Implant oculaire à optique souple La présente invention a pour objet un implant intraoculaire à optique souple. De façon plus précise, l'invention concerne un implant intraoculaire du type mentionné ci-dessus dont la partie optique est réalisée de telle manière que l'implant puisse être facilement placé dans un injecteur d'implant en vue de l'injection de celui-ci dans l'œil et plus précisément dans le sac capsulaire du patient. Il est bien connu que les implants intraoculaires sont constitués par une partie optique de forme sensiblement circulaire qui permet la correction de la vision du patient et d'une partie haptique qui permet le maintien mécanique de la partie optique de l'implant dans l'œil du patient de telle manière que l'axe optique de l'implant soit sensiblement confondu avec l'axe optique de l'œil du patient. Grâce aux techniques chirurgicales utilisées maintenant pour réaliser l'ablation du cristallin, par exemple la technique dite de phaco- émulsification, il est possible de procéder à l'ablation du cristallin en ne réalisant qu'une incision de dimension très faible dans la cornée de l'œil du patient. Cette incision a typiquement une longueur de l'ordre de 3 mm. II était donc intéressant de concevoir des implants intraoculaires qui puissent être mis en place dans l'œil du patient après l'ablation du cristallin à travers l'incision réalisée pour l'ablation de celui-ci. Dans ce but, on a conçu des implants intraoculaires dans lesquels la partie optique est réalisée à l'aide d'un matériau souple qui peut être un acrylique hydrophile ou hydrophobe par exemple le produit du type hydrogel. La partie optique étant souple, il est possible de la plier autour d'un de ses diamètres pour insérer l'implant à travers l'incision de dimension réduite dans l'œil et le plus souvent dans le sac capsulaire. Pour réaliser le pliage de l'implant et son injection dans l'œil, on a conçu des dispositifs de mise en place appelés injecteurs d'implant qui sont constitués essentiellement par une partie mécanique permettant de réaliser le pliage correct de la partie optique et subsidiairement de la partie haptique, d'une canule à travers laquelle l'implant plié est injecté dans l'œil et d'un piston pour provoquer le déplacement de l'implant plié dans la canule et sa sortie hors de celle-ci dans l'œil du patient. De tels
injecteurs sont notamment décrits dans la demande de brevet européen N° 01 936 558.4. La réalisation de la partie haptique avec un matériau identique à celui qui sert à réaliser la partie optique, notamment un matériau du type acrylique, soulève des problèmes de réalisation en raison des propriétés mécaniques médiocres de ce type de matériau. On a donc proposé de réaliser la partie haptique en un matériau dit dur et typiquement le PMMA dont la compatibilité biologique est bien connue. Cependant, lors du pliage de l'implant à l'aide de Pinjecteur, les anses haptiques réalisées en PMMA risquent d'être cassées ou altérées sous l'effet de la force de pliage. Un objet de la présente invention est donc de fournir un implant intraoculaire à optique souple qui comporte une partie haptique pouvant être aisément pliée par l'injecteur sans risque significatif de rupture. Un autre objet de l'invention est de fournir un implant intraoculaire qui de plus comporte une partie haptique telle que lors de la mise en place de l'implant dans le sac capsulaire le dioptre postérieur de la partie optique soit effectivement appliqué contre la partie postérieure du sac capsulaire. Un troisième objet de l'invention est de fournir un implant intraoculaire dont la partie haptique permet d'éviter la formation de plis dans le sac capsulaire. Pour atteindre ces buts selon l'invention, l'implant intraoculaire comprenant une partie optique sensiblement circulaire réalisée en matériau souple et une partie haptique constituée par deux anses rapportées réalisées en un matériau distinct de celui qui constitue la partie optique, est caractérisé en ce que chaque anse qui n'est pas réalisée en PMMA a une section droite sensiblement constante et comporte une extrémité de raccordement à la partie optique, une partie médiane sensiblement rectiligne en projection dans le plan optique et une partie de contact avec la paroi de l'œil en forme de courbe, ladite partie médiane faisant un angle a vers l'avant dans la direction de l'axe optique par rapport à au moins une portion de la partie de raccordement et un angle b vers l'arrière par rapport à la partie de contact, l'angle b étant sensiblement égal à l'angle a de telle manière que au moins une portion
de la partie de contact de l'anse soit sensiblement disposée dans un plan parallèle au plan optique. On comprend que grâce au fait que les anses haptiques ne sont pas réalisées en PMMA, mais en un matériau pliable, l'implant peut être aisément plié à l'aide de l'injecteur d'implant. En outre, grâce à la double angulation des anses haptiques celles-ci tendent effectivement à plaquer le dioptre postérieur de la partie optique de l'implant contre la paroi postérieure du sac capsulaire. De plus, comme la partie des anses au contact du sac capsulaire est parallèle au plan optique de l'implant, on évite la formation de plis dans le sac capsulaire. De plus, on obtient un bon appui de l'anse sur la zone équatoriale du sac capsulaire. Selon un mode préféré de réalisation, les anses haptiques sont réalisées en polyéther sulfoné. Ce matériau permet une réalisation aisée des anses rapportées sur la partie optique. En outre, ce matériau a de grandes qualités de biocompatibilité. Enfin et surtout, ce matériau peut être aisément plié par l'injecteur d'implant. De préférence encore, le bord périphérique de la partie optique fait avec la périphérie du dioptre postérieur de celle-ci un angle compris entre 90 et 110 degrés. Ainsi, la face postérieure de la partie optique présente "un bord carré". Ce bord carré étant appliqué avec une certaine pression grâce à la forme particulière des anses haptiques contre la partie postérieure du sac capsulaire permet d'éviter ou de limiter très sensiblement la prolifération de cellules sur la face postérieure du sac capsulaire. D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront mieux à la lecture de la description qui suit d'un mode préféré de réalisation de l'invention donné à titre d'exemple non limitatif. La description se réfère aux figures annexées sur lesquelles : - la figure 1A est une vue de face de l'implant intraoculaire selon l'invention ; - la figure 1B est une vue de côté de l'implant de la figure 1A ; - la figure 2 est une vue de détail montrant le bord périphérique de la partie optique ;
- la figure 3 illustre la mise en place de l'implant intraoculaire dans le sac capsulaire ; et - la figure 4 illustre l'effet anti-halo du mode de réalisation de la figure 2. En se référant tout d'abord aux figures 1A et 1B, on va décrire un mode de réalisation de l'implant intraoculaire selon l'invention. L'implant est constitué par une partie optique 10 de forme sensiblement circulaire présentant un bord périphérique 12, un dioptre antérieur 14 et un dioptre postérieur 16. La partie optique est réalisée en un matériau dit souple. Ce matériau étant de préférence un acrylique hydrophile par exemple du genre hydrogel. La partie haptique de l'implant est constituée par deux anses haptiques 18 et 20 qui sont disposées symétriquement par rapport au centre optique O de la partie optique 10. Les anses optiques 18 et 20 sont réalisées en un matériau distinct du PMMA et biocompatible. Le matériau constituant les anses optiques est de préférence un polyéthersulfoné, un polyimide ou un polyfluorure de vinylidène. Ces matériaux sont aisément pliables à l'aide de l'injecteur d'implant et ils présentent une grande biocompatibilité avec les tissus constituant l'œil. Les anses 18 et 20 qui sont identiques sont constituées par un fil du matériau décrit ci-dessus présentant un diamètre sensiblement constant de l'ordre de 125 microns. Dans l'exemple particulier décrit, le diamètre de la partie optique est égal à 6 mm et le diamètre externe de l'implant, au repos, de 13 mm. Une extrémité de chaque anse référencée 22 est insérée dans un évidement pratiqué dans la partie optique. Cette partie 22 de chaque anse constitue une portion ou extrémité de raccordement. L'anse se prolonge par une partie médiane 24 qui est sensiblement rectiligne. Elle se termine par une partie de contact 26 qui présente une extrémité libre 26a. La partie de contact 26 présente une courbure régulière. Une portion de la partie de contact 26b est destinée à venir effectivement en contact avec le diamètre équatorial du sac capsulaire. Le reste de la partie de contact 26c sert au raccordement avec la partie médiane 24 de l'anse haptique. De préférence, l'angle de sommet O et dont les côtés passent par l'extrémité libre 26a de l'anse et par le point de raccordement 22a de l'anse à la périphérie de la partie optique référencée est compris entre 75 et
105 degrés et, de préférence, les extrémités libres 26a des anses sont sensiblement disposées sur les tangentes T et T à la périphérie de la partie optique parallèle aux parties médianes des anses de telle manière que le contact entre la partie de contact 26 de l'anse et le diamètre équatorial du sac capsulaire se réalise sur une longueur importante afin d'éviter un pliage accidentel du sac capsulaire. Comme le montre mieux la figure 1B, les anses 18 et 20 ne sont pas disposées dans le plan optique PP de la partie optique 10 de l'implant. Dans sa zone de raccordement 22a, la partie médiane 24 de l'anse fait un premier angle a avec le plan optique de telle manière que cette portion se projette vers l'avant de la partie optique de l'implant. En revanche, la portion de contact 26b de la partie de contact 26 fait un angle b avec la partie médiane de l'anse. De préférence, les angles a et b sont sensiblement égaux de telle manière que la partie de contact 26b de la portion de contact 26 soit sensiblement parallèle au plan optique PP' de l'implant et en avant de celui-ci. On comprend que cette double angulation qui est par exemple comprise entre 7 et 13 degrés permet d'appliquer le dioptre postérieur 16 de la partie optique contre la partie postérieure du sac capsulaire 30 ainsi que le montre mieux la figure 3. Cela assure la stabilité axiale de la partie optique de l'implant. Selon un mode préféré de réalisation de l'invention illustrée par la figure 2, le bord périphérique 12 de l'implant de la partie optique 10 de l'implant présente une forme particulière. Le bord est constitué par une première portion sensiblement cylindrique 32 qui fait avec la périphérie 16a du dioptre postérieur 16 un angle compris entre 90 et 110 degrés. Ainsi, le bord de la partie optique dans sa zone de raccordement entre la partie périphérique et le dioptre postérieur constitue sensiblement une arête dont l'application contre la partie postérieure du sac capsulaire avec une pression suffisante permet d'éviter ou pour le moins de réduire la prolifération de cellules parasites sur la face postérieure du sac en capsulaire. Le bord périphérique 12 comporte une deuxième portion 34 en forme de portion de surface torique. Cette deuxième portion 34 de la périphérie de la partie optique sert de raccordement avec la périphérie 14a du dioptre antérieur 14 de la partie optique de l'implant. Grâce à cette forme particulière de cette portion de la périphérie de la partie optique, on évite les phénomènes d'éblouissement ou de halo.
La figure 4 montre l'effet de la partie en forme de surface torique 34, pour éviter l'effet de halo. Les rayons incidents I qui auraient été réfléchis par le bord périphérique d'un implant standard vers la rétine sont réfléchis par la surface torique 34 sous forme de rayons lumineux R qui ne sont pas dirigés vers la rétine.