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SASU ou micro-entreprise ? Comparatif chiffré 2026

Horloge

Temps de lecture : 11 min

Résumé de l'article

  • SASU ou micro-entreprise : deux logiques distinctes, la micro reste individuelle, la SASU est une société morale.
  • Fiscalité : le micro-entrepreneur paie l'IR après abattement, la SASU relève de l'IS.
  • Cotisations sociales : environ 21,2 % du CA en micro contre 45 % du brut en SASU.
  • Charges réelles : la SASU permet de les déduire du résultat, contrairement à la micro-entreprise.
  • Maintien des ARE : une SASU sans rémunération conserve 100 % des allocations chômage.
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Auteur

Grégoire Charroyer

Expert en création d’entreprise chez Swapn

Article mis à jour

Le 28 août 2026

SASU vs micro-entreprise : les 10 différences clés en un coup d'œil

Micro-entreprise vs SASU

Choisir entre SASU ou micro-entreprise, c'est choisir entre deux logiques très différentes. La micro-entreprise est une entreprise individuelle (personne physique) au régime simplifié. La SASU est une société unipersonnelle (personne morale) avec une comptabilité complète. Le bon choix dépend de votre CA prévisionnel, de vos charges réelles, de votre besoin de protection sociale et de vos perspectives de croissance. Voici un tableau synthétique avant d'entrer dans le détail de chaque critère.

Critère Micro-entreprise SASU
Forme juridique Entreprise individuelle (personne physique) Société par actions simplifiée unipersonnelle (personne morale)
Nombre d'associés 1 seul (entrepreneur individuel) 1 seul (associé unique)
Capital social Aucun Minimum 1 €
Responsabilité Limitée au patrimoine professionnel (loi 2022) Limitée aux apports
Régime fiscal IR (micro-fiscal, abattement forfaitaire) IS par défaut (option IR possible 5 ans)
TVA Franchise en base jusqu'aux seuils légaux Assujetti par défaut, TVA récupérable
Cotisations sociales 12,3 % à 25,6 % du CA selon l'activité ~75 à 82 % du salaire net (~45 % du brut)
Régime social SSI - travailleur non salarié (TNS) Régime général - assimilé salarié
Plafond de CA 203 100 € (vente) / 83 600 € (services) Aucun plafond
Comptabilité Livre des recettes + registre des achats Bilan, compte de résultat, liasse fiscale
Coût de création Gratuit 180 à 700 €
Évolution possible Aucune (statut individuel) Entrée d'associés (SASU → SAS)
Fermeture Déclaration gratuite Dissolution + liquidation (500 à 1 000 €)

Quel régime fiscal : impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés ?

La fiscalité est l'un des critères les plus structurants pour choisir entre SASU et micro-entreprise. Elle détermine comment vos revenus sont calculés, imposés, et combien il vous reste en poche à la fin de l'année.

Comment est imposé le micro-entrepreneur ?

Le micro-entrepreneur relève du régime micro-fiscal. L'administration applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires pour déterminer le bénéfice imposable :

  • 71 % pour les activités de vente de marchandises
  • 50 % pour les prestations de services BIC
  • 34 % pour les prestations de services BNC (professions libérales)

Le bénéfice après abattement est intégré aux autres revenus du foyer fiscal et soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR).

Exemple : pour 50 000 € de CA en prestation de services BIC, l'abattement de 50 % donne un revenu imposable de 25 000 €. Seul ce montant est soumis à l'IR.

Le micro-entrepreneur peut aussi opter pour le versement forfaitaire libératoire (VFL). Ce mécanisme permet de payer l'IR en même temps que les cotisations, à un taux fixe : 1 % (vente), 1,7 % (services BIC) ou 2,2 % (services BNC). Condition : le revenu fiscal de référence du foyer (N-2) ne doit pas dépasser un certain seuil par part de quotient familial.

Comment est imposée la SASU ?

La SASU est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) par défaut. Deux taux s'appliquent :

  • 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (taux réduit, sous conditions : CA HT inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré, détenu à 75 % ou plus par des personnes physiques)
  • 25 % au-delà

La rémunération versée au président est déductible du résultat fiscal de la société. C'est un point clé : plus le président se verse de salaire, plus le résultat imposable à l'IS diminue.

Les dividendes distribués à l'associé unique sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, au taux global de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). L'associé peut aussi opter pour le barème progressif de l'IR si c'est plus avantageux.

La SASU peut opter pour l'IR pendant ses 5 premières années d'existence, sous conditions (moins de 50 salariés, CA inférieur à 10 M€, droits de vote détenus majoritairement par des personnes physiques).

Bon à savoir : le président de SASU peut arbitrer entre rémunération (déductible du résultat, soumise aux cotisations sociales) et dividendes (soumis à la flat tax de 31,4 %, sans cotisations sociales). L'équilibre optimal dépend de son taux marginal d'imposition (TMI) personnel et du niveau de résultat de la société. Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez notre article dédié à salaire ou dividende en SASU.

Franchise en base de TVA ou collecte obligatoire ?

En micro-entreprise, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA tant que votre CA reste sous les seuils légaux. Vous ne facturez pas de TVA à vos clients, mais vous ne récupérez pas non plus la TVA déductible sur vos achats. Pour tout comprendre sur ce mécanisme, consultez notre guide sur la TVA en micro-entreprise.

Type d'activité Seuil de franchise en base
Prestations de services 37 500 €
Vente de marchandises 85 000 €

En SASU, vous êtes assujetti à la TVA dès le premier euro (sauf option pour la franchise en base si vous êtes éligible). Vous facturez la TVA collectée à vos clients et vous récupérez la TVA sur vos achats professionnels (matériel, logiciels, véhicule, locaux).

Si vous avez des investissements importants au démarrage, la récupération de TVA en SASU peut représenter plusieurs milliers d'euros d'économie. À l'inverse, si vous vendez à des particuliers et n'avez pas de charges, la franchise en base de la micro-entreprise simplifie votre facturation.

Bon à savoir : la réforme de la franchise en base de TVA applicable depuis 2025 a modifié certains seuils et conditions. Vérifiez les plafonds en vigueur au moment de votre création.

Cotisations sociales : combien coûte chaque statut ?

Les cotisations sociales sont souvent le premier poste de dépenses d'un entrepreneur. Leur mode de calcul diffère radicalement entre la micro-entreprise et la SASU.

Les taux de cotisations en micro-entreprise

Les cotisations sont calculées sur le CA encaissé, pas sur le bénéfice. Voici les taux par type d'activité :

  • Achat-revente : 12,3 % du CA
  • Prestations de services BIC : 21,2 % du CA
  • Prestations de services BNC (hors CIPAV) : 25,6 % du CA
  • Professions libérales CIPAV : 23,2 % du CA

Avantage majeur : zéro CA encaissé = zéro cotisation. Vous ne payez que si vous gagnez de l'argent.

Avec l'ACRE (aide à la création ou à la reprise d'entreprise), les taux sont réduits de 25 % pendant la première année d'activité. Un prestataire de services BIC paie alors 15,9 % au lieu de 21,2 %. Les conditions d'éligibilité à ce dispositif ont évolué : retrouvez toutes les informations sur l'ACRE en 2026.

Les cotisations du président de SASU

Le président de SASU est affilié au régime général de la Sécurité sociale en tant qu'assimilé salarié. Ses cotisations s'élèvent à environ 75 à 82 % de son salaire net, soit environ 45 % du salaire brut. Un bulletin de paie est obligatoire chaque mois où une rémunération est versée.

Cette couverture inclut l'assurance maladie, la retraite de base et complémentaire (AGIRC-ARRCO), mais pas l'assurance chômage. Le président n'est pas salarié au sens du droit du travail : il est mandataire social.

Si le président ne se verse aucune rémunération, il ne paie aucune cotisation, mais il ne valide aucun trimestre de retraite et n'a aucune couverture sociale.

Comparaison chiffrée pour 25 000 €, 50 000 € et 80 000 € de CA

Pour rendre le comparatif SASU vs micro-entrepreneur concret, voici trois simulations. Hypothèses communes : prestataire de services BIC (consultant, développeur, formateur), célibataire sans enfant, pas d'autres revenus, charges réelles de 10 % du CA.

Pour la SASU, le scénario retenu est le plus favorable fiscalement : zéro rémunération et 100 % de dividendes (pas de cotisations sociales, mais aucune couverture sociale).

CA de 25 000 €

En micro-entreprise : cotisations de 5 300 € (21,2 % du CA), charges réelles de 2 500 €, revenu imposable de 12 500 € (abattement 50 %), IR d'environ 100 €. Revenu net en poche : 17 100 €.

En SASU : charges réelles de 2 500 €, résultat imposable de 22 500 €, IS de 3 375 € (15 %), dividendes de 19 125 €, flat tax de 6 005 €. Revenu net en poche : 13 100 €.

La micro-entreprise laisse environ 4 000 € de plus.

CA de 50 000 €

En micro-entreprise : cotisations de 10 600 €, charges de 5 000 €, revenu imposable de 25 000 €, IR d'environ 1 500 €. Revenu net : 32 900 €.

En SASU : charges de 5 000 €, résultat de 45 000 €, IS de 7 000 € (15 % sur 42 500 € + 25 % sur 2 500 €), dividendes de 38 000 €, flat tax de 11 932 €. Revenu net : 26 100 €.

La micro-entreprise laisse environ 6 800 € de plus.

CA de 80 000 €

En micro-entreprise : cotisations de 16 960 €, charges de 8 000 €, revenu imposable de 40 000 €, IR d'environ 5 200 €. Revenu net : 49 800 €.

En SASU : charges de 8 000 €, résultat de 72 000 €, IS de 13 750 €, dividendes de 58 250 €, flat tax de 18 291 €. Revenu net : 40 000 €.

La micro-entreprise laisse environ 9 800 € de plus sur le papier. Mais attention : le plafond micro pour les services est de 83 600 €. À ce niveau de CA, le régime micro n'est plus viable à terme, et la SASU devient la seule option pérenne.

Tableau récapitulatif

CA annuel Revenu net micro Revenu net SASU Écart
25 000 € ~17 100 € ~13 100 € +4 000 € micro
50 000 € ~32 900 € ~26 100 € +6 800 € micro
80 000 € ~49 800 € ~40 000 € +9 800 € micro

Ces simulations reposent sur des charges réelles faibles (10 % du CA). Le résultat s'inverse quand les charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire. Un prestataire BIC dont les charges atteignent 35 à 40 % du CA (locaux, sous-traitance, déplacements) paie de l'IR sur un bénéfice fictif en micro, alors qu'en SASU, chaque euro de charge réduit le résultat imposable. C'est à ce moment que la SASU devient financièrement plus avantageuse.

La SASU a aussi des atouts que les chiffres ne montrent pas : récupération de TVA sur les investissements, possibilité de laisser des bénéfices dans la société pour financer la croissance, et maintien intégral des ARE pour les demandeurs d'emploi.

Pour gérer les obligations comptables de la SASU (bilan, liasse fiscale, déclarations de TVA) sans y consacrer des heures, des solutions de comptabilité en ligne comme Swapn (dès 29 € HT/mois, sans engagement) prennent en charge la tenue comptable, les déclarations de TVA et le bilan annuel certifié par un Expert-Comptable.

Protection sociale : quelle couverture selon le statut ?

La couverture sociale varie fortement entre les deux statuts. Un micro-entrepreneur et un président de SASU ne cotisent pas aux mêmes caisses et ne bénéficient pas des mêmes droits.

La couverture du micro-entrepreneur (SSI)

Le micro-entrepreneur est affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Il bénéficie d'une couverture maladie et de droits à la retraite (base et complémentaire), calculés sur le CA déclaré.

Les indemnités journalières en cas d'arrêt maladie sont accessibles après un an d'affiliation, mais leur montant reste limité. Le micro-entrepreneur n'a pas d'assurance chômage, sauf l'allocation des travailleurs indépendants (ATI), soumise à des conditions très restrictives (liquidation judiciaire, CA minimum sur les 2 dernières années). Pour en savoir plus sur les droits à la retraite en SASU, consultez notre guide dédié.

La couverture du président de SASU (régime général)

Le président de SASU rémunéré est affilié au régime général de la Sécurité sociale. Sa couverture est identique à celle d'un salarié : assurance maladie, maternité, retraite de base et complémentaire AGIRC-ARRCO.

Il ne cotise pas à l'assurance chômage. En cas de cessation d'activité, il ne peut pas bénéficier des allocations France Travail. Il peut toutefois souscrire une assurance chômage complémentaire privée (GSC, APPI).

Point important : un président qui ne se verse aucune rémunération ne valide aucun trimestre de retraite et n'a aucune couverture sociale active.

Bon à savoir : un créateur d'entreprise en SASU qui ne se verse aucune rémunération peut maintenir intégralement ses allocations chômage (ARE). En micro-entreprise, le CA déclaré réduit mécaniquement le montant des ARE versées chaque mois.

Protection du patrimoine personnel : qu'est-ce qui a changé ?

La protection du patrimoine personnel a longtemps été un argument fort en faveur de la SASU. La loi a changé la donne en 2022.

La SASU : responsabilité limitée aux apports

La SASU est une personne morale distincte de son dirigeant. Le patrimoine personnel du président est protégé : sa responsabilité est limitée au montant de ses apports dans le capital social.

Deux exceptions existent : la faute de gestion avérée (le tribunal peut alors étendre la responsabilité au patrimoine personnel) et la caution personnelle donnée à une banque pour obtenir un prêt professionnel.

La micro-entreprise : la protection renforcée depuis la loi 2022

Avant 2022, l'entrepreneur individuel engageait tout son patrimoine personnel pour ses dettes professionnelles (sauf sa résidence principale, protégée depuis la loi Macron de 2015).

La loi du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante a instauré une séparation automatique entre patrimoine professionnel et patrimoine personnel. Depuis, seul le patrimoine professionnel est engageable par défaut pour les dettes liées à l'activité. Pour mieux comprendre les spécificités de ce statut, consultez notre article sur la forme juridique de la micro-entreprise.

Attention : la SASU reste plus protectrice car la personnalité morale crée un écran juridique complet entre l'entrepreneur et la société. En micro-entreprise, la séparation des patrimoines repose sur une distinction légale, pas sur une entité juridique distincte. Les créanciers professionnels peuvent, dans certains cas, demander la levée de cette protection.

Création et formalités : coût, délai et complexité

Les formalités de création diffèrent radicalement entre les deux statuts, tant en complexité qu'en coût.

Créer une micro-entreprise : simple et gratuit

La déclaration se fait en ligne sur le Guichet Unique (formalites.entreprises.gouv.fr). Les démarches sont gratuites (sauf pour les agents commerciaux : environ 25 €).

  • Pas de statuts à rédiger
  • Pas de capital social à déposer
  • Pas d'annonce légale à publier
  • Inscription automatique au Registre National des Entreprises (RNE)
  • Délai : quelques jours pour recevoir votre numéro SIRET

Créer une SASU : les 4 étapes et leurs coûts

Comment ouvrir sa SASU

La création d'une SASU demande plus de formalités :

  1. Rédaction des statuts : gratuit si vous les rédigez vous-même (risque d'erreur), 150 à 500 € via un professionnel. Vous pouvez vous appuyer sur un modèle de statuts SASU gratuit et conforme.
  2. Dépôt du capital social : minimum 1 €, dépôt auprès d'une banque ou d'un notaire
  3. Publication d'une annonce légale : environ 142 € en France métropolitaine (jusqu'à 167 € dans certains départements)
  4. Immatriculation via le Guichet Unique : frais de greffe d'environ 37,45 € pour une activité commerciale, inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS)

Le coût total se situe entre 180 et 700 € selon que vous rédigez les statuts vous-même ou non. Pour une estimation précise, consultez notre article sur le coût de création d'une SASU. Comptez 1 à 3 semaines pour obtenir votre Kbis.

Bon à savoir : Des services comme Swapn prennent en charge la création de SASU gratuitement (0 €), avec rédaction des statuts, annonce légale, dépôt au greffe et obtention du Kbis.

Quelles activités ne peuvent pas être exercées en micro-entreprise ?

Certaines activités sont exclues du régime micro-entreprise. Si la vôtre figure dans cette liste, la SASU est une alternative directe.

  • Activités agricoles rattachées à la MSA
  • Activités relevant de la TVA immobilière (marchands de biens, lotisseurs)
  • Certaines professions libérales réglementées non affiliées à la CIPAV : avocat, médecin, infirmier, sage-femme, expert-comptable
  • Activités de location de matériel ou de biens de consommation durable
  • Artistes-auteurs (régime spécifique MDA/AGESSA)
  • Officiers publics et ministériels (notaires, huissiers)

Si votre activité est interdite en micro-entreprise, vous n'avez pas à hésiter : la SASU (ou une autre forme de société) est votre seule option.

Bon à savoir : Pour choisir le bon statut selon votre situation, notre simulateur de statut juridique peut vous aider à trancher rapidement.

Évolution de l'activité : passage micro → SASU et entrée d'associés

Votre activité peut évoluer, et votre statut doit pouvoir suivre. La micro-entreprise et la SASU ne donnent pas les mêmes perspectives de croissance.

Pourquoi et quand passer de la micro-entreprise à la SASU ?

Plusieurs signaux indiquent qu'il est temps de quitter la micro-entreprise :

  • Dépassement des plafonds de la micro-entreprise (203 100 € en vente, 83 600 € en services) pendant 2 années consécutives
  • Charges réelles supérieures à l'abattement forfaitaire (vous payez de l'IR sur un bénéfice fictif)
  • Besoin de récupérer la TVA sur des investissements importants
  • Projet de recrutement ou de sous-traitance régulière

Le passage de la micro-entreprise à la SASU n'est pas une « transformation ». Il faut fermer la micro-entreprise (déclaration de cessation d'activité sur le Guichet Unique), puis créer la SASU avec ses propres formalités. Cela implique un changement de régime fiscal, de régime social et l'apparition d'obligations comptables nouvelles : bilan annuel, compte de résultat, liasse fiscale. Notre guide sur le passage de la micro-entreprise à la SASU détaille toutes les étapes à suivre.

Anticipez la transition. N'attendez pas le dépassement de seuils pour lancer les démarches.

La SASU peut accueillir des associés, pas la micro-entreprise

La SASU peut devenir SAS (société pluripersonnelle) par simple cession d'actions ou émission de nouvelles actions. La personnalité morale est conservée, il n'y a pas de changement de forme juridique et pas d'impact fiscal. Pour comprendre les modalités de cette transformation, consultez notre article sur le passage de la SASU en SAS.

Vous pouvez faire entrer un associé opérationnel, un investisseur ou un business angel sans créer une nouvelle structure. C'est un argument fort si vous avez des perspectives de croissance ou un projet de levée de fonds.

Bon à savoir : En micro-entreprise, aucune association n'est possible. Le statut est strictement individuel. Pour accueillir un partenaire, vous devez créer une société.

SASU ou micro-entreprise : comment choisir selon votre profil ?

Le meilleur statut dépend de votre situation personnelle, de votre CA prévisionnel et de vos priorités. Voici quatre profils types pour vous aider à trancher entre auto-entrepreneur ou SASU.

Vous démarrez une activité de services avec un CA modeste (< 35 000 €)

La micro-entreprise est le choix le plus adapté. Zéro frais de création, cotisations proportionnelles au CA, comptabilité minimale. Vous testez votre projet à moindre risque et pouvez basculer vers la SASU si l'activité décolle. Pour bien démarrer, retrouvez nos conseils pour lancer sa micro-entreprise.

Vous visez un CA supérieur à 50 000 € en prestation de services

La SASU mérite d'être envisagée, surtout si vos charges réelles sont élevées (supérieures à 35-40 % du CA). La déduction des charges, la récupération de TVA sur les investissements et la crédibilité d'une personne morale auprès de vos clients sont des atouts concrets. L'arbitrage entre rémunération et dividendes permet aussi d'adapter votre fiscalité à votre situation. Pour aller plus loin, notre article sur l'optimisation fiscale en SASU présente les principales stratégies disponibles.

Vous êtes demandeur d'emploi et souhaitez maintenir vos ARE

La SASU sans rémunération permet de maintenir 100 % de vos allocations chômage (ARE). Aucun revenu déclaré = aucune réduction de vos droits. En micro-entreprise, chaque euro de CA déclaré réduit proportionnellement le montant de vos ARE.

Bon à savoir : cette stratégie est valable pendant toute la durée de vos droits ARE. Elle vous permet de développer votre activité en SASU, d'accumuler de la trésorerie dans la société, et de commencer à vous rémunérer une fois vos allocations épuisées. Notre guide sur le cumul SASU et chômage détaille les conditions à respecter.

Vous avez des charges professionnelles élevées

En micro-entreprise, l'abattement forfaitaire remplace la déduction des charges réelles. Si vos dépenses professionnelles (loyer, matériel, déplacements, sous-traitance) dépassent cet abattement, vous payez de l'IR sur un bénéfice que vous n'avez pas réellement perçu. Pour comprendre ce que vous pouvez déduire, consultez notre guide sur les frais déductibles en SASU.

En SASU, toutes les charges professionnelles sont déductibles du résultat fiscal. Un consultant avec 60 000 € de CA et 25 000 € de charges paie de l'IS sur 35 000 € de résultat, pas sur 30 000 € (abattement fictif de 50 %).

Les questions fréquentes sur la SASU et la micro-entreprise

Quel statut choisir entre SASU et auto-entrepreneur pour payer moins de charges ?

En dessous de 35 000 € de CA annuel en services, la micro-entreprise coûte moins cher : les cotisations sont de 21,2 % du CA contre environ 45 % du brut en SASU. Au-delà, la SASU permet de déduire les charges réelles et d'arbitrer entre rémunération et dividendes, ce qui peut réduire la charge globale.

Puis-je cumuler micro-entreprise et SASU en même temps ?

Pas pour la même activité. Vous pouvez être président de SASU pour une activité et micro-entrepreneur pour une activité totalement distincte, sous réserve de respecter les conditions de chaque régime. Notre article sur le cumul SASU et micro-entreprise détaille les règles applicables.

Comment passer de micro-entreprise à SASU ?

Il faut d'abord fermer votre micro-entreprise (déclaration de cessation sur le Guichet Unique), puis créer la SASU. Comptez 2 à 4 semaines et un budget de 180 à 700 €. Ce n'est pas une transformation directe : ce sont deux démarches séparées.

Est-ce que je garde mes allocations chômage (ARE) en créant une SASU ?

Oui, si vous ne vous versez aucune rémunération en tant que président. Vos ARE sont maintenues intégralement. En micro-entreprise, le CA déclaré réduit proportionnellement le montant de vos allocations chaque mois.

Quels sont les inconvénients de la SASU par rapport à la micro-entreprise ?

Les principaux sont le coût de création (180 à 700 €), la comptabilité complète obligatoire (bilan, liasse fiscale, déclarations de TVA), les cotisations élevées sur la rémunération et le coût de fermeture par dissolution et liquidation (500 à 1 000 €). Notre article sur les avantages et inconvénients de la SASU présente un bilan complet.

À partir de quel chiffre d'affaires la SASU devient-elle plus avantageuse ?

Il n'y a pas de seuil universel. Le point de bascule dépend surtout du niveau de charges réelles. En services BIC, la SASU devient intéressante quand les charges dépassent 35 à 40 % du CA, souvent au-delà de 40 000 à 50 000 € de CA annuel. Utilisez notre simulateur de revenus SASU pour calculer votre situation précise.

La micro-entreprise est-elle compatible avec toutes les activités ?

Non. Les activités agricoles (MSA), certaines professions libérales réglementées non affiliées à la CIPAV (médecin, avocat, expert-comptable), les artistes-auteurs et les officiers publics ne peuvent pas exercer en micro-entreprise.

Est-ce qu'un président de SASU a droit à l'assurance chômage ?

Non, le président est mandataire social et ne cotise pas à l'assurance chômage. Il peut souscrire une assurance privée (GSC, APPI). Un créateur qui avait des droits ARE avant la création de la SASU peut en revanche les maintenir.

Vaut-il mieux une SASU ou une micro-entreprise pour un consultant freelance ?

Avec un CA inférieur à 35 000 € et peu de charges, la micro-entreprise est plus simple et moins coûteuse. Au-delà de 50 000 € ou avec des charges importantes (coworking, déplacements, logiciels), la SASU permet de les déduire et d'adapter la fiscalité. Consultez notre article sur les avantages de la SASU pour les consultants pour une analyse détaillée.

Peut-on faire entrer un associé dans une SASU ?

Oui, il suffit de céder ou d'émettre de nouvelles actions : la SASU devient une SAS sans changement de forme juridique ni impact fiscal. En micro-entreprise, aucune association n'est possible.

Sources & Références

Service-Public : Micro-entrepreneur

URSSAF : L'essentiel du statut de micro-entrepreneur

Légifrance : Loi n° 2022-172 du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante

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