celui de la portion périphérique qui va réaliser l’appui avec la sclère permette une position et une stabilisation optimales sur un œil non axisymétrique.
Ainsi, selon un premier mode de réalisation avantageux, au moins la face interne de la partie de recouvrement a une forme générale asymétrique.
Selon ce premier mode et une variante de réalisation avantageuse, au moins un des quatre quadrants de la partie de recouvrement a une forme distincte des autres quadrants.
Par « quadrant », on entend ici et dans le cadre de l’invention, un secteur angulaire de la partie de recouvrement dont la mesure est de 90 degrés.
Selon un deuxième mode de réalisation avantageux, au moins la face interne de la partie de recouvrement présente au moins localement une surface torique.
Selon ce deuxième mode et une variante de réalisation avantageuse, la partie de recouvrement présente au moins un méridien plat et au moins un méridien cambré, agencé à 90° du méridien plat.
Selon un autre mode, la portion d’encapsulation du(des) composant(s) électronique(s) de la partie de recouvrement surépaissie par rapport au reste de la partie de recouvrement s’étend selon une forme non annulaire autour de la portion centrale transparente. Autrement dit, on répartit avantageusement la masse du(des) composant(s) électronique(s) de manière non uniforme.
Plusieurs variantes de réalisation avantageuse peuvent être envisagées pour cette répartition non uniforme de matière. Ainsi, la portion d’encapsulation peut s’étendre autour de la portion centrale transparente au choix :
- selon une forme elliptique dont le grand axe est selon l’axe transversal de l’œil ;
- selon une forme générale en vue de face délimité par un anneau excepté au niveau d’une zone en croissant en regard avec la zone supérieure de la pupille ;
- selon une forme générale en vue de face délimitée par une quartique piriforme. Cette dernière forme est aussi communément appelée une forme de goutte d’eau.
La lentille sclérale selon l’invention peut intégrer une batterie, afin de constituer un système complètement autonome et embarqué sur au moins un œil d’un individu.
Avantageusement, la batterie est un accumulateur déformable, encapsulé dans la membrane. Il peut s’agir d’un accumulateur décrit et revendiqué dans la demande de brevet WO 2018/167393 Al. Un tel accumulateur a pour avantage d’être de dimensions très réduites, typiquement d’une surface de l’ordre de 0,75cm2. Cette batterie souple a également pour caractéristiques avantageuses d’être étirable et autoréparable de façon à être intégrée au mieux dans la lentille de contact et, de pouvoir assurer une autonomie suffisante pour le fonctionnement des sources d’illumination.
Selon un mode particulièrement avantageux, la partie de recouvrement est constituée de deux palets assemblés entre eux en définissant la portion dans laquelle le(s) composant(s) électronique(s) est (sont) encapsulé(s), l’un et/ou l’autre des deux palets comprenant, dans leur zone délimitant la portion centrale transparente, un matériau polymère de liaison dont
l’indice de réfraction est choisi de telle sorte à ne pas générer un dioptre dans ladite portion centrale.
L’invention a encore pour objet un système automatique de détection de la direction du regard d’un individu comprenant au moins une lentille sclérale telle que décrite précédemment. Il s’agit donc d’un système qui va détecter automatiquement, i.e. une fois programmé sans intervention humaine, la direction du regard d’un individu.
Ainsi, l’invention consiste essentiellement à définir une lentille sclérale dont la forme et/ou les dimensions de la partie de recouvrement sont modifiées par rapport à une forme axisymétrique connue en tenant compte de la masse des composants électroniques embarqués, et avantageusement une forme éventuelle non axisymétrique de l’œil qui va porter la lentille, afin de garantir que la pupille soit complètement dégagée et qu’il n’y ait pas de mouvement non souhaité sur l’œil.
Autrement dit, grâce à une lentille sclérale selon l’invention, la vision de l’individu qui la porte n’est pas altérée par une obstruction de la pupille et ce, quels que soient les composants électroniques embarqués.
En effet, au contraire d’une lentille de contact usuelle, une lentille sclérale, en configuration portée par un œil, s’étend au-delà de l’iris jusque sous les paupières. Pour laisser apparente la pupille, c’est-à-dire laisser libre l’axe de la pupille, par exemple pour un diamètre de pupille de l’ordre de 5 mm, on dispose dans une lentille sclérale selon l’état de l’art qui a une forme axisymétrique d’un emplacement sous la forme d’un anneau de diamètre intérieur correspondant à celui de la pupille et de diamètre extérieur proche de celui de la partie de recouvrement complète pour encapsuler des composants électroniques, par exemple un circuit électronique. Du fait du poids additionnel des composants électroniques, une lentille sclérale axisymétrique selon l’état de l’art peut, une fois posée sur l’œil, descendre et obturer partiellement la pupille.
La modification au moins localement de la forme et/ou des dimensions de la partie de recouvrement de la lentille selon l’invention permet de contrebalancer la gravité, en répartissant la masse des composants électroniques de manière non uniforme.
D’autres avantages et caractéristiques de l’invention ressortiront mieux à la lecture de la description détaillée d’exemples de mise en œuvre de l’invention faite à titre illustratif et non limitatif en référence aux figures suivantes.
Brève description des dessins
[Fig 1] la figure 1 est une reproduction photographique d’un exemple de lentille de contact intégrant des composants électroniques selon l’état de l’art placée sur un œil.
[Fig 2] la figure 2 est une vue schématique en perspective d’une lentille sclérale selon l’état de l’art, sous la forme générale d’une calotte sphérique.
[Fig 3] la figure 3 est une vue en coupe transversale illustrant une lentille sclérale selon l’état de l’art posée sur un oeil.
[Fig 4] la figure 4 est une vue schématique en perspective d’une lentille sclérale selon un premier mode de réalisation de l’invention, la lentille présentant une surface torique.
[Fig 5] la figure 5 est une vue de dessus de la figure 4.
[Fig 6] la figure 6 est une vue schématique en perspective d’une lentille sclérale selon un deuxième mode de réalisation de l’invention, la lentille présentant une forme asymétrique. [Fig 7] la figure 7 est une vue de dessus de la figure 6.
[Fig 8] la figure 8 est une vue schématique de face d’une lentille sclérale selon l’état de l’art, sous la forme générale d’une calotte sphérique en configuration idéale portée par un œil. [Fig 9] la figure 9 est une vue schématique de face d’une lentille sclérale selon l’état de l’art, sous la forme générale d’une calotte sphérique en configuration réelle portée par un œil. [Fig 10] la figure 10 est une vue schématique de face d’une lentille sclérale selon une première variante de l’invention, en configuration réelle portée par un œil.
[Fig 11] la figure 11 est une vue schématique de face d’une lentille sclérale selon une deuxième variante de l’invention, en configuration réelle portée par un œil.
[Fig 12] la figure 12 est une vue schématique de face d’une lentille sclérale selon une troisième variante de l’invention, en configuration réelle portée par un œil.
[Fig 13] la figure 13 est une vue schématique de face d’une lentille sclérale selon une quatrième variante de l’invention, en configuration réelle portée par un œil.
Description détaillée
Dans l’ensemble de la présente demande, les termes « interne », « externe » sont à comprendre par référence par rapport à une lentille sclérale selon en configuration portée par un œil. Ainsi, la face interne désigne la face de la lentille en contact avec la surface de l’œil tandis que la face externe désigne la face en contact avec l’extérieur.
De même, les termes « dessus », « dessous », « haut », « bas » sont à comprendre par référence par rapport à une lentille sclérale selon en configuration portée par un œil dont l’axe optique est sensiblement à l’horizontal.
Par « axe optique de l’œil », on entend ici et dans le cadre de l’invention, un axe identifié en pratique clinique comme la direction reliant un point source lumineux, et le centre des reflets lumineux des quatre surfaces réfractives de l’oeil (faces antérieure et postérieure de la cornée, faces antérieure et postérieure du cristallin).
Les figures 1 à 3 ont déjà été commentées en préambule. Elles ne sont pas détaillées ci-après. Par souci de clarté, un même élément selon l’art antérieur et l’invention est désigné par la même référence numérique, dans les différentes figures.
Dans les différentes figures 4 à 11, les composants électroniques, notamment le(s) circuit(s) électronique(s), encapsulés dans la partie de recouvrement d’une lentille sclérale ne sont pas représentés en tant que tels, seules les portions de la partie de recouvrement concernées par l’emplacement desdits composants sont symbolisées.
On a représenté sur les figures 4, 5 et 6 , 7, deux modes de réalisation distincts d’une lentille sclérale 1 destinée à être portée par l’œil d’un individu, qui ne présente pas de forme axisymétrique au-delà de la cornée. Dans un tel cas, la sclère ne présente pas la même forme ou courbure dans tous les méridiens.
Les lentilles sclérales 1 présentent une face interne 14 en particulier la zone d’appui avec la sclère, adaptée pour une position et une stabilisation optimales sur l’œil.
La partie de recouvrement 10 de la lentille sclérale 1 selon les figures 4 et 5 présente un méridien plat et au moins un méridien cambré, agencé à 90° du méridien plat.
La partie de recouvrement 10 de la lentille sclérale 1 selon les figure 6 et 7 comprend quatre quadrants dont au moins l’un des quadrants a un forme distincte des autres quadrants.
En outre, afin de réduire la pression exercée par la paupière supérieure de l’œil sur une lentille sclérale 1 selon les figures 4 à 7, dont la partie de recouvrement 10 peut être très épaisse, il est préférable d’adapter le profil de la face externe 14 afin de réduire le plus possible la protubérance supérieure qui résulte de l’encapsulations des composants électroniques. Un compromis peut être trouvé entre une surface de face externe relativement lisse et un ajout de matière d’encapsulation, afin de réduire le poids ajouté à la partie de recouvrement en tant que telle de la lentille.
Par ailleurs, au contraire d’une lentille de contact classique, une lentille sclérale s’étend au-
delà de l’iris (I) jusque sous les paupières (Pa), du fait du diamètre plus grand. Le diamètre (D) d’une lentille sclérale est en général autour de 15-18mm.
Avec les lentilles sclérales telles qu’elles sont conçues à ce jour, si l’on considère que l’on doit laisser complètement apparente la pupille (P) d’un œil qui la porte, pour un diamètre de pupille par exemple de 5 mm, cela laisse donc un anneau 13 autour de la portion centrale transparente 11 de la partie de recouvrement 10 de la lentille pour encapsuler des composants électroniques, par exemple un circuit électronique (figure 8).
Or, les inventeurs ont constaté que du fait du poids additionnel des composants encapsulés, une lentille sclérale usuelle 1 peut descendre et venir obturer partiellement la pupille P (figure 9).
Aussi, afin de contrebalancer la gravité, les inventeurs ont pensé à répartir la masse des composants de manière non uniforme dans la portion d’encapsulation 13 d’une lentille sclérales.
Les figures 10 à 13 montrent différentes alternatives de mises en œuvre de cette répartition non uniforme autour de la portion centrale transparente circulaire 11.
Une première alternative consiste à réaliser la portion d’encapsulation 13 autour de la portion centrale transparente 11, selon une forme elliptique dont le grand axe est selon l’axe transversal de l’œil (figure 10). Ainsi, la portion périphérique de la partie de recouvrement 10 est plus fine sous les paupières (Pa) et de ce fait la lentille 1 est mieux maintenue et ne vient donc pas obturer la pupille (P).
Une deuxième solution consiste à ne pas placer de matière d’encapsulation, ni de composants électroniques, à l’intérieur de la lentille, dans une zone qui irait bloquer la pupille. Avantageusement, la portion d’encapsulation 13 s’étendant autour de la portion centrale transparente 11 selon une forme générale en vue de face délimitée par un anneau excepté au niveau d’une zone en croissant en regard avec la zone supérieure de la pupille (P) (figure 11). Autrement dit, cette zone en croissant est délimitée par l’intersection de la pupille (P) et de la portion d’encapsulation 13.
Une autre solution consiste à limiter le déplacement de la lentille. Dans le cas des lentilles sclérales toriques, on peut prévoir d’avoir une partie de recouvrement plus épaisse dans le bas de la lentille, c’est-à-dire avec une portion d’encapsulation 13 des composants électroniques qui soit plus grande dans le bas de la lentille (figure 12). Par-là, la gravité et la pression de la paupière supérieure sur la lentille 1 la maintiennent en place. Alternativement,
la matière de la portion d’encapsulation 13 de la partie de recouvrement 10 peut être principalement agencée pour qu’elle vienne se positionner sous la paupière supérieure (figure 13).
Avantageusement, comme illustré sur les figures 12 et 13, la portion d’encapsulation 13 s’étend autour de la portion centrale transparente 11 selon une forme générale en vue de face délimitée par une quartique piriforme.
D’autres solutions sont envisageables pour répartir de manière non uniforme la masse des composants électroniques dans la membrane. Par exemple, on peut envisager de modifier la toricité intérieure de la partie de recouvrement 10, afin de créer un léger phénomène de succion qui va maintenir la lentille sclérale sur l’œil en étant centré sur la pupille P.
On décrit maintenant un procédé avantageux de réalisation d’une lentille sclérale selon l’invention.
On utilise un jeu de deux palets dont la matière première est usuellement mise en œuvre pour la fabrication de lentilles de contact rigides. Il peut par exemple s’agir de matériaux présentant au moins une base en polymère.
Ce jeu de palets comprend un palet dit creux, dont le profil est défini selon la nature et le design du(des)composant(s) électronique(s) à encapsuler, et un palet mâle dont le profil est adapté à celui du palet creux et du(des)composant(s) électronique(s) à encapsuler. L’encapsulation est réalisée via un procédé de polymérisation d’un matériau dit de liaison. Après leur usinage, les palets peuvent subir une étape supplémentaire afin de les préparer à subir des contraintes spécifiques liées au procédé d’assemblage et/ou à la fonction électronique encapsulée. Cela nécessite par exemple des volumes non uniformes avec des ergots de positionnement et/ou d’alignement, éventuellement des drains/rainures périphériques pour évacuer l’air et/ou l’excédent de matériau polymère de liaison durant la phase de compression des deux palets.
Afin d’obtenir une portion centrale transparente 11 qu’il y ait la formation d’un dioptre supplémentaire lors de l’assemblage entre palets, on met en œuvre dans leur zone de contact délimitant ladite portion 11, au moins un matériau polymère de liaison d’indice de réfraction équivalent à celui des palets.
Pour obtenir l’assemblage des deux palets avec l’encapsulation souhaitée du(des) composant(s) électronique(s), on applique une force de compression entre eux.
Plus précisément, lors de l’assemblage, le palet creux est placé dans un insert inférieur d’un dispositif de compression, le pâle mâle dans un insert supérieur. Quelques gouttes de polymère de liaison sont déposées sur la périphérie du palet creux. Ce polymère peut être par exemple une base acrylate.
Le bâti du dispositif applique alors une force de compression pour permettre la liaison pendant une durée déterminée en fonction des matériaux utilisés pour les palets et pour le matériau de liaison.
Une fois l’assemblage des deux réalisé, le bloc résultant de cet assemblage peut être usiné. Bien entendu, l’invention n’est pas limitée aux exemples de mise en œuvre qui viennent d’être décrits.
D’autres variantes et améliorations peuvent être envisagées sans pour autant sortir du cadre de l’invention.
Par exemple, une lentille sclérale selon l’invention peut avoir un diamètre (D) autour de 15mm à 18mm mais des valeurs plus grandes peuvent être envisagées, notamment avec un diamètre suffisamment grand pour couvrir entièrement le blanc de l’œil.
L’invention n’est pas limitée aux exemples qui viennent d’être décrits ; on peut notamment combiner entre elles des caractéristiques des exemples illustrés au sein de variantes non illustrées.
Liste des documents cités
[1] : N. M. Farandos et al., « Contact lens sensors in ocular diagnostics », Advanced Healthcare Materials, vol. 4, no. 6, 4, pp. 792-810, April 2015.
[2]: Dunbar, G.E., Shen, B.Y. and Aref, A.A., « The Sensimed Triggerfish contact lens sensor: efficacy, safety, and patient perspectives . », Clinical ophthalmology (Auckland, NZ), 11, p.875, 2017.