Nanoémulsions huile-dans-eau comprenant un tensioactif non-ionique et un tensioactif ionique
La présente invention concerne une composition, de préférence cosmétique, sous la forme d’une nanoémulsion huile-dans-eau comprenant au moins un tensioactif non- ionique, au moins un tensioactif anionique et au moins une huile.
Les émulsions huile-dans-eau (H/E) sont bien connues dans le domaine de la cosmétique et de la dermatologie, notamment pour la préparation de produits cosmétiques tels que des laits, des crèmes, des toniques, des sérums, des eaux de toilette.
Les nanoémulsions sont des émulsions H/E caractérisées par une taille des globules huileux notamment inférieure à 500 nm, les globules huileux étant stabilisés par une couronne de lipides amphiphiles pouvant éventuellement former une phase cristal liquide de type lamellaire, situés à l'interface huile/phase aqueuse. La petite taille des globules huileux est généralement obtenue grâce à l'utilisation d'une énergie mécanique et notamment d'un homogénéisateur haute pression. Les nanoémulsions sont à différencier des microémulsions de par leur structure. En effet, les microémulsions sont des dispersions thermodynamiquement stables constituées de micelles de lipide(s) amphiphile(s) gonflées par de l'huile. De plus, les microémulsions ne nécessitent pas d'énergie mécanique importante pour être réalisées; elles se forment spontanément par simple mise en contact des constituants. Les inconvénients majeurs des microémulsions sont liés à leur forte proportion en tensioactifs, conduisant à des intolérances et entraînant un toucher collant lors de l'application sur la peau. Par ailleurs, leur domaine de formulation est en général très étroit et leur stabilité en température très limitée.
Les nanoémulsions H/E actuellement disponibles comprennent en général une faible quantité d’huile, i.e. une teneur allant jusqu’à 20% en poids. En outre, elles présentent une texture relativement fluide.
Il existe donc un besoin pour des compositions sous forme de nanoémulsions H/E présentant une texture de type crème de soin, qui ne soient pas collantes et qui soient agréables à appliquer.
L'invention a pour but de fournir une composition sous la forme d’une nanoémulsion H/E comprenant une teneur en huile élevée tout en présentant un aspect gélifié. Une telle composition sous forme de nanoémulsion est agréable à appliquer, i.e. est plus douce à l’application tout en étant moins grasse et moins collante.
En effet, les inventeurs ont découvert que l’association d’un tensioactif non-ionique spécifique et d’un tensioactif anionique choisi parmi les acylglutamates à chaîne grasse, dans une composition à forte teneur en huile, permet d’obtenir des nanoémulsions H/E ayant un aspect gélifié, ce qui leur confère une texture de type crème de soin.
Ainsi, la présente invention a pour objet une composition, de préférence cosmétique, sous la forme d’une nanoémulsion huile-dans-eau, présentant des gouttes d’huile dont le diamètre moyen en volume D(4,3) est compris entre 50 nm et 500 nm, comprenant :
- au moins un tensioactif non-ionique choisi parmi :
les monoesters et les diesters de saccharose à chaîne grasse carbonée comprenant de 12 à 18 atomes de carbone,
les monoesters et les diesters de polyglycérol comportant 2 à 10 motifs glycérol et une ou plusieurs chaînes grasses carbonées comprenant de 12 à 16 atomes de carbone,
et les alkylpolyglucosides,
- au moins un tensioactif anionique choisi parmi les acylglutamates dont le groupe acyle comprend de 14 à 30 atomes de carbone, et
- au moins une huile, ladite huile étant présente en une teneur strictement supérieure à 40 % en poids par rapport au poids total de la composition.
Une telle composition est indifféremment appelée dans la présente demande « composition selon l’invention » ou « nanoémulsion selon l’invention ».
La présente invention a également pour objet un procédé cosmétique de soin des matières kératiniques, de préférence la peau, comprenant l’application sur lesdites matières kératiniques d’une composition selon l’invention.
Les gouttes d’huile des nanoémulsions selon l’invention ont un diamètre moyen en volume D(4,3) compris entre 50 nm et 500 nm, de préférence compris entre 100 et 300 nm, de manière préférentielle comprise entre 1 10 et 250 nm.
Les mesures de granulométrie sont réalisées grâce à un granulomètre laser (Mastersizer 2000 de la compagnie Malvern). L’échantillon est dilué dans la cuve de l’appareil, puis circule dans la cellule de mesure. Les indices de réfraction sont indiqués pour le calcul de la distribution granulométrique en volume. Le D(4,3) est un des résultats donnés par la mesure du signal.
Propriétés rhéologiques
Les nanoémulsions selon l’invention présentent typiquement un aspect gélifié.
Cet aspect gélifié est caractérisable par les propriétés rhéologiques de la nanoémulsion H/E de l’invention.
Les propriétés rhéologiques des nanoémulsions peuvent être évaluées en utilisant un rhéomètre rotatif MCR300 (Anton-Paar) équipé d’un plan Peltier pour réguler la température. L’appareil est muni d’un dispositif anti-évaporation et d’un mobile de mesure avec une géométrie cône-plan sablé, de diamètre 60 mm/1 °, et un entrefer de 120 pm. Un protocole de mesure en mode oscillation est utilisé, dans lequel l’échantillon de composition est tout d’abord soumis à une déformation en rotation de 0,1 % dans le domaine linéaire, à une fréquence de 1 Hz. Dans ces conditions de mesure en régime dynamique, le module complexe normé |G*|, qui est un indicateur de la rigidité de la composition, est extrait selon la formule suivante :
[Math 1]
De préférence, le module complexe normé |G*| de la composition selon l’invention est compris entre 400 et 20000 Pa, de préférence compris entre 800 et 15000 Pa, de préférence compris entre 1000 et 10000 Pa.
Les compositions selon l’invention peuvent également être caractérisées par leur seuil d’écoulement, ou contrainte seuil tc, exprimée en Pa, qui correspond à la contrainte minimale à appliquer pour permettre à la composition de s’écouler. Le protocole de mesure utilisé est le suivant : un balayage logarithmique en contrainte de 0,5 Pa à 500 Pa en 10 minutes (60 points) est réalisé, et la valeur de la déformation à 25,0°C est relevée. La contrainte seuil correspond au point de rupture de pente de la courbe déformation en fonction de la contrainte.
De préférence, la contrainte seuil tc de la composition selon l’invention est supérieure à 90 Pa, de préférence comprise entre 95 et 1000 Pa, de manière préférentielle comprise entre 100 et 700 Pa.
De préférence, la composition selon l’invention est substantiellement exempte de gélifiant. Par « substantiellement exempte de gélifiant », on entend que la composition selon l’invention comprend moins de 1% en poids par rapport au poids total de composition de gélifiant, de préférence moins de 0,5% en poids, de préférence moins de 0,3% en poids, de préférence moins de 0,1% en poids. De manière avantageuse, la composition selon l’invention est totalement exempte de gélifiant.
Par « gélifiant », on entend un composé, qui, par gélification de la phase continue aqueuse, va augmenter la viscosité de la nanoémulsion. Le gélifiant est par exemple un polymère hydrosoluble tel qu’un dérivé de cellulose comme l'hydroxypropylcellulose, un dérivé d'algues, une gomme naturelle ou un polymère synthétique comme les polymères et copolymères d'acides carboxyvinyliques, par exemple les Carbopols, ou encore les polyuréthanes et les polyuréthanes/polyéthers.
Tensioactif non-ionique
La composition selon l’invention comprend au moins un tensioactif non-ionique choisi parmi :
- les monoesters et les diesters de saccharose à chaîne grasse carbonée ayant de 12 à 18 atomes de carbone,
- les monoesters et les diesters de polyglycérol comportant 2 à 10 motifs glycérol et une ou plusieurs chaînes grasses carbonées ayant de 12 à 16 atomes de carbone, et
- les alkylpolyglucosides.
Le tensioactif non-ionique peut être choisi parmi les monoesters et les diesters de saccharose à chaîne grasse carbonée ayant de 12 à 18 atomes de carbone (i.e. de C12 à C18).
Les monoesters et les diesters de saccharose à chaîne grasse carbonée de C12 à C18 selon l’invention résultent de l’estérification d’un saccharose et d’au moins un acide carboxylique comprenant de 12 à 18 atomes de carbone.
Le terme « saccharose » (aussi appelé sucrose) désigne un diholoside composé d’une unité de D-glucose et d’une unité de D-fructose.
L’acide carboxylique contenant de 12 à 18 atomes de carbone peut comprendre une chaîne alkyle ou alkényle linéaire ou ramifiée, saturée ou insaturée, de préférence saturée.
De préférence, l’acide carboxylique comprend une chaîne alkyle ou alkényle linéaire. De préférence, l’acide carboxylique comprend une chaîne alkyle ou alkényle saturée.
Dans un mode de réalisation préféré de l’invention, les monoesters et les diesters de saccharose à chaîne grasse carbonée de C12 à C18 sont choisis parmi le sucrose laurate, le sucrose palmitate, le sucrose stéarate, le sucrose cocoate et leurs mélanges.
A titre d’exemple, un produit commercial à base de sucrose laurate est disponible sous la dénomination Surfhope SE Cosme C1216 de la société Mitsubishi. Un produit commercial à base de sucrose palmitate est disponible sous la dénomination Surfhope SE Cosme C1616 de la société Mitsubishi. On peut également utiliser un mélange de stéarate de sucrose et de palmitate de sucrose. Un tel produit est notamment commercialisé par Crodesta sous la dénomination Crodesta F1 10. Un autre produit commercial à base de sucrose palmitate et de sucrose stéarate (30/70) est disponible sous la dénomination Crodesta F50 de la société Crodesta. Enfin, on peut utiliser le sucrose cocoate en mélange avec le sorbitan stéarate, tel que le produit commercial disponible sous la dénomination SP Arlacel 2121 de la société Croda (mélange sorbitan stéarate/sucrose cocoate en proportion pondérale 82/18).
De préférence, la nanoémulsion selon l’invention comprend un mélange d’au moins deux monoesters ou diesters de saccharose à chaîne grasse carbonée ayant de 12 à 18 atomes de carbone. De préférence, la nanoémulsion selon l’invention comprend un mélange d’au moins deux monoesters de saccharose à chaîne grasse carbonée ayant de 12 à 18 atomes de carbone, et de préférence un mélange de sucrose laurate et de sucrose palmitate. Alternativement, la nanoémulsion selon l’invention comprend de préférence un mélange d’au moins deux diesters de saccharose à chaîne grasse carbonée ayant de 12 à 18 atomes de carbone. Alternativement, la nanoémulsion selon l’invention comprend de préférence un mélange d’au moins un monoester avec au moins un diester de saccharose à chaîne grasse carbonée ayant de 12 à 18 atomes de carbone. Plus préférentiellement, la nanoémulsion comprend un mélange de sucrose monostéarate et de sucrose distéarate.
Le tensioactif non-ionique peut également être choisi parmi les monoesters et les diesters de polyglycérol comportant 2 à 10 motifs glycérol et une ou plusieurs chaînes grasses carbonées ayant de 12 à 16 atomes de carbone.
Les monoesters et les diesters de polyglycérol comportant 2 à 10 motifs glycérol et une ou plusieurs chaînes grasses carbonées de C12 à C16 résultent de l’estérification d’au moins un acide carboxylique comprenant de 12 à 16 atomes de carbone et d’un polyglycérol comprenant de 2 à 10 motifs glycérol.
L’acide carboxylique comprenant de 12 à 16 atomes de carbone comprend de préférence de 12 à 14 atomes de carbone. Il peut être linéaire ou ramifié, saturé ou insaturé. De préférence, ledit acide carboxylique est linéaire. De préférence, ledit acide carboxylique est saturé. De manière préférentielle, ledit acide carboxylique est l’acide laurique.
Les monoesters et les diesters de polyglycérol peuvent comporter des enchaînements linéaires de 3 à 10, de préférence de 4 à 10 unités de glycérol.
Dans un mode de réalisation préféré de l’invention, les monoesters et les diesters de polyglycérol comportant 2 à 10 motifs glycérol et une ou plusieurs chaînes grasses carbonées de C12 à C16 sont choisis parmi le laurate de polyglycéryl-4, le laurate de polyglycéryl-5, le laurate de polyglycéryl-10 et leurs mélanges.
A titre d’exemple, un produit commercial à base de laurate de polyglycéryl-5 est disponible sous la dénomination SunSoft par la société Taiyo Kagaku, et un produit commercial à base de laurate de polyglycéryl-10 est disponible sous la dénomination Sunsoft Q12 Y par la société Taiyo Kagaku ou sous la dénomination Dermofeel G 10 L par la société Unipex. Un produit commercial comprenant le laurate de polyglycéryl-4 en mélange avec le laurate de sorbitan et le dilauryl citrate, est le produit commercial disponible sous la dénomination Tegocare LTP par la société Evonik Goldschmidt.
Le tensioactif non-ionique peut également être choisi parmi les alkylpolyglucosides. Au sens de la présente invention, on entend par « alkylpolyglycoside » un alkylmonooside (degré de polymérisation 1 ) ou alkylpolyglycoside (degré de polymérisation supérieur à 1 ).
Les alkylpolyglycosides peuvent être utilisés seuls ou sous forme de mélanges de plusieurs alkylpolyglycosides. Ils répondent en général à la structure suivante :
[Chem 1 ]
R(0)(G)x
dans laquelle le radical R est un radical alkyle linéaire ou ramifié en C6-C30, G est un reste de saccharide et x varie de 1 à 5, de préférence de 1 ,05 à 3 et plus préférentiellement de 1 ,1 à 2.
Le reste de saccharide peut être choisi parmi le glucose, dextrose, saccharose, fructose, galactose, maltose, maltotriose, lactose, cellobiose, mannose, ribose, dextrane, talose, allose, xylose, levoglucane, cellulose et amidon. Plus préférentiellement, le reste
de saccharide désigne le glucose. Il est en outre à noter que chaque unité de la partie polyoside de l'alkylpolyglycoside peut être sous forme isomérique a ou b, sous forme L ou D et la configuration du reste saccharide peut être de type furanoside ou pyranoside. Il est bien entendu possible d'utiliser des mélanges d'alkylpolyosides, susceptibles de différer les uns des autres par la nature du motif alkyle porté et/ou la nature de la chaîne polyoside porteuse.
Comme alkylpolyglucosides, on peut citer par exemple le cetearyl glucoside tel que le TEGOCARE CG 90 commercialisé par EVONIK GOLDSCHMIDT, le decylglucoside (Alkyl-C9/C1 1 -polyglucoside (1.4)) comme le produit commercialisé sous la dénomination MYDOL 10 par la société Kao Chemicals, le produit commercialisé sous la dénomination PLANTAREN 2000 UP® par la société Cognis, et le produit commercialisé sous la dénomination ORAMIX NS 10 par la société Seppic ; le caprylyl/capryl glucoside comme le produit commercialisé sous la dénomination ORAMIX CG 1 10 par la Société Seppic ; le laurylglucoside comme les produits commercialisés sous les dénominations PLANTAREN 1200 N et PLANTACARE 1200 par la société Cognis ; et le coco-glucoside comme le produit commercialisé sous la dénomination PLANTACARE 818/UP par la société Cognis, et leurs mélanges.
L'alkypolyglucoside peut être utilisé en mélange avec un alcool gras. Le mélange émulsionnant alcool gras/alkylpolyglycoside pouvant comprendre :
(a) de 5 à 60 % en poids d'alkylpolyglycoside(s), et
(b) de 95 à 40 % en poids d'alcool(s) gras par rapport au poids total dudit mélange. Le ou les alcools gras utilisés peuvent être choisis au sein de ceux présentant de
12 à 22 atomes de carbone, et encore plus préférentiellement de 12 à 18 atomes de carbone. A titre d'exemples particuliers d'alcools gras, on peut notamment citer l'alcool laurique, cétylique, myristique, stéarylique, isostéarylique, palmitique, oléique, béhénylique, arachidylique, seuls ou en mélanges. De préférence on utilise un alcool gras et un alkylpolyoside dont la partie alkyle est identique à celle de l'alcool gras retenu.
Parmi les mélanges alcool gras/alkylpolyglycoside commerciaux, on peut citer les produits vendus par la société SEPPIC sous les appellation MONTANOV ® tels que les mélanges suivants :
Alcool cétylstéarylique/Cocoglucoside- MONTANOV 82®
Alcool arachidylique et alcool béhénylique/arachidylglucoside- MONTANOV 802® Alcool myristylique/Myristylglucoside - MONTANOV 14
Alcool cétylstéarylique/Cétylstéarylglucoside - MONTANOV 68
Alcool en C14-C22/C12-C20 alkylglucoside - MONTANOV L
Cocoalcool /Coco-glucoside - MONTANOV S
Alcool isostéarylique/lsostéarylglucoside - MONTANOV WO 18®.
De préférence, la teneur totale en tensioactif(s) non-ionique(s) va de 1 % à 15% en poids, par rapport au poids total de la composition, de préférence allant de 2% à 10% en poids, et préférentiellement allant de 3% à 8% en poids.
De préférence, lorsque la nanoémulsion comprend un mélange d’au moins deux monoesters ou diesters de saccharose à chaîne grasse carbonée ayant de 12 à 18 atomes de carbone, chaque mono- ou diester est présent en une teneur comprise entre 0,5% à 10% en poids, par rapport au poids total de la composition, de préférence allant de 1 % à 8% en poids, et préférentiellement allant de 2% à 5% en poids.
Tensioactif anionique
La composition selon l’invention comprend au moins un tensioactif anionique choisi parmi les acylglutamates dont le groupe acyle comprend de 14 à 30 atomes de carbone.
Le groupe acyle comprenant de 14 à 30 atomes de carbone est une chaîne grasse provenant d’acide gras, et comprend de préférence de 16 à 22 atomes de carbone. Cette chaîne grasse peut être linéaire, ramifiée, saturée ou insaturée. De préférence, ladite chaîne grasse est linéaire. De préférence, ladite chaîne grasse est saturée.
De préférence, l’acylglutamate dont le groupe acyle comprend de 14 à 30 atomes de carbone est présent sous forme de sel mono- ou disodique.
Dans un mode de réalisation préféré de l’invention, le tensioactif anionique est choisi parmi le sodium glutamate de stéaroyle ou le disodium glutamate de stéaroyle, tels que les produits respectivement commercialisés sous la dénomination Amisoft HS21 P et Amisoft HS1 1 PF par la société Ajinomoto.
De préférence, le tensioactif anionique est présent dans la composition selon l’invention en une teneur allant de 0,01% à 5% en poids, par rapport au poids total de la composition, de préférence allant de 0,1% à 3% en poids, et préférentiellement allant de 0,3% à 1% en poids.
Huile
La composition selon l’invention comprend au moins une huile, ladite huile étant présente en une teneur strictement supérieure à 40% en poids par rapport au poids total de la composition.
La composition peut contenir en outre d'autres corps gras. L’huile et éventuellement les autres corps gras, forment la phase huileuse de la composition.
Par « huile », on entend un corps gras liquide à température ambiante (25°C) et pression atmosphérique (760 mm de Hg soit 105 Pa). L’huile peut être volatile ou non volatile.
Par « huile volatile », on entend au sens de l’invention une huile susceptible de s'évaporer au contact de la peau ou de la fibre kératinique en moins d'une heure, à température ambiante et pression atmosphérique. Les huiles volatiles de l'invention sont des huiles cosmétiques volatiles, liquides à température ambiante, ayant une pression de vapeur non nulle, à température ambiante et pression atmosphérique, allant en particulier de 0,13 Pa à 40 000 Pa (10-3 à 300 mm de Hg), en particulier allant de 1 ,3 Pa à 13 000 Pa (0,01 à 100 mm de Hg), et plus particulièrement allant de 1 ,3 Pa à 1300 Pa (0,01 à 10 mm de Hg).
Par « huile non volatile », on entend une huile restant sur la peau ou la fibre kératinique à température ambiante et pression atmosphérique au moins plusieurs heures et ayant notamment une pression de vapeur inférieure à 103 mm de Hg (0,13 Pa).
Les huiles conformes à l’invention sont choisies de préférence parmi toutes les huiles cosmétiquement acceptables, notamment les huiles minérales, animales, végétales, synthétiques, notamment les huiles hydrocarbonées ou les huiles siliconées et leurs mélanges.
Par « huile hydrocarbonée », on entend une huile comportant principalement des atomes de carbone et d’hydrogène et éventuellement une ou plusieurs fonctions choisies parmi les fonctions hydroxyle, ester, éther, carboxylique.
Par « huile siliconée », on entend une huile comportant dans sa structure des atomes de carbone et au moins un atome de silicium.
Comme huiles utilisables dans la composition de l'invention, on peut citer par exemple :
- les huiles hydrocarbonées d'origine animale, telles que le perhydrosqualène ;
- les huiles hydrocarbonées d'origine végétale, telles que les triglycérides liquides d'acides gras comportant de 4 à 10 atomes de carbone comme les triglycérides des acides heptanoïque ou octanoïque ou encore, par exemple les huiles de tournesol, de maïs, de soja, de courge, de pépins de raisin, de sésame, de noisette, d'abricot, de macadamia, d'arara, de tournesol, de ricin, d'avocat (Persea gratissima oil), les triglycérides des acides caprylique/caprique comme ceux vendus par la société Stearineries Dubois ou ceux vendus sous les dénominations Miglyol 810, 812 et 818 par la société Dynamit Nobel, l'huile de jojoba (Simmondsia chinensis seed oil), l'huile de beurre de karité;
- les esters et les éthers de synthèse, notamment d'acides gras, comme les huiles de formules R1 COOR2 et R10R2 dans laquelle R1 représente le reste d'un acide gras comportant de 6 à 29 atomes de carbone, et R2 représente une chaîne hydrocarbonée, ramifiée ou non, contenant de 3 à 30 atomes de carbone, comme par exemple l'huile de Purcellin, l’heptanoate de stéaryle, le caprylate de stéaryle, le stéarate d’isocétyle, l'isononanoate d'isononyle, le myristate d'isopropyle, le palmitate d'éthyl-2-hexyle, le stéarate d'octyl-2-dodécyle, l'érucate d'octyl-2-dodécyle, l'isostéarate d'isostéaryle ; les esters hydroxylés comme l'isostéaryl lactate, l'octylhydroxystéarate, l'hydroxystéarate d'octyldodécyle, le diisostéarylmalate, le citrate de triisocétyle, les heptanoates, octanoates, decanoates d'alcools gras ; les esters de polyol, comme le dioctanoate de propylène glycol, le diheptanoate de néopentylglycol et le diisononanoate de diéthylèneglycol ; et les esters du pentaérythritol comme le tétraisostéarate de pentaérythrityle ;
- les hydrocarbures linéaires ou ramifiés, d'origine minérale ou synthétique, tels que les huiles de paraffine, volatiles ou non, et leurs dérivés, les huiles hydrocarbonées à chaîne ramifiée comportant de 10 à 20 atomes de carbone telles que l'isohexadécane, l'isododécane, les isoparaffines et leurs mélanges, la vaseline, les polydécènes, le polyisobutène hydrogéné tel que l'huile de Parléam® ;
- les alcools gras ayant de 8 à 26 atomes de carbone, comme l'alcool cétylique, l'alcool stéarylique, le mélange d'alcool cétylique et d'alcool stéarylique (alcool cétylstéarylique), l'octyl dodécanol, le 2-butyloctanol, le 2-hexyldécanol, le 2- undécylpentadécanol, l'alcool oléique ou l'alcool linoléique ;
- les huiles fluorées partiellement hydrocarbonées et/ou siliconées comme celles décrites dans le document JP-A-2-295912 ;
- les huiles de silicone comme les polyméthylsiloxanes (PDMS) volatiles ou non à chaîne siliconée linéaire ou cyclique, liquides ou pâteux à température ambiante, notamment les cyclopolydiméthylsiloxanes (cyclométhicones) telles que la
cyclohexasiloxane ; les polydiméthylsiloxanes comportant des groupements alkyle, alcoxy ou phényle, pendant ou en bout de chaîne siliconée, groupements ayant de 2 à 24 atomes de carbone ; les silicones phénylées comme les phényltriméthicones, les phényldiméthicones, les phényltriméthylsiloxydiphényl- siloxanes, les diphényl- diméthicones, les diphénylméthyldiphényl trisiloxanes, les 2-phényléthyltriméthyl- siloxysilicates, et les polyméthylphénylsiloxanes ; ou
- leurs mélanges.
De préférence, la nanoémulsion selon l’invention comprend au moins une huile de poids moléculaire supérieur à 400 g/mol. Les huiles de poids moléculaire supérieur à 400 g/mol peuvent être choisies parmi les huiles d'origine animale ou végétale, les huiles minérales, les huiles de synthèse et les huiles de silicone, et leurs mélanges.
De préférence, l’huile est choisie parmi le stéarate d'isocétyle, l'huile d'avocat et l'huile de jojoba.
L’huile est présente dans la nanoémulsion en une teneur strictement supérieure à 40% en poids par rapport au poids total de la composition.
De préférence, la teneur en huile présente dans la composition est comprise entre 45 et 90% en poids, de préférence entre 50 et 80% en poids, de préférence entre 55 et 70% en poids par rapport au poids total de la composition.
La nanoémulsion peut comprend en outre un autre corps gras. Les autres corps gras sont par exemple les acides gras comportant de 8 à 30 atomes de carbone, comme l'acide stéarique, l'acide laurique, l’acide cétylique, l'acide palmitique et l'acide oléique, ou les cires comme la lanoline, la cire d'abeille, la cire de Carnauba ou de Candellila, les cires de paraffine, de lignite ou les cires microcristallines, la cérésine ou l'ozokérite, les cires synthétiques comme les cires de polyéthylène, les cires de Fischer-Tropsch. Ces corps gras peuvent être choisis de manière variée par l'homme du métier afin de préparer une composition ayant les propriétés, par exemple de consistance ou de texture souhaitées.
Phase aqueuse
La composition selon l’invention comprend une phase aqueuse comprenant de l’eau, et éventuellement au moins un solvant miscible à l’eau.
Par « solvant miscible à l’eau », on entend selon la présente invention un solvant organique soluble dans l’eau, à 25°C, choisi par exemple parmi les alcanols, linéaires ou ramifiés, en C2-C4, tels que l’éthanol, l'isopropanol, le propanol, le butanol; les polyols ayant notamment de 2 à 20 atomes de carbone, de préférence de 2 à 6 atomes de carbone, comme le glycérol (ou glycérine), le diglycérol, le propylèneglycol, l'isoprène glycol, le dipropylèneglycol, le butylène glycol, l'hexylène glycol, le 1 ,3-propanediol, le pentylène glycol, les polyéthylèneglycols ayant de 2 à 200 motifs d’oxyde d’éthylène ; et leurs mélanges.
De préférence, la phase aqueuse comprend au moins un solvant miscible à l’eau choisi parmi les polyols ayant de 2 à 20 atomes de carbone, de préférence de 2 à 6 atomes de carbone. De préférence, la phase aqueuse comprend au moins deux, de préférence trois, solvants miscibles à l’eau choisis parmi les polyols ayant de 2 à 20 atomes de carbone, de préférence de 2 à 6 atomes de carbone.
De préférence, la composition comprend de 10 à 60% en poids de phase aqueuse par rapport au poids total de la composition, de préférence de 20 à 55% en poids, de préférence de 30 à 53% en poids.
De préférence, la composition comprend de 10 à 55% en poids d’eau par rapport au poids total de la composition, de préférence de 15 à 50% en poids, de préférence de 20 à 45% en poids.
De préférence, la composition comprend de 1 à 30% en poids d’au moins un solvant miscible à l’eau par rapport au poids total de la composition, de préférence de 5 à 20% en poids, de préférence de 7 à 15% en poids.
La nanoémulsion telle que définie ci-dessus est de préférence obtenue par un procédé consistant à mélanger la phase aqueuse et la phase huileuse sous agitation vive, à une température allant de 10 à 80°C, puis à effectuer une homogénéisation à une pression allant de préférence de 6.107 Pa à 1.109 Pa (homogénéisation haute pression).
Les nanoémulsions selon l’invention peuvent être utilisées dans tout domaine où ce type de composition est utile. Elles peuvent constituer notamment des compositions à usage topique et notamment cosmétiques ou dermatologiques. Une composition à usage
topique ou dermatologique contient un milieu physiologiquement acceptable, c'est-à-dire compatible avec la peau, les muqueuses, le cuir chevelu, les yeux et/ou les cheveux.
Les nanoémulsions de l'invention peuvent contenir des actifs hydrosolubles ou liposolubles ayant une activité cosmétique ou dermatologique. Les actifs liposolubles sont dans les globules huileux de l'émulsion, tandis que les actifs hydrosolubles sont dans la phase aqueuse de l'émulsion. On peut citer, à titre d'exemples d'actifs, les vitamines telles que la vitamine E, et leurs dérivés et en particulier leurs esters, les provitamines telles que le panthénol, les humectants et les filtres solaires.
Les nanoémulsions conformes à l'invention peuvent se présenter sous forme de lotion, de sérum, de crème, de lait ou d'eau de toilette et peuvent contenir des adjuvants habituellement utilisés dans les domaines cosmétique, dermatologique et ophtalmique, tels que par exemple les conservateurs, les antioxydants et les parfums.
Les nanoémulsions de l'invention peuvent être par exemple utilisées pour le soin, le traitement, le maquillage des matières kératiniques, notamment de la peau, du visage et/ou du cuir chevelu.
La présente invention concerne donc également un procédé cosmétique de soin des matières kératiniques, de préférence la peau, comprenant l’application sur lesdites matières kératiniques d’une nanoémulsion selon l’invention.
Des exemples concrets, mais nullement limitatifs, illustrant l'invention, vont maintenant être donnés.
Exemples
Exemple 1 : Comparaison des propriétés rhéologiques d’une composition selon l’invention comprenant environ 60% en poids d’huiles avec deux compositions comparatives comprenant environ 20% en poids d’huiles
Une composition selon l’invention (C1 ) et deux compositions comparatives (CC1 et CC2) décrites dans le tableau ci-dessous sont préparées selon le protocole suivant :
Les ingrédients de la phase A sont mélangés et chauffés à 75°C ;
Les ingrédients de la phase B sont mélangés et chauffés à 75°C ;
Sous agitation Rayneri, une pré-émulsion est préparée en introduisant lentement (pendant 5 min) et à température ambiante la phase B dans la phase A.
Cette pré-émulsion est ensuite homogénéisée à l’aide de trois passages par un homogénéisateur haute pression (GEA-Soavi OBL20) fonctionnant à 1 000 bar, la température étant maintenue en dessous de 30°C.
Dans le cas des compositions CC1 et CC2, la phase C est préparée par dispersion du gélifiant à température ambiante à l’aide d’une pâle cadre, et est additionnée à la nano émulsion obtenue ci-dessus sous agitation à l’aide d’une pale cadre.
La composition selon l’invention C1 comprend 59,9% en poids d’huiles et aucun gélifiant, tandis que les compositions comparatives CC1 et CC2 comprennent 19,9% en poids d’huiles et un gélifiant.
[Tableau 1 ]
Le diamètre moyen en volume des gouttes d’huile D(4,3) en pm), l’aspect, et les propriétés rhéologiques (G* et seuil d’écoulement, mesurés selon le protocole décrit dans la description) des différentes compositions sont ensuite évalués ; ils sont décrits dans le tableau suivant :
[Tableau 2]
On constate que les compositions comparatives CC1 et CC2 ne permettent pas d’obtenir un gel compact et non coulant, comme c’est le cas de la composition C1 selon l’invention.
Par ailleurs, un test sensoriel a été réalisé sur 6 personnes entraînées selon le protocole suivant :
50 mI_ de produit est déposé sur le dos de la main et massé pendant 15 secondes.
Différentes caractéristiques organoleptiques sont évaluées au cours de l’application et après 2 minutes.
Résultat : la composition selon l’invention C1 , malgré son taux d’huile élevé (60%), est plus glissante à l’application, plus douce et au final moins collante que les compositions comparatives CC1 et CC2 gélifiées et contenant seulement 20% d’huile.
Ainsi, seule la composition selon l’invention C1 permet d’obtenir un gel compact et non coulant, alors qu’elle ne comprend aucun gélifiant. Par ailleurs, seule cette composition conduit à un effet sensoriel nouveau.
Exemple 2 : Effet de la granulométrie de l’émulsion sur les propriétés rhéologiques
L’effet de la granulométrie sur les propriétés rhéologiques des émulsions a été observé en comparant la composition C1 selon l’invention décrite dans l’exemple 1 et une composition C2 selon l’invention, avec une composition comparative CC3.
Les compositions C2 et CC3 ont été préparées avec les mêmes ingrédients que C1 et ont été pré-émulsionnées suivant le protocole décrit dans l’exemple 1. Ces pré-
émulsions sont ensuite homogénéisées à l’aide de différents équipements permettant de faire varier la taille des gouttes de l’émulsion :
C2 : homogénéisation à l’aide d’une turbine rotor-stator à recirculation de type Symex (CML25) pendant 10 minutes, vitesse de turbine de 9500 trs/min à une température de 80°C, puis l’émulsion est refroidie à 20°C.
CC3 : homogénéisation à l’aide d’une turbine de type Olsa-Maxilab pendant 15 minutes, vitesse de turbine de 4500 trs/min, à une température de 80°C, puis l’émulsion est refroidie à 20°C.
Le diamètre moyen en volume des gouttes d’huile (D(4,3) en pm), l’aspect, et les propriétés rhéologiques (G* et seuil d’écoulement, mesurés selon le protocole décrit dans la description) de C1 , C2 et CC3 sont décrits dans le tableau ci-dessous.
[Tableau 3]
Les résultats montrent qu’à taux d’huile identique, seules les compositions C1 et C2 selon l’invention, dont la granulométrie est inférieure à 500 nm, présentent un aspect gélifié. De plus, les compositions selon l’invention, dont la granulométrie est inférieure à 500 nm, sont jugées moins grasses et moins collantes que la composition comparative à plus forte granulométrie.
Exemple 3 : Impact du taux d’huile sur la texture des émulsions
Deux compositions C3 (invention) et CC4 (comparative) comprenant un taux d’huile respectif de 50% et 40%, ont été préparées selon le protocole de préparation de la composition C2 décrit dans l’exemple 2, avec les ingrédients décrits dans le tableau ci- dessous :
[Tableau 4]
Le diamètre moyen en volume des gouttes d’huile (D(4,3) en pm), l’aspect, et les propriétés rhéologiques (G* et seuil d’écoulement, mesurés selon le protocole décrit dans la description) des compositions CC4 et C3 sont évalués et décrits dans le tableau suivant :
[Tableau 5]
Ces résultats montrent qu’un taux d’huile de 40% (composition CC4) est insuffisant pour conduire à une émulsion gélifiée, même si la taille moyenne des gouttes d’huile est inférieure à 500 nm.
Par ailleurs, la composition C3 est évaluée comme moins collante pendant l’application et plus glissante et filmogène après application, malgré un taux d’huile plus élevé. La rhéologie de la composition C3 (G* = 402 Pa et Seuil = 100 Pa) améliore
l’application du produit, bien que son taux d’huile soit supérieur à celui de la composition CC4.
Exemple 4 : Compositions selon l’invention comprenant des esters de sucre
Les compositions C4 à C6 selon l’invention sont également préparées comme suit :
1 ) La composition C4 selon l’invention présente la formulation détaillée dans le tableau 6 ci-dessous.
Elle est préparée en mélangeant les ingrédients de la phase A, et les ingrédients de la phase B, à 80°C, sous agitation avec une turbine rotor-stator à recirculation de type Symex (CML25) pendant 10 minutes, avec une vitesse turbine 9500 trs/min et à une température de 80°C. L’émulsion est ensuite refroidie à 20°C. [Tableau 6]
On obtient pour la composition C4 une émulsion opalescente gélifiée avec un diamètre moyen de goutte D(4,3) de 0,246 pm.
2) La composition C5 selon l’invention présente la formulation détaillée dans le tableau 7 ci-dessous.
Elle est préparée selon le protocole suivant : dans une turbine rotor-stator à recirculation de type Symex (CML25) on introduit la phase A que l’on porte à 75°C puis on additionne la phase B à 75°C que l’on émulsionne pendant 20 minutes avec une vitesse de turbine 9500 trs/min. Le mélange est ensuite refroidi à 25°C.
[Tableau 71
On obtient pour la composition C5 une émulsion opalescente gélifiée avec un diamètre moyen de goutte D(4,3) de 0,153 mm.
3) La composition C6 selon l’invention présente la formulation détaillée dans le tableau 8 ci-dessous.
Elle est préparée selon le protocole suivant : les ingrédients de la phase A et les ingrédients de la phase B sont mélangés avec une turbine rotor-stator à recirculation de type Symex (CML25) pendant 10 minutes, avec une vitesse turbine 9000 trs/min et à une température de 80°C. L’émulsion est ensuite refroidie à 20°C.
[Tableau 8]
Exemple 5 : Compositions selon l’invention formulées pour différentes applications
Les compositions C7 à C9 selon l’invention présentent les formulations détaillées dans les tableaux 8 à 10 ci-dessous. Ces compositions correspondent respectivement à une composition anti-âge, à une composition photoprotectrice et à une composition hydratante.
Ces compositions ont été préparées selon le protocole de préparation de la composition C2 décrit dans l’exemple 2 (pour la composition C8), ou bien selon l’exemple 4 (pour les compositions C7 et C9).
[Tableau 8]
[Tableau 10]